Grace à la Fondation Gates le virus VIH pourrait bien prendre un coup de pompe salutaire

Après des années à développer des traitements antirétroviraux de plus en plus performants, la recherche s’oriente désormais vers la prévention et la prophylaxie de l’infection par le virus VIH.
En attendant un éventuel vaccin préventif, on développe des techniques et des molécules chargés de protéger contre l’infection chez les personnes ayant des comportements risqués.
Le Père Noël est passé un peu en avance cette année à Boston dans le Massachussetts chez Intarcia, une société de biotechnologie particulièrement innovante.
La fondation de Melinda et Bill Gates a en effet décidé d’investir 140 millions de dollars, soit environ 134 millions d’euros dans le développement
d’une mini-pompe implantable.
Cette pompe, placée sous le derme, a la taille d’une allumette. Elle a déjà été testée dans le cadre d’une étude sur le diabète de type 2, avec de l’exenatide, un agoniste du GLP-1.
Le projet dans lequel les Gates ont choisi d’investir s’intéressera à la prévention de l’infection par le VIH en Afrique.

Micro-dose et maxi-durée

Cette pompe fonctionne selon le principe de la pression osmotique, l’entrée d’eau extra-cellulaire servant à actionner le piston du micro-dispositif. Cela permet de délivrer en continu une substance, délivrance que les responsables de la société disent pouvoir prolonger pendant au moins un an.
On ne sait pas encore quel sera le premier produit utilisé dans cette forme de PrEP, mais la molécule devra remplir au moins deux conditions :
-Rester stable à la température du corps pendant douze mois environ
-être active à des micro-doses délivrées continuellement.
La mini-pompe, baptisée ITCA650 devrait être disponible d’ici un ou deux ans sur les marchés occidentaux. Mais c’est surtout vers les pays d’Afrique subsaharienne que la fondation Gates et Intarcia tournent leurs regards.
Disposer ainsi d’une forme de prévention de l’infection pendant un an serait un progrès considérable.

De nouveaux acteurs de la PrEP

Actuellement, seul le Truvada, composé de deux molécules, l’emtricitabine et le fumarate de tenofovir, a l’autorisation de mise sur le marché dans l’indication de PrEP, prophylaxie préexposition. Cela suppose une prise de comprimés soit quotidiennement, selon le modèle US, soit à la demande selon l’étude française IPERGAY.
Les résultats sur la prévention de l’infection dépendent évidemment de la bonne observance de la prise du médicament.

De nombreuses recherches sont en cours pour tenter de trouver des moyens de protection à action prolongée et ne nécessitant pas de prise par voie orale.

Anneaux, implants, injections

Des anneaux vaginaux libérant sur une période d’un mois de la dapivirine ou du darunavir sont également en évaluation.
Mais on s’oriente surtout vers des formes injectables à libération prolongée, pouvant procurer une protection entre deux et six mois.

Un essai vient de débuter avec une molécule dite anti-intégrase, le cabotegravir sous forme à libération prolongée.

Un autre essai avec injection d’une forme à libération prolongée va se faire avec un autre antirétroviral le rilpinavir.

A côté des formes injectables et des anneaux on évoque également la possibilité d’implants sous-cutanés, analogues aux implants contraceptifs et qui peuvent rester ainsi en place au moins un an.

Ces diverses nouvelles modalités de PrEP seront destinées prioritairement aux pays subsahariens, là où la transmission du VIH reste très importante et où il faut pouvoir protéger les femmes en priorité par des moyens simples et ne nécessitant pas des déplacements longs et répétés vers les centres de soins.

C’est cela qui a motivé le geste de la Fondation Gates. La mini-pompe anti VIH est attendue d’ici la fin 2018.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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