Méningites bactériennes à méningocoques : quelques informations et rappels

C’est sans doute une des affections qui fait le plus peur. Ce qu’on appelle la méningite cérébrospinale est pourtant peu fréquente et ne cesse de diminuer grâce à la vaccination. Mais il est vrai qu’un faible pourcentage de patients en décède.

Une méningite est le résultat de l’inflammation des méninges, ces feuillets qui enveloppent le cerveau et les tissus du système nerveux central.
Il y a diverses causes de méningites, les plus fréquentes étant les infections virales et bactériennes.

Ce sont ces dernières qui sont souvent les plus graves surtout quand le germe en cause est le méningocoque.
Il en existe divers ‘sérotypes’ , 13 au total; dont les plus fréquents sont: A, B, C, W135, Y.
Les sérotypes B et C sont majoritairement ceux qu’on rencontre chez nous.Le B représente environ 70 % et le C 20%.

Le méningocoque est un germe qui est tapi bien au chaud dans notre arrière-gorge.
Environ 10 % de la population est porteuse de ce germe, sans aucun souci.
Mais, parfois, le méningocoque arrive à franchir les barrières et se retrouve dans le sang puis dans le système nerveux central.

C’est un événement rare, moins de 600 cas par an en France. Cela se passe plutôt en hiver et au printemps, chez des sujets jeunes entre 0 et 20 ans et souvent lors de périodes de grande fatigue. C’était, du temps du service militaire obligatoire, une pathologie qu’on rencontrait au moment de la fin des ‘classes’ par exemple.

La méningite cérébrospinale se manifeste par divers signes :
De la fièvre
Des maux de tête souvent violent
Une photophobie, c’est-à-dire une gène à la lumière qui fait rechercher l’obscurité
Une raideur de la nuque et des courbatures. chez le nourrisson c’est l’inverse, l’enfant est hypotonique c’est à dire ‘mou’.
Des vomissements en jet.

A cela peut s’ajouter l’apparition d’un petit bouquet de type herpès autour de la bouche et du menton et des pétéchies, sorte de petites ‘ecchymoses’ sur le corps, correspondant à des atteintes des plaquettes sanguines.
Cette forme s’appelle un purpura fulminans, c’est une complication grave, souvent mortelle. Elle survient dans 10 % des cas de méningite.

Il faut évidemment solliciter d’urgence un avis médical.

En ce qui concerne l’entourage il faut savoir qu’on estime le risque de contagion à moins de 2 %. Le méningocoque est, en effet, un germe très fragile incapable de survivre hors du corps humain. La contagion ne peut se faire que lors de contacts très rapprochés, en face à face et à très courte distance, moins d’un mètre. Ce sont les postillons qui véhiculent alors le germe.

On va donc, à titre prophylactique, traiter l’entourage proche du malade : parents, frères et sœurs, élèves de la classe.
Inutile de fermer une école et de désinfecter. Inutile de traiter tout l’établissement.

Pour les soirées dansantes et les discothèques le problème est un peu plus compliqué car il est difficile de savoir qui s’est retrouvé à proximité du malade.

La prophylaxie repose sur la prise d’antibiotiques, la Rifampicine à la dose de 600mg deux fois par jour pendant deux jours.
Ce médicament a un certain nombre de contre-indications et d’effets indésirables.

On peut aussi, en cas de fréquence anormalement élevée de cas, vacciner les personnes vivant dans la zone concernée.
Mais l’immunité conférée par le vaccin ne se développe qu’au bout de dix jours.

Enfin, il existe aujourd’hui des vaccins qui protègent contre les sérotypes les plus fréquemment rencontrés chez nous. le vaccin contre le méningocoque C est inclus dans le calendrier vaccinal. Une injection suffit.

Le vaccin quadrivalent A+C+W135+Y es t obligatoire pour les pélerins se rendant à la Mecque. Il est recommandé aux voyageurs allant en Afrique sub-saharienne.

La nouveauté est le vaccin contre le méningocoque B. Il protège contre environ 80 % des méningocoque de ce sérotype. Il se fait en trois injections et un rappel. Il n’est pas dans les recommandations officielles du Haut Conseil de la Santé Publique.

des études sont en cours pour voir si ce vaccin élimine également le germe présent dans la gorge des porteurs asymptomatiques.
Les parents peuvent donc discuter avec leur médecin de famille de l’opportunité de vacciner leurs enfants contre une maladie rare mais qui peut avoir des séquelles sérieuses.

Actualisation au 03/01/2017

A la suite de l’apparition, dès le mois d’octobre 2016, de trois cas de méningite cérébrospinale sur le campus de l’université de Bourgogne à Dijon, la décision a été prise de lancer, à compter du 4 janvier 2017 une campagne de vaccination contre le méningocoque en cause de type W135.

Comme signalé plus haut, le vaccin contient également une protection contre les serotypes A,C et Y.

Le W135 est apparu en France en 2000, sous la forme d’une bouffée épidémique en relation avec des retours de pélerins de la Mecque.

Le W135 est très présent en Afrique subsaharienne. Ces dernièeres années on a rencontré environ 12 cas de W135 annuels sur les 500 à 800 infections à méningocoques déclarées.

C’est donc un serotype très peu fréquent.

On retrouve souvent soit un séjour en Afrique subsaharienne au moment où sévit une épidémie dans le pays visité, soit un contact proche et répété avec une personne en provenance de l’un de ces pays.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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4 réponses à Méningites bactériennes à méningocoques : quelques informations et rappels

  1. M. Voisine dit :

    Nous sommes une association sur les méningites
    M. Flaysakier nous avons été en contact concernant des campagnes de prévention dans l’Education Nationale
    Nous préparons un projet pour la rentrée scolaire
    Je souhaite prendre contacte avec vous
    A bientôt

  2. puisieux dit :

    Ma fille se fait vacciner contre la meningite, ètant ètudiante a Dijon.
    Svp, pourriez vous me dire quels sont les effets secondaires d’une telle vaccination !
    Je précise que ma fille est atteinte du syndrôme de Marfan.
    Merci pour votre réponse.

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