Vaccins contre le VIH : la route sera encore très longue, mais des pistes se dessinent enfin.

D’annonces prématurées en espoirs déçus, la quête d’un vaccin efficace contre l’infection par le VIH a connu quelques avancées récentes en Thaïlande. Mais on est très loin de voir le bout du tunnel comme l’ont confirmé les chercheurs présents à Chicago pour la deuxième édition de HIVR4P, la conférence sur la prévention biomédicale de l’infection à VIH.
Mais rien à attendre avant probablement  2025 au plus tôt.

 
Plusieurs stratégies de recherche vaccinale existent aujourd’hui. La première est la suite du seul vaccin ayant donné des résultats faiblement positifs en Thaïlande.
C’est en Afrique du Sud que va débuter l’essai HVTN 702, héritier de cet essai dont les résultats furent connus en 2009. Le vaccin utilisait deux composants avec d’un côté des fragments de la protéine gp120, AIDSVAX et de l’autre un virus canary-pox modifié, Alvac.
A trois ans, on avait constaté une efficacité faible de protection, 31 %, mais qui a été considérée comme un grand succès par certains.

 
Des analyses réalisées sur les répondeurs on avait remarqué que la protection était d’autant plus élevée qu’apparaissaient des IgG anti V1-V2
A contrario, la présence d’IgA anti env était un facteur défavorable.

Un vaccin adapté à l’Afrique

Le nouvel essai comportera toujours deux éléments, mais on adaptera les particules virales au sous-type C rencontré en Afrique et qui est différent de celui de la Thaïlande, B/E. L’adjuvant sera changé, le MF59 remplaçant l’aluminium.
Enfin un rappel à un an sera fait alors que dans le modèle initial du RV144 toutes les injections étaient terminées au sixième mois.

L’efficacité sera jugée au terme de trois ans de suivi, l’objectif étant de passer de 31 % à 50 %. Un résultat qui est encore sous la barre des 60 %, taux de protection que la communauté scientifique estime être le seuil acceptable pour commercialiser un tel vaccin.
Les résultats définitifs devraient être connus à l’horizon 2025.

Anticorps à large spectre

Les autres évaluations en cours sont toutes faites chez des primates non humains, principalement le macaque.
La piste suivie est celle des anticorps largement neutralisants, ALNs, en anglais bnAbs, broadly neutralizing antibodies.

Ces ALNs sont retrouvés chez 20 % des patients porteurs du VIH. Et ils n’empêchent pas le développement de la maladie. Ils représentent une sorte d’évolution ultime des mutations du virus.
Ils ciblent diverses structures et composantes du virus ; du site d’amarrage CD4 à la boucle V1V2 en passant par la protéine gp41.

L’un des objectifs est de découvrir quels sont exactement les lieux d’impact de ces anticorps sur les différentes cibles. Le second objectif est de faire de la « virologie inverse » (reverse virology ou virology 2.0) afin de remonter vers la source et d’identifier quelles sont les cellules précises qui élaborent ces anticorps.

L’intérêt serait alors d’en recruter une grande quantité de façon à obtenir une production variée et efficace d’anticorps.
Ce qui parait important c’est de faire des vaccinations séquentielles afin d’améliorer et d’amplifier la réponse en fonction des ALN utilisés
Cette piste n’est pas encore entrée dans une phase clinique de mesure d’efficacité chez l’être humain.

Lancer les cellules T TEM à l’attaque

Troisième piste, celle d’un vaccin utilisant certaines propriétés du CMV. En » chargeant » le cytomégalovirus avec des fractions virales, env, gag, pol, on a montré chez l’animal qu’on peut très précocement contrôler la réplication virale grâce au recrutement de cellules T CD4+ et CD8+ ; des « effector memory T cells ou TEM.

Il s’agit là donc de ne plus utiliser d’anticorps mais les cellules elles-même qui viendraient détruire les cellules infectées et les virus circulants.
Cette piste semble séduire de plus en plus d’équipes.

On devrait en savoir un peu plus dans deux ans, à Madrid, lors de la troisième édition de cette conférence HIVR4P qui connait un succès croissant et qui pourrait bien rapidement supplanter la CROI, conférence annuelle portant surtout sur les nouveaux médicaments.

Mais aujourd’hui, l’enjeu de la prévention surpassei celui des traitements.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Vaccins contre le VIH : la route sera encore très longue, mais des pistes se dessinent enfin.

  1. Anonyme dit :

    S’il vous plait docteur enlevez mon nom de votre site. Il apparait deux fois la première quand j’ai posé ma question et la deuxième quand je vous demande de l’enlever, je pensais que c’était un vrai site médical. Merci

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.