Avec la 3D la médecine et la recherche changent de dimensions

Depuis quelques jours une firme américaine propose le premier médicament fabriqué par une imprimante 3D. Tout sauf un gadget.

Le comprimé est gros, 21 millimètres de diamètre, la taille d’une pièce de 5 centimes d’euro.
Il contient 1000 milligrammes de lévétiracetam, un antiépileptique.
On pose le comprimé sur la langue, on prend une petite gorgée d’eau et en 4secondes le comprimé a disparu, là où un comprimé dit « dispersible » mettra deux ou trois fois plus longtemps.

Le médicament créé par Aprecia Pharmaceuticals a été conçu grâce à une imprimante 3D. Au lieu de mettre dans un comprimé le principe actif et ses excipients et d’enrober le tout on a travaillé différemment.

La machine a déposé couche après couche des particules microscopiques de la substance active en ajoutant des microgouttelettes d’un liquide aqueux pour assurer la cohésion de cette construction poreuse.
Ainsi, avec un petit peu d’eau, on réussit à faire écrouler le « château de cartes ».
Un gros médicament, fortement dosé qui ne pose pas de problème pour les personnes ayant des troubles de déglutition ou les jeunes enfants c’est incontestablement une avancée.

Mais les imprimantes 3D ont d’autres missions. L’une d’elles c’est d’élaborer des prothèses de hanche ou de genou par exemple sur mesures. Des prothèses plus adaptées et surtout qui permettront, puisqu’elles correspondent à la morphologie souhaitée, de gagner du temps lors de l’intervention.

Et on pense bien sûr à d’autres utilisations. On a déjà réussi à faire un pavillon d’oreille. A partir d’une sorte de bio-éponge, poreuse elle aussi, on dépose des cellules qui vont se développer dans les divers tissus nécessaires, en particulier les tissus conjonctifs et cartilagineux, ceux qui donnent sa souplesse à l’oreille.
Le matériau spongieux permettra le passage du sang, de l’oxygène et des nutriments et, un fois l’organe constitué, l’éponge disparaitra.
On imagine l’intérêt pour les victimes d’accident ou les grands brûlés.

Mais pour l’instant on ne sait pas faire d’organes internes entiers.
On s’oriente plutôt vers des « patches », des bouts de foie ou de rein, par exemple, sortes de pièces d’tachées qu’on pourrait insérer à la place d’une zone détruite ou tumorale.

Et on pense aussi pouvoir ainsi disposer de modèles répliques de la réalité sur lesquels on pourra vérifier l’efficacité et la toxicité de médicaments en évaluation sans faire courir de risques à des volontaires sains ou des patients et en réduisant l’utilisation de modèles animaux.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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5 réponses à Avec la 3D la médecine et la recherche changent de dimensions

  1. Dominique Dupagne dit :

    Bonjour JD

    Je n’ai pas compris l’avantage par rapport à un sachet de poudre ?

    • docteurjd dit :

      Je pense que deja i gramme dans un sachet ce n’est pas un gramme dans la bouche puisqu’il en reste dans le verre ! Ensuite je ne suis pas sûr que la galénique de cet anti-épileptique autorise la formulation poudre.
      Là tu as le produit, zero excipient et, d’après l’evaluation FDA de l’an dernier, une absorption et des données pharmacologiques et pharmacocinétiques intéressantes..
      Avec appot liquidien minimal.

      En fait cela vise évidemment les formulations sous forme gélule et comprimé qui peuvent poser des problèmes de déglutition chez l’enfant ou la personne agée ou ayant une sequelle d’AVC par exemple.
      Je ne pense pas qu’on fasse du Kardegic en imprimante 3D
      Le procédé ZipDose du MIT semble permettre justement de pouvoir mieux faire accepter certains méédicaments avec des doses absorbées supérieures à ce qu’on peut obtenir autrement

  2. FLORENTIN dit :

    Bonjour Dr Flaysakier,
    3 D et médecines du futur. Prothèse thoracique sur mesure exécutée avec une imprimante 3D. En 2015 des médecins de l’Hôpital universitaire de Salamanque (Espagne) ont effectué la première transplantation de cage thoracique au monde fabriquée en titane a l’aide d’une imprimante 3D. Cette opération réussie avec succès, le patient de 54 ans est complètement rétabli.
    Propos recueillis par la revue: Partage international. n° 331 Mars 2016 p 5.

    Cordialement.
    Thierry Florentin.

  3. Mouhali Kahina dit :

    Franchement, c’est plud que parfait, magnifique….!!!

  4. Ping : Avec la 3D la médecine et la recherche c...

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