Pneumopathies du sujet agé : bactéries , virus et « fausses routes »

Les pneumonies sont quatre fois plus fréquentes chez les personnes de plus de 65 ans que chez les personnes plus jeunes. On estime qu’il y a entre 100000 et 200000 cas de pneumonies toutes causes confondues.

 
Cette fréquence élevée tient au fait qu’avec l’âge le système immunitaire défend moins bien l’organisme. Il y a aussi le fait qu’il existe un certain nombre d’affections préexistantes liées par exemple au tabac ou à des expositions professionnelles et qui ont malmené le poumon.

Les causes des pneumonies sont d’abord l’infection par des bactéries, au premier plan desquelles on trouve le pneumocoque. Il en existe environ 90 formes, et un certain nombre d’entre eux commencent à être résistants aux antibiotiques les plus couramment utilisés.
Autres bactéries en cause : les légionnelles, ou parfois le mycoplasme. Bien d’autres bactéries peuvent être également en cause

Les pathologies virales sont également en cause et très souvent sous-estimées. Il existe de nombreux virus ayant un tropisme pulmonaire, c’est-à-dire une sorte d’attirance pour les alvéoles constitutifs de notre arbre respiratoire. Ce sont souvent des affections du tissu profond, avec une toux sèche et qui donnent des signes importants d’hypoxie, c’est-à-dire une baisse de la présence d’oxygène dans le sang.

Enfin il ne faut pas oublier chez les sujets âgés une cause non négligeable, ce qu’on appelle les pneumopathies d’inhalation ou, plus trivialement, les « fausses routes ».

Elles sont causées par le passage du bol alimentaire non pas dans l’œsophage mais dans la trachée et les poumons.

Ces fausses routes ont des causes diverses, neurologiques bien sûr, notamment après un AVC ou dans la maladie de parkinson. Mais elles peuvent être liées à des troubles de la mastication liée par exemple à une édentation ou à la présence d’une mycose.
D’où l’importance de surveiller les repas des personnes en institution notamment quand elles ont ces divers handicaps auxquels il faut ajouter la prise de certains médicaments influant sur l’état d’éveil et de conscience.

Pour la prévention des pneumonies à pneumocoque, on dispose de deux vaccins. Ils ne sont pas obligatoires, mais recommandés d’autant qu’il existe une pathologie lourde sous-jacente : insuffisance cardiaque, insuffisance rénale, bronchopneumopathie obstructive chronique.

Mais on s’oriente vers un schéma tel qu’il est pratiqué aux Etats-Unis, comme le décrit Christophe Trivalle dans son Abrégé de gérontologie.

Ce schema est le suivant :

1 injection de Prevenar13 puis 8 semaines après 1 injection de pneumo23

La première injection du vaccin anti-pneumococcique se fait en même temps que l’injection de vaccin antti grippal.

Cette association donne de meilleurs résultats que la vaccination faite séparément

La moins bonne immunité du sujet âgé retentit, certes, sur la qualité de vaccination contre la grippe. Mais même une faible efficacité peut protéger non seulement de la grippe mais surtout du risque de surinfection par une bactérie se logeant dans les poumons.

Le vaccin anti-pneumocoque se fait en une seule fois et ne nécessite pas de rappel.

L’intérêt de faire ces vaccinations doit se discuter avec le médecin de famille en fonction des risques existants.

A LIRE :
Christophe Trivalle
Gérontologie Préventive
Elsevier Masson Ed

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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7 réponses à Pneumopathies du sujet agé : bactéries , virus et « fausses routes »

  1. legendre mireille dit :

    Bonjour Docteur,
    Comment distinguer pneumopathie d’inhalation et maladie nosocomiale ? Mon mari est décédé à l’hôpital et je ne sais toujours pas de quoi, on m’a dit qu’il avait une bactérie, son traitement a duré 15 jours, antibiotiques de plus en plus forts pour me dire qu’il ne survivrait pas. impossible d’accéder aux divers examens, il était rentré aux urgences debout, et n’en est ressorti que allongé.je ne demande pas grand’chose, la vérité car je ne parviens pas à mon faire mon deuil. Dois-je faire appel à un homme de loi pour obtenir les divers examens ou écrire tout simplement à la ministre de la santé ? Je pense que cet état de chose me conduira auprès de mon époux rapidement.
    Merci de ma conseiller.

    • docteurjd dit :

      Madame,
      Vous pouvez en tant qu’ayant droit adresser un courrier recommandé au conciliateur medical de l’hopital en demandant la communication du dossier.
      Si vous n’obtenez passatisfactiin vous pouvez bien sûr menacer d’une action et vous faire assister d’un avocat.

  2. ONNO PATRICK dit :

    Bonjour docteur,
    Je vais faire 61 ans, je suis suivi pour une BPCO assez sévère. Est-ce je dois demander à mon médecin de famille de me prescrire les vaccins pneumo et prevenar que vous prescrivez ?
    Merci pour vos conseils

    • docteurjd dit :

      Vous devez discuter de cela avec votre médecin. ce n’est pas à moi de vous inciter ou non à le faire. Il vous connait et agira donc en fonction de votre dossier

  3. Adam Martine dit :

    Bonjour Docteur,
    Les 2 vaccins sont-ils à faire chaque année ?
    J’ai vécu 34 ans en Allemagne et j’ai une BPCO + asthme + emphysème. Mon pneumologue allemand m’a expliqué l’année dernière que le pneumo23 de même que le prevenar 13 ne se font qu’une fois et qu’il n’est pas besoin de les refaire. J’ai donc recu un vaccin de pneumo 23 et un de prevenar13.
    Maintenant je suis rentrée en France et j’aimerais bien savoir ce que je dois faire.
    Avec mes remerciements

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