Pleine lune et troubles du sommeil : pas du tout une légende

On prête à la pleine lune un certain nombre d’effets, comme favoriser le déclenchement des accouchements, ce qui n’est pas vrai. On l’accuse également de troubler le sommeil d’un certain nombre de personnes et là c’est peut-être vrai si l’on en croit une étude suisse.

Si vous redoutez les nuits de pleine lune, peut-être vous êtes-vous imaginés vous couvrant de poils et allant hurler sur le haut d’une colline tels des loups garous !
Apparemment nombreux sont ceux qui redoutent le moment où la fin du premier quartier annonce les prémisses de la lune montante vers ce moment où elle sera pleine.
Et en ce 14 novembre 2016 elle est même plus que pleine puisque la lune est à son périgée, très proche, relativement s’entend, de notre Terre.

C’est à Bale que des chercheurs ont essayé de comprendre l’influence des cycles lunaires sur notre sommeil. Pour cela ils ont utilisé deux groupes de volontaires. Un premier panel de 9femmes et 8 hommes jeunes, entre 20 et 31 ans et un second panel, plus âgé, entre 57, et74 ans, également constitué de huit femmes et huit hommes.

Ces personnes ont été placées dans des conditions identiques, dans des pièces obscures, en ignorant le but de l’étude, tout comme les investigateurs s’occupant d’elles. Les enregistrements se sont prolongés sur plusieurs jours, sans aucune information sur le cycle lunaire au moment des mesures.

On a enregistré les différentes phases de sommeil des sujets avec un électroencéphalogramme, EEG, mesuré leur taux de mélatonine et de cortisol.

Autour de la pleine lune ils ont constaté que les sujets mettaient un peu plus de temps à s’endormir, cinq minutes de plus. Le temps de sommeil global était raccourci de 20 minutes.
Mais ils ont surtout constaté que la phase de sommeil profond, celle qui est considérée comme étant la plus réparatrice était diminuée de 30 % en cette période.

Et la mélatonine, hormone impliquée dans le passage veille-sommeil, avait une sécrétion diminuée.

Un vestige de notre vie dans l’eau

Hormis ces critères objectifs, les sujets ont estimé avoir eu un sommeil de bien moins bonne qualité.
Cette influence de la lune sur le sommeil a été beaucoup étudiée, mais surtout dans des situations pathologiques. On a ainsi montré que certaines manifestations épileptiques s’installaient dans les premiers jours suivant la nouvelle lune.

L’étude suisse a été la première à étudier des sujets sains de diverses catégories d’âge et à montrer une influence de la pleine lune.
Mais comment expliquer cela ? On sait l’influence de la lune sur les marées. D’ailleurs les 14 et 15 novembre verront des coefficients de marées élevés, 113.

Mais la pleine lune ne fait pas varier les masses d’eau de notre corps, eau qui représente 60 % du poids corporel.

Il semble plutôt que nous ayons gardé dans notre patrimoine génétique le souvenir des rythmes circalunaires, reposant sur les 29,5 jours du cycle de l’astre mort, cycle acquis lors de la vie marine des premières espèces sur la Terre. Et lorsque les animaux sont sortis de l’eau et se sont mis à marcher, ces mécanismes biologiques sont restés ancrés dans leur patrimoine.

Cette horloge circalunaire serait en quelque sorte synchronisée avec notre horloge circadienne, celle qui régit notre rythme veille-sommeil.
Il se peut donc qu’en fonctions de critères à ce jour toujours mystérieux, chacun d’entre nous développe une sensibilité particulière à ces phases lunaires et réagisse de façon plus ou moins importante aux variations causées.

En cette nuit de « super lune » il faut juste espérer que nous n’allons pas super mal dormir !

 

Référence de l’étude :
Christian Cajochen et al
Evidence that the lunar cycle influences human sleep
Current Biology. August 5, 2013, 23:1485-1488

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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8 réponses à Pleine lune et troubles du sommeil : pas du tout une légende

  1. Khinache dit :

    Bonjour , j’ai des troubles neurologique dans le côté droit et plus particulièrement dans Le Bras et la main droite qui se manifeste par un blocage de la main avec crispation des doigts et d’une douleur sanglante dans tout Le Bras j’ai consulté de nombreux spécialistes et personne ne peut m’apporter vraiment de réponse peut être pourriez vous me conseiller. J’ai déjà été opérée du canal carpien et d’un défilé thoraco brachial.
    J’espère que vous pourrez me conseiller.
    Avec mes remerciements cordialement
    Djamila KHINACHE

  2. BEOTIEN dit :

    Merde alors, si la taille de l’échantillon était plus conséquente je serais presque obligé de me retenir de me payer la tronche des lecteurs d’horoscopes !

  3. Tatoufix dit :

    Bonjour,
    Une autre étude, plus importante, sur plus de 2000 personnes, ne montre aucune différence significative. Avant de trouver des explications, il vaut mieux vérifier les études. Nous pouvons toujours trouver une explication rationnelle à n’importe quoi.
    https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26498230

  4. Alexandre dit :

    Pour une fois, en période de pleine lune j’ai plutôt bien dormi. Ouuuuf

    Mais c’est vrai que ce n’est pas un mythe. De toute façon il n’y a qu’à voir le nombre de personnes qui en parlent.

  5. M dit :

    « Un premier panel de 9femmes et 8 hommes jeunes, entre 20 et 31 ans et un second panel, plus âgé, entre 57, et74 ans, également constitué de huit femmes et huit hommes. »
    Avec ce titre : « Pleine lune et troubles du sommeil : pas du tout une légende »

    Il n’y a que moi que ça gène un peu ? Je ne suis pas médecin, je ne suis pas chercheur, mais cela me semble prématuré de tirer une conclusion aussi tranchée à partir d’une étude comportant si peu de participants.
    En outre ce n’est pas parce que les personne en sont pas informée directement du moment du cycle de la lune qu’elle ne savent pas où elle en est, même approximativement, il suffit de savoir compter.
    En plus en cherchant un peu on trouve d’autres montrant qu’il n’y a aucune influence réelle (mais je n’ai pas l’impression qu’elles soient très bien montées non plus pour beaucoup).

    « Il semble plutôt que nous ayons gardé dans notre patrimoine génétique le souvenir des rythmes circalunaires, reposant sur les 29,5 jours du cycle de l’astre mort, cycle acquis lors de la vie marine des premières espèces sur la Terre. Et lorsque les animaux sont sortis de l’eau et se sont mis à marcher, ces mécanismes biologiques sont restés ancrés dans leur patrimoine. »
    Il me semble à moi qu’il s’agit là de pure spéculation ne reposant sur aucun faits tangibles, pour le moment tout au moins. Où sont les études montrant que ce rythme circalunaire existe pour l’être humain, d’un point de vue purement endogène ?

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