CROI 2016 VIH/SIDA : le renouveau et les promesses de la thérapie gènique

Revoilà la thérapie génique dans la lutte contre l’infection par le virus VIH. Les nouvelles techniques de biologie moléculaire réveillent les ardeurs des chercheurs. La conférence CROI 2016 y a consacré l’une de ses grandes sessions.

Dès 1988 on avait envisagé de développer la thérapie génique alors en pleine expansion contre le virus HIV.

Petit rappel : il s’agissait d’aller déposer un gène à l’intérieur du patrimoine génétique d’une cellule, gène qui entrainait la fabrication d’une protéine censée amener l’organisme à tuer le virus. Le transporteur de ce gène est un virus capable d’entrer dans la cellule et d’y déposer sa charge utile.

Mais devant les résultats très en deçà des espérances, la technique ne se développa pas.

Mais depuis quelques années, c’est le renouveau dans ce secteur, boosté par des tentatives très prometteuses en cancérologie.

Le but est d’obtenir des effets à long terme non seulement en bloquant l’entrée du virus dans les cellules, mais en détruisant également les cellules dans lesquelles il se réfugie, ce qu’on appelle les réservoirs.

Paula Cannon, de l’Université de Californie du Sud à Los Angeles, a ainsi montré les premiers résultats intéressants de quelques essais.

Le plus ancien utilise la technique dite des « zinc fingers » ou doigts de zinc. Ce sont des sortes de « ciseaux moléculaires » des enzymes, les nucléases, capables de retirer sur l’ADN un gène précis.

La cible a été le gène CCR5. Ce gène commande la synthèse d’une protéine, un récepteur à la surface des cellules cibles du VIH. C’est sur ce récepteur que 60 à 80 % des virus VIH vont aller s’amarrer et préparer ainsi leurs noces tragiques avec la cellule.

C’est en constatant que des personnes infectées par le virus VIH ne développaient pas le sida qu’on a découvert qu’elles avaient une mutation génétique qui les privait du récepteur CCR5 normal.

On fabrique donc désormais des lymphocytes sans ce récepteur.
Pour cela on prélève des lymphocytes du patient, on envoie un virus déposer les ciseaux moléculaires. Les nucléases suppriment le gène CCR5, l’ADN se répare et on obtient des cellules modifiées qu’on va mettre en culture pour qu’elles se reproduisent par millions.

Ces cellules sont alors réinjectées au patient et deviennent naturellement résistantes au VIH.

Mais l’effet n’est pas permanent et c’est pour cela qu’on cherche maintenant à agir en amont des lymphocytes, en visant ce qu’on appelle les cellules souches hématopoïétiques. Ces cellules sont les matrices à partir desquelles naitront les cellules sanguines. Elles sont dans la moelle osseuse.

L’intérêt c’est que ces cellules s’incrustent de façon pérenne dans la moelle osseuse en évitant ainsi de devoir répéter l’opération. Il faut en effet recourir à chaque fois à un conditionnement du patient reposant sur une chimiothérapie.

Mais on ne travaille pas seulement à rendre des cellules résistantes. On essaie aussi d’amener les cellules de l »organisme à secréter de puissants anticorps capables de neutraliser le virus.

Et le succès toujours croissant de la nouvelle technique dite des cellules CAR-T provoque aussi beaucoup d’intérêt.

Ces cellules sont des lymphocytes qu’on va artificiellement « armer » en laboratoire pour aller détruire une cible bien précise. On les utilise déjà dans le traitement de certaines leucémies.
Ces CAR-T pourraient aller reconnaitre spécifiquement les cellules infectées par le virus VIH, notamment celles où il se cache. Le principe est de « réveiller » le virus dormant et de pouvoir ainsi repérer ces cellules-réservoirs et les détruire.

C’est l’existence de ces réservoirs qui fait qu’on ne sait toujours pas débarrasser l’organisme du VIH.

Plusieurs essais sont en cours et plusieurs sociétés de biotechnologie se sont lancées dans cette course qui prendra encore de longues années.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

1 réponse à CROI 2016 VIH/SIDA : le renouveau et les promesses de la thérapie gènique

  1. pasdupe dit :

    le sida, c’est déjà fini, le seul interet de ce machin c’est de banaliser définitivement et par anticipation le VIH.
    On a bien compris que l’avancée technologique est ici majeure et déterminante. A vous de faire compendre l’interet de développer à fond l’investissement dans cette voie et rapidement car la prévention à la papa c’est terminé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.