Cancer/ASCO17: après un cancer du sein hormonodépendant, la grossesse ne majore pas le risque de rechute

Ce qui était un phénomène exceptionnel devient un peu plus fréquent. De plus en plus de femmes traitées pour cancer du sein hormonodépendant souhaitent débuter une grossesse une fois le traitement fini. Et visiblement il n’y a pas de risque supplémentaire de récidive comme en atteste une étude internationale présentée lors d’ASCO17.

D’un côté il y a l’Age moyen de la première grossesse, qui augmente dans les pays occidentaux, surtout dans certaines catégories sociales, de l’autre des femmes souvent jeunes, moins de 50 ans, chez lesquelles on porte un diagnostic de cancer du sein et qui vont être traitées.
Actuellement près d’une femme jeune traitée manifeste un désir de grossesse.
Mais moins de 10% des grossesses se terminent par une naissance.
La question qui se pose concerne les cancers dans lesquels on trouve des récepteurs oestrogéniques. Les modifications hormonales entrainées par la grossesse pourraient-ils stimuler des cellules tumorales résiduelles et entrainer des récidives ?
L’autre difficulté concerne la nécessité d’interrompre le traitement hormonal adjuvant par tamoxifene, traitement prescrit normalement pour 5 à 10 ans.

Pour répondre à cette question une étude internationale a été conduite en Belgique, Danemark et Italie chez des femmes dont le diagnostic de cancer était antérieur à 2008.
1207 femmes ont été incluses dans l’étude, dont 333 ont débuté une grossesse. Chaque femme enceinte a été appariée selon un certain nombre de critères à 3 femmes atteintes d’un cancer du sein et non enceintes.
Après un suivi d’un peu plus de 12 ans on n’a constaté aucune différence entre les deux groupes de femmes. La grossesse n’a pas diminué l’espérance de vie pas plus qu’elle n’a accéléré la reprise de la maladie.
Les rares femmes qui ont pu allaiter leur enfant n’ont pas connu d’effets néfastes liés à cet allaitement.

Cette étude rassurera donc les femmes traitées pour un cancer du sein hormonodépendants et les professionnels de santé qui les suivent.
Elle montre aussi l’intérêt d’informer pleinement les femmes avant traitement de toutes les possibilités de préservation de la fertilité, notamment la conservation des ovocytes.
D’autres évaluations sont en cours qui concernent d’autres types de cancer du sein, notamment les formes dites HER2+ et les formes avec mutation de type BRCA.
Référence de l’étude :
Abstract LBA10066
Matteo Lambertini
Accessible sur abstracts.asco.org

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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