Cancers de la peau : il n’y a pas que le mélanome

En cette journée consacrée au dépistage des cancers de la peau un petit rappel de quelques notions qui, parfois, semblent difficiles à mettre en pratique bien qu’on les répète sans arrêt.

Quand on parle de cancer de la peau, on pense immédiatement au mélanome malin. Il représente environ 5 % des cancers de la peau, soit 15000 cas par an.
Dans 80 % des cas ce mélanome est peu profond et son exérèse chirurgicale réglera le problème.
Mais dans 10 à 20 % des cas, la tumeur va se répandre dans l’organisme, faire donc des métastases et son traitement va devenir beaucoup plus compliqué.
C’est pour cela qu’il faut régulièrement montrer ses grains de beauté et surveiller tout changement.
Il existe un système de repérage appelé ABCD et qui permet d’apprécier l’éventuelle transformation d’un grain de beauté.

A : c’est l’aspect du grain qui devient asymétrique
B pour les bords qui vont être déchiquetés comme les cotes sur une carte de géographie
C pour couleur. Le grain de beauté va prendre diverses couleurs alors qu’il n’en avait qu’une
D c’est le diamètre qui devient supérieur à 6 mm

Plus on agit vite et mieux cela vaut.
Si, malheureusement, le mélanome est décelé au stade avancé métastatique, il faut savoir que depuis quelques années il existe une vraie révolution dans le traitement de ces stades.

L’immunothérapie et les thérapies ciblées ont fait considérablement évoluer les choses permettant la régression, parfois même la disparition des lésions pendant des années.
Cet arrêt de la progression de la maladie est une avancée considérable, mise encore en évidence par 2 études KEYNOTE-001 et KEYNOTE-006 , qui seront présentées dans quelques jours lors de la conférence sur le cancer de Chicago.
Mais la majorité des cancers de la peau est constituée par ce qu’on appelle les carcinomes, des tumeurs beaucoup moins agressives que ne peuvent l’être certains mélanomes.
Il y a deux grands types de carcinome :

Le basocellulaire
L’épidermoïde.

Ces cancers frappent surtout des personnes exposées professionnellement au soleil, comme les travailleurs des bâtiments, des travaux publics, les agriculteurs ou les marins-pêcheurs.
Une autre catégorie est également prompte à développer ces tumeurs, ce sont les greffés.
Le basocellulaire ne métastase jamais, l’épidermoïde très rarement. Ils se développent souvent sur le visage, les ailes du nez ou le crane.
Mais s’ils ne posent pas du tout le même risque carcinologique que le mélanome, il ne faut surtout pas les négliger pour autant.
Leur extension peut, en effet, compliquer leur exérèse, le chirurgien devant faire un geste large pour être sûr de ne laisser qu’une zone saine.
Au plan esthétique cela peut donc créer des problèmes qui nécessiteront des reprises chirurgicales pour reconstruire la zone.
Ces carcinomes ont tendance à récidiver. Pour combattre cette récidive, une étude australienne a montré l’intérêt d’un médicament peu cher et bien toléré, le nicotinamide, ou vitamine B3.

Loa prise de deux comprimés par jour pendant un an chez des personnes ayant eu au moins deux carcinomes a montré une réduction de 23 % du risque de récidive.
Certains hôpitaux français commencent à le proposer à des patients concernés et une étude sur les personnes transplantées devrait bientôt débuter.

Enfin il n’est pas inutile de répéter, voire de rabâcher qu’il faut éviter d’exposer les enfants au soleil sans protection suffisante, ne pas les exposer entre 11h et 16h, mettre des crèmes solaires d’indice SPF 30 au minimum et en remettre toutes les 2 heures.

Enfin, sachez que les autorités sanitaires américaines souhaitent faire interdire les cabines UV aux moins de 21 ans et qu’en France l’Académie de Médecine s’est prononcée contre ces cabines.

L’augmentation de l’incidence annuelle des mélanomes amènera peut-être les pouvoirs publics à se pencher sur la question.
LIRE :
Aperçu des résultats de KEYNOTE-001 et 006 

L’étude australienne de prévention par la vitamine B3 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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9 réponses à Cancers de la peau : il n’y a pas que le mélanome

  1. Saynac dit :

    Bjr
    Vous avez parlé d’un site où on peut déposer des photos de grain de beauté pour savoir s’il faut consulter ou pas pouvez vous redonner ce site je ne l’ai pas trouvé
    Merci

  2. barrier dit :

    je viens de prendre un rendez vous chez un ophtalmo pour un fond de l’oeil (diabete type 2) le 24 mai 2016, on me donne comme delai le 1er fevvrier 2017 ?quand pensez vous, est ce une blague? et ou allons nous ?

  3. Morgane dit :

    Bonjour je viens de voir votre explication sur France2, vous parliez du carcinome, pouvez expliquer que quelqu’un en soit atteint à l’adolescence ?

  4. Association Vaincre le mélanome dit :

    Une brochure d’information sur le mélanome cutané, conseils de prévention et dépistage précoce est téléchargeable sur le site de l’association Vaincre le mélanome

  5. Bonjour. Nous sommes une famille ou plusieurs basocellulaire ont été détectés. Notamment mon fils qui étant jeune a était traité au roacutane. Sur internet nous avons lu un article d’un dermatologue qui certifie que toutes les personnes ayant eu du roacutane développerons un cancer de la peau dans les 30 ans. Il s’avère que d’autre personne sont dans notre cas. Qu’en pensez vous. Merci

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