NASH : la maladie dite du la « foie gras humain » est en plein essor

C’est aujourd’hui une cause de plus en plus fréquente de transplantation hépatique et de cancer du foie. La stéato-hépatite non alcoolique ou Non Alchoolic Steato-Hepatitis ou NASH est l’objet d’intenses recherches.

Cela fait un peu plus de trente ans que cette nouvelle entité a été isolée. On avait d’abord mis en évidence le syndrome métabolique qui comporte une obésité abdominale, une hypertension artérielle et une résistance à l’insuline qui se manifeste par un diabète de type 2.
Avec le temps on a constaté que ce syndrome métabolique n’avait pas que des répercussions cardiovasculaires. L’apparition de plus en plus fréquente de cirrhose chez des personnes sans consommation excessive d’alcool et de cancers primitifs du foie, hors de toute infection par les virus des hépatites B et C, a montré que le foie était aussi concerné que le cœur.

De fait, lors des biopsies de foie, on a constaté que les cellules de cet organe contenaient plus de 5 % de graisses et que ces graisses entrainaient un phénomène de ballonisation de la cellule. Les cellules du foie finissent par mourir dans un contexte inflammatoire et la structure du foie, bien en réseau, va finir par se désorganiser à cause de l’apparition de fibrose, un peu comme si on cloisonnait sauvagement un réseau d’évacuation d’eau d’une ville

Cette destruction va entraîner d’abord une cirrhose, et répétons-le sans aucune composante alcoolique. Cette cirrhose peut dégénérer en hépatocarcinome, c’est-à-dire un cancer primitif du foie.

Il faut donc tout faire pour ne pas en arriver là et cela passe par des interventions sur le mode de vie, en privilégiant la perte de poids, action qui n’est pas toujours suffisante.
Ce qui est important c’est que la prise en charge se fasse de façon pluridisciplinaire.
Articulée autour du médecin de famille, elle doit impliquer divers intervenants médicaux et paramédicaux et des intervenants autres.

Un travail d’équipe

Il faut bien sûr qu’un médecin endocrinologue spécialisé dans la prise en charge du diabète de type 2 définisse les modalités thérapeutiques, il faut l’apport de professionnels de la diététique et de la nutrition et une infirmière chargée de l’éducation thérapeutique du patient, ou ETP.
L’appui d’une psychologue peut aider, notamment grâce aux thérapies comportementales. Et cette prise en charge doit inclure l’intervention d’une ou d’un coach sportif capable de mettre en place « sur mesures » des exercices adaptées à la personne, à ses éventuels handicaps et à son mode de vie.
Cette pratique d’une activité physique régulière plusieurs fois dans la semaine joue un rôle non négligeable dans la perte de poids et une meilleure tolérance à l’insuline.
On peut aussi être amené à recourir à une chirurgie de l’obésité, dite chirurgie bariatrique. Ce geste doit cependant être bien préparé en amont et les diverses techniques discutées car il semble que toutes les méthodes aujourd’hui possibles ne donnent pas de résultats équivalents.

En cas d’échec et d’aggravation il faut recourir à la transplantation hépatique souvent liée à une transplantation rénale.

En ce qui concerne les traitements médicamenteux, il n’y a, à ce jour, aucun médicament efficace pour limiter, voire réduire les lésions consécutives à cette NASH.
Mais le champ thérapeutique pourrait bientôt voir fleurir plusieurs produits. La prévalence de l’obésité dans le monde et ses conséquences fait que de nombreuses sociétés cherchent le traitement efficace.

On dénombre actuellement 173 molécules en développement !

Petit point d’actualité :

Dans le JT de France 2 de ce 3 avril 2017 j’ai dit qu’il n’y avait à ce jour aucun médicament sur le marché pour la NASH, ce qui est exact.

les deux produits les plus avancés en développement mais pas attendus avant deux ans sont ceux du français GENFIT et de l’américain INTERCEPT.

Depuis mon passage, il y a un véritable déferlement d’attaques sur Twitter mais aussi sur le fil boursier de Boursorama me visant.

Il s’agit de personnes ayant investi chez Genfit et qui pensaient que j’allais les aider à faire de la plus-value.

J suis donc, selon eux, un âne, un ignare, un incompétent et j’en passe.

Je tiens à signaler l’attitude profondément correcte et digne de la société GENFIT qui m’a dit être totalement étrangère à ces manifestations, apparemment fréquentes dès que les spéculateurs charognards sont mécontents d’un article ou d’un sujet.

GENFIT est une société de biotechnologie de grande qualité .

Elle n’a rien à voir avec des petits groupes d’actionnaires dont le seul but est de se goinfrer sur le malheur des autres.

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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19 réponses à NASH : la maladie dite du la « foie gras humain » est en plein essor

  1. yeye dit :

    Docteurjd,
    Je comprends votre réaction,
    http://www.boursorama.com/forum-genfit-j-ai-envie-de-dire-a-ce-mr-flaysakier-446345096-1
    Bonne continuation à vous,
    Yeye actionnaire, pas charognard…..enfin j’espère!!! 😉

    • docteurjd dit :

      merci beaucoup.
      Vous êtes la preuve qu’il y a d’autres gens que ce noyau d’abrutis les yeux rivés sur les indices.
      A leur différence et en tant que médecin, je sais les espoirs mais aussi les déceptions que peuvent susciter certaines annonces.
      J’ai connu cela avec un médicament destiné à une forme particulière de cancer du sein. Une phase 2 au-delà des espérances et un échec cuisant en phase 3.

      Je ne vous classe pas parmi les charognards mais parmi les investisseurs conscients qu’on n’est pas dans l’automobile ou la téléphonie, mais chez des êtres qui souffrent.

      • yeye dit :

        Oui conscient que l’on investit dans une société de biotechnologie. Participé aussi aux augmentations de capital qui vont permettre à cette société d’aller au bout de leurs recherches. Positive ou négatives on verra bien…. on est d’accord l’essentiel c’est de guérir des malades. Bien à vous

  2. Olivier dit :

    « On dénombre actuellement 173 molécules en développement ! »

    Je pense que c’est cette phrase qui pose problème. Il y a de nombreux articles sur la NASH, où aucun nom de molécule n’a été cité, pourtant ces articles n’ont pas reçu de critiques.

    Dire qu’il y a 173 molécules n’apportent vraiment rien à votre article.
    Dire qu’il y a deux sociétés en Phase 3 est tout de même plus judicieux. Les patients se moquent de savoir qu’il y ait 173 molécules en étude, ils veulent savoir si un traitement va arriver bientôt, c’est un espoir pour ces personnes.
    Je vous fait remarquer, votre manque de respect par rapport aux actionnaires, en les traitant de charognard. Ce sont des humains qui investissent beaucoup d’argent, avec aucune assurance qu’ils en gagneront, et je vous assure, cher monsieur, que beaucoup en perdent. Sans ces charognards comme vous dites, je crois que beaucoup de secteurs souffriraient.
    Finalement, investir de l’argent, c’est dans le but d’en gagner, là, à avoir un tel mépris, et aussi penser que les investisseurs se goinfrent sur le dos des malades, est une honte incroyable. Ce ne sont pas les actionnaires qui font manger les patients !

    • docteurjd dit :

      je traite de charognards ceux qui ont choisi de m’agresser. les responsables de GENFIT m’ont appelé pour me dire qu’ils n’avaient rien à voir avec ce qui se passet et qu’ils s’en désolidarisent.
      Vous ne voulez sans doute pas comprendre qu’on n’a pas le droit de parler de molécules en information grand public tant que les autorisations de mise sur le marché n’ont pas été délivrées.
      Ce médicament est en cours de phase 3. Et on n’a aucune certitude sur le résultat final.
      Pour votre information, je suis diplomé de Harvard, un master of Science en epidemiologie et biostatistiques et j’ai donc travaillé sur les essais cliniques.

      je n’ai vraiment pas besoin de recevoir de leçons sur ce que j’ai à dire et surtout sur ce qui « intéresse le public ».
      Ce qui intéresse certains que j’appelle charognards, ce sont les mouvements du titre, pas le bien *être des gens. Il y a eu le même phénomène sur Intercept aux USA.

      Il y a des investisseurs qui jouent le jeu de la recherche et du développement et d’autres qui ne sont que des petits spéculateurs sans vergogne.
      Je n’ai que du mépris pour ces derniers et je respecte les premiers.

  3. Cher Confrère,
    J’apprécie beaucoup votre sens de la synthèse. Vous êtes parfait !
    Puisque vous avez fait allusion à votre perte de poids, avec humour, sachez que je me ferais un plaisir de vous aider si vous en exprimez le besoin. On a toujours besoin de conseils et d’encouragements et c’est ma spécialité !
    Bien confraternellement.
    Dr Laurence PLUMEY

  4. Aurore dit :

    Bonjour,
    J’ai vu votre intervention au journal d’aujourd’hui. J’apprécie la mise en avant de l’intérêt de l’activité physique. Cependant, dans le cas de la prise en charge par l’activité physique pourquoi ne parlez vous pas des professionnels compétents pour encadrer ce type de pratique? Les enseignants d’activité physique adaptée (EAPA) ou éducateur médico-sportif sont les professionnels qualifiés pour prendre en charge les personnes ayant une pathologie par le biais de l’activité physique.
    En effet, leurs prérogatives sont l’« encadrement des activités physiques ou sportives à destination de différents publics dans une perspective de prévention-santé ou de réadaptation ou d’intégration de personnes présentant l’altération d’une fonction physique ou psychique ». Il serait positif de mettre en lumière cette profession afin que les patients se tournent vers les bons professionnels.
    Cordialement

    • docteurjd dit :

      En moins d’une minute trente il faudrait donc être exhaustif et parler pendant deux minutes de chaque intervenant !
      Vous venez de le faire , les lecteurs de ce blog seront donc informés.
      C’est une courte rubrique qu’on me demande, pas une conférence

  5. mazoyer dit :

    c’est quand même un peu triste de voir qu’il y a des actions et initiatives en cours depuis quelques semaines (voir le cas Pierre Ménès) mais que vous ne soyez pas capable de les mentionner à une heure de grande écoute pour INFORMER le public

    • docteurjd dit :

      Un peu triste pour qui ? Pour les investisseurs qui ont spéculé sur un titre et qui veulent qu’on en parle pour qu’il monte un peu plus ? Ce produit est à ^peine entré en phase 3, aucun résultat définitif n’est connu. De plus la loi interdit ce genre de communication dans la presse grand public.
      Quant à Pierre Ménès, je ne vois pas en quoi je devrais me sentir obligé d’en parler. il y a des milliers d’anonymes en attente de greffe et leur cas me parait aussi intéressant

      • Paul dit :

        Pour info, la phase 3 a démarré depuis plus d’un an …. Donc le « à peine » est un peu de trop à mon humble avis. Surtout que l’AMM est prévue dans moins de 2 ans.

        • docteurjd dit :

          A mon humble avis et fort de certaines expériences, tant qu’une phase 3 n’est pas terminée et les résultats analysés il est prudent de ne pas crier victoire. j’ai vu des phases 2 fantastiques faire plouf en phase 3.
          Je considère donc qu’il n’y a pas lieu de faire la promotion d’un traitement encore en évaluation et je compatis à la souffrance des petits porteurs

  6. HERMENT dit :

    Bonjour,
    Je viens d’écouter au le journal de 13h votre intervention concernant la NASH. Je tenais à vous dire que j’ai été très surprise et déçue de vous entendre terminer en disant que de nombreuses molécules médicamenteuses étaient en cours d’étude pour traiter cette maladie. Pourquoi chercher des médicaments pour traiter cette maladie alors qu’is auront des effets secondaires néfastes et j’en sais quelque chose car je suis pharmacien. Il aurait été plus judicieux de rappeler aux téléspectateurs les règles d’hygiène alimentaire de base et de leur dire que le soda et les hamburgers doivent rester épisodiques dans leur alimentation afin qu’ils ne développent pas cette maladie.
    En espérant que vous tiendrez compte de cette remarque dans vos interventions à venir.
    Cordialement

  7. mazoyer dit :

    Que ce soit dans votre article ou sur France 2 à l’instant, c’est dommage que vous ne parliez pas de la seule société française, Genfit, qui a le développement le plus abouti et sécurisé dans la NASH qui arrivera sur le marché d’ici 2019-2020

    Parlez en sur votre blog et autour de vous, ce sera un petit pas de plus vers la prise de conscience individuelle de cette maladie sournoise

    • docteurjd dit :

      Nous faisons de l’information, pas de la communication. Nous parlons des produits quand les phases 3 ont abouti.
      Je pense que plusieurs titres ont repris vos informations.
      Nous estimons que notre rôle n’est pas de reprendre des communiqués de presse mais de donner des informations scientifiques étayées par des études publiées.

      • mazoyer dit :

        c’est quand même un peu triste de voir qu’il y a des actions et initiatives en cours depuis quelques semaines (voir le cas Pierre Ménès) mais que vous ne soyez pas capable de les mentionner à une heure de grande écoute pour INFORMER le public

        • docteurjd dit :

          informer le public du fait qu’il y a des boursicoteurs qui sont accrochés au titre de Genfit comme le mildiou dans les grappes et que toute nouvelle les aidera à gagner plus ?
          Et je n’ai aucune raison de parler de Pierre Menes.

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