Cancer/ASCO17. Myélôme : l’arrivée prometteuse de l’immunothérapie made in China

C’est une étude très préliminaire qui doit être regardée et analysée comme telle. Mais c’est une première démonstration de la possibilité d’utiliser une technique d’immunothérapie appelée CAR-T dans le myélome multiple, un cancer de la moelle osseuse. Une étude menée par une biotech chinoise, ce qui est aussi une information.

Arriver à contrôler depuis un an sans médicament une maladie réputée incontrôlable ainsi, c’est le beau succès, préliminaire mais réel, que vient de remporter une société chinoise de biotechnologie, Legend Biotech Co.

 
Et la technique utilisée fait appel aux propres cellules de défense du patient, qu’on prélève, qu’on équipe d’une arme fatale et qu’on réinjecte avec pour mission « tuer les cellules cancéreuses ».
Jusque-là les divers acteurs du secteur des CAR-T cells s’attaquaient à diverses formes de leucémies et de lymphome.
Les équipes chinoises ont choisi de s’attaquer à une autre forme de cancer hématologique : le myélome multiple

 
Cette tumeur, qu’on appelle encore maladie de Kahler est un cancer qui affecte la moelle osseuse. Dans cette moelle, des cellules de type lymphocytes B vont se différencier sous la forme de plasmocytes. Cette prolifération naturellement incontrôlable provoque un épuisement de la moelle, des disséminations dans l’organisme avec des lésions osseuses aux conséquences parfois dramatiques.

 
Plusieurs traitements existent de même qu’il est possible de faire des greffes de moelle osseuse à partir des propres cellules des patients.
La nouvelle technique repose sur le prélèvement des lymphocytes T chez le patient et les manipuler.

 
On va ensuite les « armer » grâce à l’adjonction d’une protéine synthétisée dans un but unique et précis une fois réinjectés chez le patient : « foncer » sur les cellules cancéreuses qui, à leur surface, portent un antigène appelé BCMA (B-Cell Maturation Antigene) et sur celles-là uniquement.

 

 

L’essai chinois est un essai de Phase I. Il ne s’agissait donc pas d’un essai pour traiter des patients, mais pour vérifier que ce traitement est non toxique et bien toléré.
35 patients ayant un myélome résistant au traitement ou qui étaient en rechute ont reçu une perfusion moyenne de 4,7 millions de cellules modifiés /kg de poids corporel.
La réponse a été rapide et a concerné la totalité des patients. Chez 33 d’entre eux, on a constaté cliniquement une rémission de la maladie, allant d’une réponse complète à des réponses partielles en moins de deux mois.
Actuellement 19 patients ont été suivi au moins quatre mois et 14 d’entre eux n’ont plus de signes de la maladie
Les 5 patients les plus anc

 

iennement traités, 12 à 14 mois, sont toujours en rémission, sans trace de maladie résiduelle.
En termes d’effets secondaires, la forme la plus dangereuse qui est due à une libération brutale de substances appelées cytokines, n’a concerné que 5 patients, dont 2 plus sévèrement.
Rappelons-le, il s’agit d’un essai de phase 1, nullement construit pour mesurer un effet thérapeutique.

Pour avancer des essais à plus grande échelle sont prévus d’abord en Chine puis aux Etats-Unis, le but étant de traiter plus précocement des patients, c’est-à-dire au moment du diagnostic.

 
La technique des CAR-T cells était jusque-là une spécialité des équipes américaines, notamment à Philadelphie sous l’impulsion de Carl June, et à Seattle pour les leucémies de l’enfant.
En France, la société Cellectis a développé également une technologie proche, dite uCAR-T cells.

 

 

L’arrivée de sociétés chinoises de biotechnologie devrait faire accélérer le développement de cette technique et de ses indications dans d’autres formes de cancers.

 

Référence de l’étude

Abstract LBA3001

Auteur :Franck Fan

abstracts.asco.org

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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