Maladie de Parkinson :la musique adoucit la dépression et prévient les chutes

L’approche des maladies fait de plus en plus appel à des thérapies complémentaires. Mais elles ne sont pas toutes médicamenteuses. Preuve en est : le tango dans la maladie de Parkinson (MP).

C’est une publication d’avril 2015 faite par des chercheurs de l’Université Mac Gill à Montréal qui a montré les bénéfices de la pratique du tango dans la maladie de parkinson. Cette danse est utilisée depuis très longtemps en Argentine, son pays d’origine, pour rééduquer et prendre en charge des patients.

Les chercheurs québécois ont mesuré sur une quarantaine de patients les effets d’une pratique régulière du tango.
Bien sûr ils ne s’attendaient pas à des miracles mais il y a eu quelques résultats intéressants. C’est l’amélioration de l’équilibre qui a été la plus nette avec une prévention des chutes. On a noté aussi une amélioration de la mobilité fonctionnelle.
En revanche peu ou pas d’effet sur la fatigue ou les fonctions cognitives.
Mais c’est surtout le fait de recréer du lien social qui a été important. Sortir, rencontrer d’autres gens, ne pas être vue comme une personne malade mais comme un ou une participante comme les autres à un cours de danse est important, d’autant qu’il y a une composante dépressive dans la maladie de Parkinson.
Et tenter de la combattre en musique et en dansant plutôt qu’en avalant des médicaments n’est pas plus mal !

D’autres techniques faisant appel au rythme et à la musique sont très utilisées aussi pour combattre le risque de chute et restaurer la sensation de positionnement dans l’espace.
La méthode mise au point par Emile Jaques-Dalcroze il y a plus d’un siècle est ainsi utilisée par des médecins des Hôpitaux universitaires de Genève.
J’y ai consacré un article le 25/04/2011 et un reportage en avril de la même année.
Grâce à cette méthode faisant travailler les déplacements avec alternance de rythme mains-pieds, équilibre, etc. les auteurs de l’étude publiées dans le JAMA montraient une réduction de 50 % du risque de chutes.
Or quand on sait les conséquences d’une chute avec fracture du col du fémur chez une personne âgée, notamment le fait qu’une personne sur cinq ne pourra pas réintégrer son logement, on voit que de telles méthodes apportent de réels bénéfices.

Des techniques qui peuvent être un peu coûteuses au départ mais qui s’avèrent être non pas des moyens de creuser la dette mais plutôt de faire des investissements rentables pour la personne âgée ou malade et pour la société.

 

LIRE
L’étude canadienne de 2015
L’article du blog de 2011

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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