Cancer/ASCO17 : l’abiraterone va changer le traitement des formes graves de cancer de la prostate

C’est le premier cancer avec 55000 cas par an en France. Le cancer de la prostate peut évoluer longtemps et à bas bruit mais dans certains cas il peut également être très agressif et nécessite une prise en charge efficace. L’abiraterone semble pouvoir jouer un rôle de premier plan.

Il y a des hommes chez lesquels on découvre le cancer de la prostate à des stades très avancés. Le cancer a dépassé la glande et les métastases ont colonisé des organes comme le poumon et les os. L’atteinte osseuse et particulièrement les métastases vertébrales sont non seulement cause de douleurs, mais il existe un risque fracturaire.

Ces lésions étendues imposent actuellement non seulement une castration chimique pour tarir la source d’hormones mâles, mais aussi le recours à une chimiothérapie reposant sur le docetaxel.

L’étude LATITUDE, coordonnée par le Pr Karim Fizazi, de l’Institut Gustave Roussy, à Villejuif, a voulu comparer le traitement par castration chimique à la castration chimique à laquelle on adjoint l’abiraterone.
Cette molécule intervient sur des enzymes capables de fabriquer des hormones mâles, notamment d’origine surrénalienne.
Pour des raisons physiologiques, à la prescription d’abiraterone on adjoint de la prednisone, notamment pour lutter contre la fuite de potassium et l’hypertension artérielle.
Avec un suivi médian de 30,4 mois on a constaté une réduction de mortalité de 38 % dans le groupe traité par abiraterone par rapport au groupe traité par castration chimique et placebo.
On a également noté une diminution de 53 % de l’apparition de lésions identifiées radiologiquement.
Ce ralentissement de la progression de la maladie se chiffre à 18 mois, ce qui dans une maladie aussi avancée est impressionnant.

En termes d’effets secondaires, l’hypertension et l’hypokaliémie n’ont pas posé de problèmes majeurs de gestion.
La question qui se pose maintenant c’est de voir si adjoindre l’abiraterone au docetaxel chez ces patients d’emblée métastatiques, améliorera les choses encore plus.
Une étude est en cours pour le vérifier.

Une seconde étude, STAMPEDE, présentée aujourd’hui à Chicago chez des patients qui débutaient le traitement antihormonal et qui avaient un cancer à haut risque.
Là encore le groupe qui a reçu de l’abiraterone a mieux évolué que le groupe sans, avec une réduction de 70 % du risque de rechute et a divisé par 2 le risque de complications sévères.
Là encore, la réduction de mortalité a été de 37 %.
L’abiraterone est actuellement prescrite en cas d’échec du traitement antihormonal.

Ces deux études devraient conduire à l’utilisation d’emblée de ce produit lors de formes avancées de la maladie.

Référence des études :

Abstract LBA3 pour LATITUDE
Abstract LBA5003 pour STAMPEDE
Accessibles sur abstracts.asco.org

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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