Lymphome associé aux prothèses mammaires : un cancer très rare et encore en grande partie mystérieux

C’est une complication très rare qui survient après l’implantation de prothèses mammaires. Le lymphome anaplasique à larges cellules, ou LAGC fait l’objet d’une surveillance internationale. Les nouvelles données américaines viennent de sortir. Petite mise au point.

 
La FDA, l’agence sanitaire américaine vient d’annoncer qu’au 1er février 2017, elle a colligé 359 cas de lymphome anaplasique à grandes cellules, dont neuf décès, chez des femmes porteuses d’implants mammaires.
C’est une tumeur très rare. Un cancer qui touche certains globules blancs et qui se manifeste souvent par une augmentation de taille des ganglions lymphatiques.
Le lymphome anaplasique à grandes cellules ou LAGC appartient à une forme de lymphomes dits non hodgkiniens, par référence au lymphome connu sous le nom de maladie de Hodgkin.

 

C’est en 2008, à l’occasion d’une publication néerlandaise dans la revue JAMA de 11 cas sur une période de 17 ans qu’on a vraiment commencé à s’intéresser à ce phénomène.

Ainsi en France, l’ANSM a publié un point d’étape en juillet 2016 qui faisait état de 29 cas dont 2 décès. Le nombre actuel est de 32 cas.
On ne sait pas très bien ce qui est à l’origine de ce lymphome à cellules lymphocytaires de type T, différent des rares lymphomes touchant le sein et liés à des lymphocytes B.
On a baptisé cette tumeur LAGC-AIM pour « Associé à un Implant Mammaire »

 
Il semble que la surface de la prothèse joue un rôle. Les surfaces lisses sont beaucoup moins concernées que les surfaces dites « texturées » c’est-à-dire rugueuses.
Dans le rapport de la FDA il y a 203 cas liés à une prothèse rugueuse et 28 seulement à une prothèse lisse.
Les prothèses lisses sont généralement emplies de solution saline, les rugueuses ou texturées de silicone.
Dans le rapport FDA 186 cas concernaient des prothèses emplies de silicone et 126 de solution saline.
Des études s’intéressent aussi à la biocompatibilité des matériaux pour comprendre comment cette forme rare de tumeur peut apparaître.
Rare car le risque se situe entre 1/100000 et 3/1million.

Mais il faut en informer les femmes qui souhaitent bénéficier d’une pose d’implants dans le cadre d’une chirurgie d’augmentation de volume ou de chirurgie réparatrice après une mastectomie pour cancer du sein.

 

Références :

Information de la FDA du 21/03/2017

Document ANSM  de juillet 2016

de Jong D et al. 
Anaplastic large-cell lymphoma in women with breast implants.
JAMA. 2008 Nov 5;300(17):2030-5.
En accès libre
Anaplastic Large Cell Lymphoma (ALCL) In Women with Breast Implants: Preliminary FDA Findings and Analyses
January 2011
Center for Devices and Radiological Health
U.S. Food and Drug Administration

L’article de docteurjd.com du 16/12/2011

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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