Grands froids : prudence si on a le cœur fragile ou si on prend certains médicaments. Et oubliez l’alcool

Gants, bonnet, écharpe ,ne sont pas de simples accessoires de mode. par temps froid ils apportent à notre organisme une aide précieuse dans sa lutte pour maintenir notre température corporelle à un niveau compatible avec un bon fonctionnement des organes et viscères.

Pour lutter contre le froid notre organisme a deux réponses : augmenter sa production de chaleur et réduire les pertes.
Augmenter la production de chaleur, la thermogenèse, se fait en élevant notre niveau de métabolisme. Sous l’effet d’hormones et de régulation nerveuse autonome, l’organisme va faire en sorte de consommer plus d’énergie. Cela se fait grâce à une élévation de la production d’adrénaline, d’hormones thyroïdiennes et de cortisol.
Les ressources énergétiques sont mobilisées et quand il n’y a pas assez de glucides, on va chercher d’autres matières premières qu’on va transformer en glucides. Le frisson est également une façon de produire de la chaleur par la contraction musculaire qui le provoque

Dans le même temps il faut limiter les déperditions de chaleur, notamment au niveau de la peau.
La température centrale du corps oscille autour de 37°C En hiver sur le dos de la main l’air ambiant peut être négative. Mais, quelques millimètres sous la peau, dans le derme, les vaisseaux sanguins sont emplis d’un sang à 37°c !
On imagine donc la nécessité pour l’organisme de limiter au maximum les déperditions de chaleur. Il va donc y avoir une diminution de calibre des vaisseaux, une vasoconstriction, afin de privilégier l’afflux de sang vers les organes internes et réduire les apports vers la peau.

Coeur fragile, prudence

Cette régulation est importante car nous ne pouvons pas tolérer très longtemps une température corporelle inférieure à 35,5°C. On parle d’ailleurs d’hypothermie quand la température centrale est de 35°C.
Le problème c’est que pour que tout cela marche il faut un cœur, des poumons et des vaisseaux en bon état de marche.
On imagine qu’une personne dont les artères coronaires sont bouchées ou dont le muscle cardiaque est défaillant, aura du mal à pouvoir augmenter la fréquence d’éjection du sang et la contraction du muscle cardiaque.
De même des vaisseaux sanguins durcis par des plaques d’athérome ne vont pas avoir la souplesse de se contracter et de se relâcher à la demande.
Et un poumon siège d’une bronchite chronique obstructive chez le fumeur ou l’ancien fumeur, va également éprouver de grandes difficultés d’adaptation pour aider à réchauffer l’air ambiant inspiré.

Il faut donc être très prudent quand on souffre d’une pathologie cardiovasculaire ou respiratoire. Ne pas attaquer dès potron-minet, par une température glaciale, la montée extérieure de cinquante marches ou l’ascension d’une petite côte.

Jamais d’alcool, attention aux médicaments

Attention aussi quand on prend certains médicaments, comme des neuroleptiques ou des anxiolytiques qui perturbent les informations reçues par le cerveau et peuvent, par la somnolence induite, retarder la mise en œuvre des phénomènes de défense contre l’hypothermie.
Enfin il ne faut pas compter se réchauffer en buvant de l’alcool, vin et bière inclus.
L’alcool déshydrate et anesthésie. Il supprime la sensation de froid Grands froids : prudence si on a le cœur fragile ou si on prend certains médicaments. Et oubliez l’alcoolet majore l’hypothermie.

Il serait d’ailleurs fort utile de remplacer le tonnelet de rhum accroché au cou des chiens St Bernard par une bouteille thermos de boisson chaude non alcoolisée.

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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5 réponses à Grands froids : prudence si on a le cœur fragile ou si on prend certains médicaments. Et oubliez l’alcool

  1. sylvie dit :

    Merci d ‘avoir évoqué l’importance de la rééducation post-AVC et de son urgence.
    D’avoir également indiqué les faibles forfaits de déplacement.
    Un grand merci de notre belle profession
    Sylvie, orthophoniste

  2. elisabeth damiani dit :

    mille mercis pour votre message de ce jour pour mieux faire face au froid : en tant que malade de l’alcool abstinente depuis 20 ans, j’ai apprécié votre rappel concernant les boissons alcoolisées, vin et bière inclus ! merci de rappeler des vérités aussi simples ! je continuerai à m’en faire l’écho …
    bonne continuation !

  3. Bonjour Docteur, je suis persuadée d’être atteinte du Syndrôme de Rainaux et d’avoir une sclérodermie en goutte. Seulement mon Généraliste ne me prend pas au sérieux. Que dois-je faire? Le froid peut littéralement me tuer. Pour moi il est impossible d’avoir froid même en été! Je mets plusieurs couches sur moi, un vrais millefeuille, le froid m’endors et me provoque de grosses baisse de tension, parfois de la fièvre et parfois des crises de tétanies. La seule et unique solution est de remonter ma température coûte que coûte. Je pensais consulter à la salpétrière à Paris. En province, je n’ai rien contre mais je n’arrive pas à convaincre mon médecin de mon état et en attendant je vis un petit calvaire au quotidien. Merci d’avance pour votre réponse. Cordialement.

    • docteurjd dit :

      Je ne peux vous donner aucun avis. je ne connais pas votre dossier et je serais incapable d’avoir une opinion. Le mieux est de faire le point franchement avec votre médecin, eventuellement de solliciter un autre avis.

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