Somnambulisme : une pathologie plus fréquente qu’on ne l’imagine

Spectaculaire autant que mal connu le somnambulisme appartient à ce qu’on appelle la parasomnie. Des pathologies du sommeil qu’il faut savoir prendre en charge, mais pas toujours de façon médicamenteuse.

Un enfant qui est censé dormir, mais qui se lève de son lit, marche, traverse la maison ou l’appartement, va se recoucher et qui a tout oublié au réveil. Ce phénomène, un certain nombre de parents l’ont vécu et s’en sont inquiétés surtout s’ils ont essayé de « réveiller » l’enfant et qu’il a semblé être ailleurs.

Ce trouble du sommeil, très fréquent chez le jeune enfant peut toucher jusqu’à 40 % des enfants de moins de 5 ans. Ces crises de somnambulisme entrent dans le cadre de troubles du sommeil qu’on appelle parasomnie.

Le somnambulisme survient dans le premier tiers de la nuit, dans la phase de sommeil lent.
Le sommeil n’est pas en une seule pièce, mais il est constitué de cycles d’une durée moyenne de 90 minutes. Il y a l’endormissement puis une phase de sommeil dit « lent profond’ et ensuite la phase de « sommeil paradoxal », qui se caractérise par une intense activité de mouvements oculaires qui contraste avec un corps totalement immobile.
Il y a ensuite une phase intermédiaire suivie d’une période d’éveil puis le cycle repart
Les phases de sommeil profond prédominent en début de nuit et il y a plus de sommeil paradoxal dans la dernière partie.

En début de nuit

Le somnambulisme se déroule donc dans le premier tiers de la nuit, comme les épisodes de terreur nocturne. Il semble s’agir d’un trouble dans la phase de transition entre le sommeil paradoxal et l’éveil.
Avec le temps ce trouble va disparaitre pour ne persister que chez 2 % des adultes environ.
Le somnambulisme a divers retentissements.
Le premier c’est qu’il entraine une altération de la qualité du sommeil et donc de la récupération. Cela entraine souvent des somnolences dans la journée qui peuvent poser problème dans l’activité scolaire.

Chez l’adulte ces endormissements diurnes posent des problèmes de sécurité dans le cadre professionnel, notamment s’il y a un travail sur machine ou pour la conduite automobile.

D’autres situations peuvent aussi être dangereuses pour le patient ou son entourage.
Le somnambule ne se rend évidemment pas compte des dangers de sa déambulation nocturne et peut chuter, se blesser, voire se tuer.

Il peut aussi avoir des comportements violents vis-à-vis de son entourage, d’autant qu’on aura essayé de le réveiller à tout prix. Des somnambules peuvent commettre des crimes ou des viols sans ne garder aucun souvenir de ce qu’ils ont fait.

Des conduites parfois très dangereuses

Si chez l’enfant les épisodes tendent à disparaître avec l’âge, il peut néanmoins y avoir des épisodes à répétition et c’est alors qu’il faudra rechercher un avis spécialisé.

Chez l’adulte, le retentissement des crises sur l’activité ou des comportements dangereux doivent également conduire à une prise en charge spécialisée dans des centres des troubles du sommeil.

Mais on peut déjà prendre des mesures simples. Pour l’enfant, il faut s’assurer d’une bonne hygiène du sommeil, être sûr que l’enfant a la quantité de sommeil dont il a besoin. On peut verrouiller la porte, fermer les fenêtres et les volets et mettre le matelas au sol pour éviter des chutes.

Attention aux médicaments

Chez l’adulte, il peut être nécessaire de faire chambre à part en cas de troubles importants.

Là encore une bonne hygiène de sommeil est un élément clé, tout comme le fait d’éviter des consommations d’alcool le soir et ne pas prendre certains médicaments qui vont fragmenter le sommeil et aggraver les troubles. Certains somnifères qui provoquent des endormissements rapides sont donc à éviter si on souffre de parasomnie.

S’il y a besoin de prescription médicamenteuse, elle doit être faite après consultation spécialisée qui aura mis en évidence la nature du trouble, afin de ne pas aggraver les troubles.
Répétons-le, terreurs nocturnes et somnambulisme sont fréquents dans la petite enfance. Aussi inquiétants soient—ils, ces épisodes vont normalement disparaitre quand l’enfant grandit. Donc inutile de paniquer, inutile de secouer l’enfant pour qu’il se réveille.

Mais ne pas hésiter à consulter si les épisodes sont très fréquents ou s’ils ont un retentissement important sur le rendement scolaire.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Somnambulisme : une pathologie plus fréquente qu’on ne l’imagine

  1. Leclercq Aliette dit :

    Je connais un phénomène semblable au somnambulisme, en 2ème partie de nuit. Je crois être réveillée, j’entends des bruits ou des voix, puis je me sens menacée (on me sert à la gorge). Je veux bouger mais je suis paralysée. J’essaie d’allumer une lumière qui se révèle imaginaire. A force de volonté, j’arrive à m’asseoir et je suis alors réveillée. J’ai l’impression qu’il y a une mauvaise jonction entre le sommeil paradoxal et la phase d’éveil. J’ai 73 ans et ces phénomènes se sont produits pas moments, surtout à des moments où j’étais déprimée. Y-a-t’il un rapport avec le somnambulisme ?

    • docteurjd dit :

      Je ne suis ni neurologue ni spécialiste du sommeil et suis donc incapable de vous donner un diagnostic exact. A priori ce que vous rapportez et le fait que vous vous en souveniez fait que ce qui vous arrive se déroule sûrement lors de la phase de sommeil paradoxal. C’est donc une parasomnie mais sans doute pas du somnambulisme.
      Mais, ces signes doivent être discutés avec votre médecin qui vous enverra éventuellement consulter dans un centre du sommeil

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