S’endormir au volant : attention à certains médicaments, pas seulement les tranquillisants et somnifères.

La somnolence au volant peut avoir des conséquences dramatiques.
Malgré les campagnes d’information, il y a encore trop d’accidents, parfois évitables si on retient quelques notions.

Il y a d’abord un « classique » hélas trop classique : la consommation de boissons alcoolisées, bière et vin inclus. L’alcool induit des somnolences et, par temps froid, va provoquer une forme d’anesthésie qui va empêcher de réagir et contribuer à somnoler.

Et la conjonction de l’alcool et des médicaments peut avoir des effets catastrophiques.
Il y a près de deux mille médicaments pour lesquels la vigilance des utilisateurs est requise, à cause de divers effets influant sur la conduite automobile. Ce peuvent être des endormissements mais aussi l’apparition de vertiges ou de troubles de la vue par exemple.
Depuis 2005 ; il y a sur les boites des produits concernés, des pictogrammes : un triangle dans lequel est représenté un véhicule et une mention de niveau : 1,2 ou 3.

Afficher l'image d'origine

 
Le niveau 1(vignette jaune) concerne des produits pour lesquels il est fortement conseillé de lire la notice. La conduite n’est pas déconseillée mais il faut savoir que ce médicament peut interférer avec la conduite.
Et les produits sont nombreux Sont concernés par cette mise en garde modérée indiquant des effets mineurs sur la conduite : 30% des antalgiques, 80% des sirops contre la toux et des remèdes contre le rhume, 100% des antihistaminiques de deuxième génération, certains anti-inflammatoires, des antigrippaux et quelques antinauséeux
Le niveau 2 (vignette orange) appelle à la grande prudence et à ne pas conduire sans l’avis du médecin ou du pharmacien pour les spécialités vendues sans ordonnance Sont visés les antihistaminiques de première génération, 60 à 70% des anxiolytiques, 100% des antidépresseurs, 90 à 95% des antiépileptiques, 100% des antiparkinsoniens et 95% des antidiabétiques (insulines et sulfamides).
Le niveau 3 (vignette rouge) concerne environ 15 % des médicaments à risque. Sont concernés, la plupart des hypnotiques, quelques antalgiques et des anxiolytiques sous forme injectable ou fortement dosés.

Ces médicaments contre-indiquent formellement la conduite automobile. La reprise du volant ne pourra se faire qu’après avis médical.

Il faut systématiquement demander l’avis du médecin ou du pharmacien quand on débuter un nouveau traitement et qu’on a des trajets à faire.
Eviter de modifier des dosages avant un voyage et si on doit prendre une dose différente, le faire le soir et pas dans la journée du départ.

Mal dormir la nuit et s’endormir au volant

Autre sujet, celui des somnolences induites par une pathologie préexistante ou un trouble du sommeil.
Le diabète de type 2, par exemple, altère la qualité du sommeil et on peut ressentir des grandes fatigues dans la journée. Si tel est le cas, se lancer dans un trajet même limité et surtout sur autoroute avec la monotonie de la conduite, peut poser problème.

Autre risque, les apnées du sommeil, qui n’ont rien à voir avec les ronflements.
L’apnée du sommeil se caractérise par un arrêt de la respiration qui peut aller de quelques secondes à une minute et qui peut se reproduire des dizaines de fois par nuit.

On se réveille fatigué avec des somnolences dans la journée qu’on ne peut pas toujours combattre.
Si cela se passe au volant, les conséquences peuvent être très graves car, à 120km/h on parcourt un kilomètre en trente secondes, le temps d’un petit assoupissement.
Face à de tels troubles souvent constatés par le conjoint, il est important de faire les examens nécessaires afin de trouver le moyen de traiter ces apnées, surtout si, professionnellement, on est amené à passer du temps sur la route.

 

 

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans MEDICAMENTS, VARIA, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *