ASCO16 :Vessie, estomac, pancréas, des pistes de traitement pour des cancers jusque là mal pris en charge.

A mi-chemin de la plus importante conférence sur le cancer au monde, on peut déjà dégager des tendances et souligner des progrès. Progrès plus évidents, sans doute pour les médecins que pour les personnes atteintes par le cancer, d’où la difficulté à faire passer les messages.

Le sujet n°1 cette année encore c’est l’immunothérapie. Petit rappel : l’immunothérapie repose sur des molécules, des anticorps, dont le but est de briser la relation délétère qu’entretiennent certaines cellules de défense avec les cellules cancéreuses.
La tumeur sait parfaitement « retourner » en sa faveur des cellules du patient venues a priori pour la tuer.

L’immunothérapie vient donc empêcher ces frères ennemis de tisser des liens contre nature. Elle dope les cellules de défense les rendant à nouveau agressives.
On a pu mesurer les avancées considérables de ces traitements dans le mélanome malin métastatique. Ce cancer redoutable fauchait près de la moitié des malades en un an. Maintenant on arrive à un taux de 40% de patients toujours vivants à trois ans.

On essaie donc d’utiliser l’immunothérapie dans des tumeurs pour lesquelles on n’a pas beaucoup de choses à proposer. Il y a des essais dans le cancer de l’estomac, ou encore dans les tumeurs de la vessie. Notamment lorsqu’il s’agit de formes avancées métastatiques de ce cancer vésical qu’on ne peut pas traiter avec la chimio classique au cisplatine
L’essai IMvigor210 qui a fait appel à l’atezolizumab a montré chez ces patients non traités précédemment un taux de réponse de 24%, c’est-à-dire une réduction de la masse tumorale d’au moins 30%, le taux de réponse complète étant de 7 %. Une réponse qui persistait près de 15 mois.
Autre signe d’espoir, celui qui concerne une forme particulièrement agressive de cancer du poumon, le cancer dit « à petites cellules ». Il représente environ à des cancers broncho-pulmonaires, n’est pas sensible aux rayons, pas opérable et répond très mal à la chimiothérapie.

Une combinaison anticorps-antitumoral, rovalpituzumab-tesirine ou Rova-T. Dans cet essai de phase 1 avec un petit effectif, 11 des 60 patients ont vu leur tumeur diminuer de taille et près d’un patient sur deux a éprouvé un bénéfice clinique.
Tous ces résultats sont préliminaires, ne représentent en aucun cas des traitements validés, mais ils ouvrent des pistes.
Mais les traitements classiques et éprouvés ne sont pour autant pas à reléguer au fond des pharmacies.
Le meilleur exemple concerne là encore une tumeur difficile à traiter, le cancer du pancréas.
Une étude européenne, ESPAC-4 a comparé la combinaison de deux médicaments de chimiothérapie la gemcitabine et la capécitabine à la gemcitabine seule.
Précision importante : les patients avaient tous été opérés au préalable, ce qui n’est pas le cas le plus fréquent.
La combinaison a permis d’obtenir des taux de survie à 5 ans de 29 % alors que les études précédentes avec un seul médicament donnaient des résultats de l’ordre de 16 %
Il faut d’ailleurs souligner le rôle non négligeable de la chirurgie d’exérèse qui a fait d’énormes progrès au cours du temps et qui permet d’enlever le maximum de tissu tumoral.
Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir et d’obstacles à franchir. Tout cela se fera dans les laboratoires et les services cliniques mais aussi en concertation avec celles et ceux qui sont directement concernés par la maladie et dont le retour de vécu est souvent un élément fondamental dans la conduite des essais cliniques.
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A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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4 réponses à ASCO16 :Vessie, estomac, pancréas, des pistes de traitement pour des cancers jusque là mal pris en charge.

  1. Gabrielle dit :

    Bonjour,
    Savez-vous où puis-je avoir des informations fiables sur les oligodendrogliomes de grade 2 ?
    Merci

  2. miau dit :

    bonjour, il me semble que vous avez fait un reportage sur l’institut curie e tle cancer du poumon sur france 2 mais je ne me souviens plus du jour.
    j’aimerais beaucoup le revoir : cela vous ennuierait-il de me donner la date et si c’était à midi ou le soir pour que j’essaye de le revoir sur pluzz
    merci infiniment

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