Grossesse et infection par le virus Zika : dans les Antilles un taux de malformations qui peut dépasser les 12 %

L’épidémie liée au virus Zika, ZIKV, a frappé les Antilles et la Guyane en 2016. Une importante étude réalisée localement et publiée dans le ‘New England Journal of Medicine ‘dresse le bilan de l’infection pour les enfants des mères contaminées. Les séquelles neurologiques concernent 7 % des enfants globalement, et plus de 12 % quand la contamination a eu lieu lors du premier trimestre de la grossesse

L’année 2016 aura donc vu le virus Zika frapper les diverses zones du continent américain, le Brésil étant touché particulièrement. Mais les Etats-Unis et les Territoires Français d’Amérique, surtout les Antilles n’ont pas été épargnés.

Des médecins et chercheurs du CHU de Pointe-à-Pitre et de l’Institut pasteur ont suivi de mars à novembre 2016, 1152 femmes enceintes qui présentaient des symptômes a priori compatibles avec une infection par le ZIKV, notamment :

Une éruption cutanée
Des douleurs articulaires
Des démangeaisons
Une hyperhémie conjonctivale (yeux « injectés de sang »)
Des maux de tête
Des douleurs rétro-orbitaires
Des douleurs musculaires
Etc.

Après la réalisation de tests diagnostiques reposant sur une technique sophistiquée, la RT-PCR, ce sont au total 546 femmes, enceintes de 555 fœtus qui ont été suivies, puisqu’il y avait 9 grossesses gémellaires

Il y a eu 527 naissances d’enfants vivants sur les 555 suivis.

Il y a eu 11 enfants mort-nés ou non parvenus à terme, 10 interruptions médicales de grossesse et une interruption volontaire de grossesse.
Sur les 9 grossesses gémellaires, 17 des 18 enfants sont nés vivants.

Ce qui a été constaté c’est un taux global de 7 % d’atteintes neurologiques ou ophtalmiques liées à l’infection par le VIKV.
Mais quand on s’intéresse aux futures mères contaminées lors du premier trimestre de la grossesse (cela concerne 185 femmes sur les 546 enrôlées dans l’étude) on constate que le taux de malformations passe à 12,7 %. Résultat peu étonnant puisqu’on est dans la période de l’organogénèse. C’est dans cette période que l’on retrouve le plus de cas de microcéphalie, certains sévères.

Ces résultats sont semblables à ceux relevés sur les cas des Etats-Unis, mais légèrement différents des cas constatés au Brésil, où le recours aux unités de soins intensifs pédiatriques a été plus fréquent.

Une fois faites ces constatations, il sera nécessaire d’établir un suivi de ces enfants pour suivre leur évolution. Mais aussi pour veiller à l’éventuelle apparition d’autres malformations liées à l’infection virale et qui n’auraient pas été encore mises en évidence.

 

Référence de l’étude :

Bruno Hoen et al.

Pregnancy outcomes afterZIKV infection in the French Territories of the Americas

N Engl J Med 2018;378,985-994

 

Margaret A. Honein

Recognizing the Global Impact of Zika Virus Infection during Pregnancy

N Engl J Med 2018; 378,1055-1056

 

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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