Pollution et asthme : une association certaine qui touche sans doute les coronaires également

C’est un fait indiscutable aujourd’hui : la pollution urbaine joue un rôle dans le déclenchement et l’exacerbation des crises d’asthmes, surtout chez l’enfant. Avec peut-être des conséquences à long terme insoupçonnées.

C’est le cocktail habituel : ozone, dioxyde d’azote(NO²), dioxyde de soufre (SO²) et particules fines PM2.5 inférieures à 2,5 millièmes de millimètre.
Tous ces composants sont des polluants retrouvés dans l’air de nos villes et participent, lorsqu’ils dépassent certains seuils, à l’aggravation de certaines maladies et à des milliers de décès prématurés.

En 2013, le réseau APHEKOM, qui étudie la pollution dans dix villes européennes, a montré que cette pollution urbaine jouait un rôle non négligeable dans l’asthme de l’enfant.
Selon les chercheurs, 14 % des nouveaux cas et 15 % des exacerbations d’asthme existant étaient associés à cette pollution, en particulier celle générée par NO² SO² et les PM2.5.

Les mécanismes impliqués sont les suivants : il y a d’abord une inflammation des bronches liée à l’effet irritant des polluants.
Il va y avoir ensuite une modification de la structure intime des bronches, ce qu’on appelle un remodelage. La barrière protégeant la profondeur des bronches est modifiée et ne joue plus son rôle.
Ainsi les particules fines vont pouvoir atteindre plus facilement la profondeur de l’arbre respiratoire et gagner même les petits vaisseaux sanguins.

De plus, on sait que ces PM2.5 sont souvent couvertes de pollens et autres allergènes qu’elles vont pouvoir déposer à l’intérieur du tissu bronchique, favorisant ainsi les réactions immunologiques qui vont porter atteinte à la fonction respiratoire.

On a constaté que ces lésions étaient d’autant plus fréquentes que les enfants vivaient à moins de 300m d’une voie à haut trafic automobile, ce qui concernait surtout des enfants de milieux socio-économiques défavorisés.
Mais cette agression chez ces jeunes enfants aurait peut-être des conséquences plus lointaines.

 

les bronches et les artères coronaires

Plusieurs travaux expérimentaux, notamment menés en France, ont montré que le passage sanguin des PM2.5 participait de la formation des plaques d’athérome qui viennent diminuer le calibre des artères et favoriser la libération de fragments capables d’aller obturer des vaisseaux plus petits en aval. Cela a été montré sur des artères coronaires.

Il semble donc que les jeunes asthmatiques victimes de la pollution puissent développer plus tard une maladie cardiovasculaire coronarienne, majorant le risque d’infarctus du myocarde.

Au-delà des discours d’un bord ou de l’autre, entre la négation du rôle de la pollution et tout mettre sur le dos de l’environnement, il est important de prendre conscience que cette pollution génère maladies et décès prématurés.
Des pathologies qui touchent principalement les enfants des milieux les plus défavorisés.

 

Références

Chronic burden of near-roadway traffic pollution in 10 European cities (APHEKOM network).
Eur Respir J. 2013 Sep;42(3):594-605. doi: 10.1183/09031936.00031112.

Michael Guarnieri, John R Balmes
Outdoor air pollution and asthma
Lancet 2014; 383: 1581–92

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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