Maladie de Parkinson : briser les automatismes pour améliorer la qualité de vie

C’est la deuxième maladie neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer. La maladie de Parkinson concerne près de cent soixante mille personnes en France, chaque année voyant apparaitre dix mille nouveaux cas. Contrairement aux idées reçues, 17 % de ces cas concernent des personnes de moins de 65 ans. A ce jour on ne connait toujours pas la cause de cette affection.

La manifestation sans doute la mieux connue de la maladie de Parkinson, MP, ce sont les tremblements, des tremblements de repos qui affectent surtout les membres supérieurs.
Mais cette affection ne se résume pas à cela. Il y a d’abords les troubles à se mouvoir, ce qu’on appelle l’akinésie. Typiquement, la personne qui souffre de MP et à laquelle on va, par exemple, demander de se lever de sa chaise, va amorcer le mouvement et rester plusieurs longues secondes immobile, comme arrêtée dans son élan.

Les patients parkinsoniens souffrent aussi d’hypertonie musculaire, une rigidité musculaire dont on se rend compte quand on les voit dans une posture penchée en avant.
Mais en dehors de ces signes moteurs, la maladie s’accompagne de bien d’autres troubles allant de la perte de l’odorat, en passant par la dépression, des douleurs, une constipation tenace, des troubles du sommeil et des troubles de l’équilibre.

La moitié des nouveaux cas concerne des patients septuagénaires, mais la MP n’épargne pas les sujets plus jeunes. Ainsi l’acteur américain Michael J. Fox, vedette de « Retour vers le futur » et de la série « Spin City » a débuté sa maladie à 39 ans.

Des traitements efficaces mais qui s’épuisent

Les formes héréditaires existent mais sont rares, moins de 3 % des cas.
La MP est reconnue au tableau des maladies professionnelles car elle est plus fréquente en milieu agricole que dans la population générale. Elle est notamment plus présente dans l’activité viticole. Un rôle néfaste des pesticides organochlorés a été mis en évidence.

Aucun traitement actuel ne permet de guérir de la maladie, ni de la faire régresser. On apporte le médiateur chimique qui fait défaut à cause de la destruction des cellules nerveuses. Ce médicament, la L-dopa, améliore les choses pendant un certain temps mais ne va pas empêcher au cours des années une dégradation progressive.

Dans certains cas, on peut améliorer les tremblements en allant implanter dans la profondeur du cerveau des électrodes qui vont stimuler certaines régions. Mais les indications sont peu nombreuses et les résultats s’atténuent avec le temps.

De nombreuses voies de recherche sont mises en branle : on a tenté d’injecter des cellules fœtales sécrétrices de dopamine, sans grand succès, il faut bien l’avouer. On évalue aussi les cellules souches embryonnaires, des thérapies géniques et, depuis peu l’immunothérapie.

Il s’agit d’aller, grâce à un anticorps monoclonal d’aller détruire une substance qui s’accumule dans le cerveau et détruit les cellules nerveuses, l’alpha-nucléine
Les premières études ont montré un bon passage des anticorps dans le cerveau mais n’ont en aucun cas permis de conclure à une régression de la maladie. Il faudra attendre les résultats des essais de phase II débutés depuis peu pour commencer à voir une éventuelle amélioration, mais rien n’est certain.

 

Ameliorer la qualité de vie, rompre les automatismes

Pour autant on peut aider les personnes affectées par cette maladie à avoir une meilleure qualité de vie. Il faut les inciter à avoir une vie sociale, à rencontrer d’autres gens. Hormis le fait de leur éviter de sombrer dans la dépression, le contact avec autrui va « débrancher » le fonctionnement automatique qui est le leur habituellement et qui leur interdit beaucoup d’activités.

Briser ces automatismes, les exposer à des situations nouvelles, les mettre en quelque sorte en difficulté, va améliorer leur motricité et leur façon de réagir.

Des travaux récents ont montré les bienfaits du tango pour ces personnes. Cette danse avec des arrêts et des reprises, des pas latéraux, l’obligation de veiller à ce que fait le ou la partenaire et surveiller l’évolution des autres couples, sont autant de moments au cours desquels la routine est brisée.

Il ne faut pas se faire piéger par le manque d’expression, l’amimie, du visage des personnes atteintes de MP. Certes elles sont souvent déprimées mais cette tristesse affichée est en fait une conséquence de la maladie.
Préserver le lien social, donner de la qualité en plus à la vie est aussi efficace que les médicaments pour freiner l’évolution de la maladie.

Il arrive même que chez ces patients stimulés de façon intelligente qu’on puisse baisser les doses de médicaments, chose fort peu banale dans cette maladie !

 

Quelques lectures :
Un point complet sur la maladie de Parkinson dressé par l’INSERM

Des données épidémiologiques sur la maladie de Parkinson par Santé Publique France

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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5 réponses à Maladie de Parkinson : briser les automatismes pour améliorer la qualité de vie

  1. LAGRASSE dit :

    Bonjour
    Je donne tous les matins 2 gélules d’huile de foie de morue et 2 le soir cela marche très bien pour le moment. Une année écoulée et pas de détérioration accentuée à ce jour.
    Marche ts les jours 6 kilomètres en montagne.
    Pers de 73 ans assez stable.

  2. Denise Lanvin dit :

    Bonjour
    Le Docteur Flaysakier pourrait il parler du symptôme cérébelleux …Merci

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