Cancer/ASCO18: des patients particulièrement résistants !

La résistance humaine est toujours surprenante. Un exemple vient d’en être donné lors de la conférence de cancérologie de l’ASCO qui se tient jusqu’au 5 juin à Chicago.

La présentation d’une étude d’immunothérapie dans un cancer touchant des cellules de la moelle osseuse, le myélome multiple, était très attendue. Il s’agit d’une étude dite de phase 1, une phase préliminaire, au cours de laquelle on vérifie que le traitement n’a pas d’effet toxique et on procède à une escalade de doses avant de trouver ma bonne posologie.

L’essai présenté par la société BlueBird était réalisé à partir de ce qu’on appelle des cellules CAR-T anti BCMA. Ce sont les propres cellules du patient, des lymphocytes, qui sont prélevés, manipulés en laboratoire pour qu’ils expriment un récepteur particulier, ici le bb2121. Ils sont retransfusés ensuite par centaines de millions au patient et vont, grâce au récepteur ajouté, aller cibler et tuer les cellules cancéreuses.

L’essai a tenu ses premières promesses, puisque la maladie a été stoppée quasiment un an, 11,8 mois, chez les patients traités à dose efficace contre à peine trois mois pour les personnes ayant reçu des doses inefficaces
Mais le plus étonnant c’est que ces 22 patients n’en étaient pas à leur premier traitement.
En moyenne ils avaient reçu déjà sept lignes de traitement, avec des chimiothérapies, des corticoïdes et des dérivés du thalidomide. L’un d’entre eux en était à 23 protocoles !
Et avant cet essai, ils ont tous dû subir une chimiothérapie pour nettoyer leur moelle osseuse avant d’être retransfusés.
Et ils ont reçu entre 150 millions et 800 millions de cellules modifiées.
Tous les patients sont vivants et l’essai a été élargi à 80 autres personnes.
Une sacrée résistance !

En quête du bon marqueur

Toujours dans le domaine de l’immunothérapie, les oncologues sont toujours à la recherche d’un biomarqueur, c’est-à-dire d’un indicateur, qui permettrait de façon certaine de savoir chez quels patients les traitements anti PD-1 et antiPD-L1 seront efficaces.
Actuellement on a environ un tiers de réponses positives. Or le traitement est long et surtout extrêmement coûteux, atteignant, voire dépassant cent mille euros par an.

La quête continue. On sait doser la quantité de récepteurs anti PD-L1 dans une tumeur mais ce n’est pas, semble-t-il le meilleur facteur pronostic. Il semble que la charge mutationnelle, en anglais Tumor Mutation Burden (TMB) qui reflète la présence de néoantigenes, signaux de transformations dans le génome des cellules cancéreuses, soit plus précise.

En attendant on élargit quand même les indications des  des immunothérapies .

 

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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