Cancer/ASCO17.Cancer du côlon: diviser par 2 la durée de chimiothérapie pour diviser par 3 les effets secondaires

Une chimiothérapie plus courte, aussi efficace et avec moins d’effets secondaires pour traiter certaines formes de cancer du côlon. Une possibilité si on en croit l’étude IDEA présentée lors de ASCO17 à Chicago.
Le traitement du cancer du côlon a connu beaucoup d’avancées depuis une vingtaine d’années. En fonction de l’atteinte de l’organe constatée après chirurgie, de la profondeur de l’envahissement, du nombre de ganglions atteints et de la présence éventuelle de mutations géniques, on puise dans un arsenal thérapeutique assez bien fourni.
Depuis 2004, dans les formes qui atteignent les couches les plus profondes du côlon, ce qu’on appelle le stade T3 en oncologie, le traitement fait appel à une chimiothérapie reposant sur l’oxaliplatine, un sel de platine, associé d’autres molécules.
Le problème des sels de platine c’est leur toxicité cumulative. Plus on en reçoit, plus le risque d’atteintes neurologiques augmente et les séquelles peuvent être définitives.
Il était donc légitime de se poser la question : peut-on traiter moins longtemps sans pour atteindre diminuer l’efficacité du traitement ?
C’est ce à quoi devait répondre une grande étude internationale, baptisée IDEA, menée à partir de six essais cliniques de phase III incluant 12834 patients dans 12 pays.
Après 39 mois de suivi, l’étude ne permet pas de conclure de façon positive globalement : on ne peut pas dire que trois mois de chimiothérapie ne sont pas inférieurs à six mois de traitement.
La différence est ténue mais statistiquement l’étude est négative.
Mais les auteurs ont choisi d’examiner divers détails de l’étude et se sont intéressés aux patients en stade T3 considérés comme étant à faible risque de récidive, selon divers critères, dont le nombre de ganglions envahis, entre 1 et 3.
La sous analyse de l’étude concernant ces patients montre que trois mois de traitement donnent les mêmes résultats que six mois et, surtout, que les effets secondaires sont quasiment divisés par trois, notamment les épisodes de fatigue, la diarrhée et les atteintes neuropathiques.
La proposition est donc de faire :
Trois mois de chimiothérapie à base d’oxaliplatine chez les patients au stade T3 considérés à bas risuqe de récidive.
De discuter l’option 3 mois/six mois avec les patients à ce même stade mais à haut risque, en mettant en avant la balance des risques : toxicité contre efficacité très légèrement moindre.
Particularité de cette étude : elle a été fiancée uniquement par des fonds publics et par la générosité du public.
On imagine mal l’industrie pharmaceutique participer à un travail visant à diminuer la durée d’un traitement !
Référence de l’étude :
Abstract LBA1
Auteur Qian Shi
Accessible sur abstracts.asco.org

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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