CROI 2016 VIH/SIDA: Avec l’arrivée de la PrEP il faut renforcer la surveillance des infections sexuellement transmissibles..

Toute médaille a son avers et son revers. La mise à disposition à titre préventif et prophylactique du Truvada pour les personnes ayant des conduites à haut risque, la PrEP a été saluée comme une avancée mais la montée de certaines infections sexuellement transmissibles, IST, doit amener à renforcer le suivi et la surveillance des utilisateurs

Une précision d’emblée : la progression du nombre de cas d’IST, particulièrement chez les hommes ayant des rapports homosexuels, HSH, a débuté bien avant la mise à disposition de la PrEP.

Mais pour autant les spécialistes estiment qu’il est important de mettre en place un vrai programme, un service « après vente » pour vérifier ce qui se passe dans ce domaine.

Même si une enquête anglaise a montré que les participants à l’étude PROUD, un essai sur la PrEP, sont 53% à toujours recours au préservatif, 41 % déclarent avoir revu à la baisse l’usage de cette protection.

Autre chiffre : en dix ans en Europe, Sheena McCormack de l’
University College à Londres a rappelé que le nombre de contaminations par le virus VIH avait progressé de 33 % chez les HSH.

Ces dernières années on a également constaté une progression des cas de gonorrhées, anales et orales. Une progression qui s’accompagne de la constatation de l’acquisition de résistance aux antibiotiques du germe responsable, Neisseria gonorrhoea.

Autre IST à faire la une : la syphilis dont le nombre de cas ne cesse aussi de progresser.
Et il faut ajouter à cela les infections liées aux chlamydiae et au virus HPV. Aux Etats-Unis la vaccination contre le virus HPV est recommandée chez les jeunes gays.

Cette prise de conscience de la nécessité de surveiller et de dépister les IST reste encore trop faible. Certaines recommandations sont inadaptées à la réalité de la situation.

Pour les spécialistes réunis à Boston, le dépistage devrait être trimestriel. Faire accepter cette idée n’est pas très simple mais certaines expériences méritent d’être signalées.

Ainsi à Londres, un dispensaire d’un genre nouveau accueille les hommes utilisateurs de PrEP. Le visiteur se voit remettre un kit de prélèvement et s’isole dans une cabine. Le prélèvement part instantanément au laboratoire. Un infirmier procède ensuite à la prise de sang et ç un entretien.

Quelques heures plus tard, les résultats sont envoyés par sms au visiteur.

Le principe c’est Test Treat Trace : on fait le dépistage.
En cas d’IST on traite la personne concernée. Puis on essaie de géolocaliser le foyer éventuel d’IST, car il s’agit souvent de bars, de saunas ou de boites de nuit bien identifiés. Une signalétique sur Smartphone pour les utilisateurs du dispensaire va se mettre en place signalant les endroits à risque en fonction des cas dépistés.

Et le Dr McCormack et son équipe essaient de mettre au point un système pour pouvoir informer le ou les partenaires de la personne porteuse de l’IST.
Sans une prise en charge du partenaire, Sheena McCormack pense qu’on ne résoudra rien.

Il ne reste plus qu’à trouver le moyen de le faire sans enfreindre le secret médical et le respect de la vie privée.
En France, la délivrance du Truvada dans le cadre de la PrEP s’accompagnera également d’un dispositif de surveillance. Il faut souhaiter qu’il soit adapté à la réalité des enjeux de santé publique.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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5 réponses à CROI 2016 VIH/SIDA: Avec l’arrivée de la PrEP il faut renforcer la surveillance des infections sexuellement transmissibles..

  1. Rolly dit :

    Docteur Flaysakier,

    Je laisse ce message ici car je ne vois pas d’autre possibilité de vous contacter.

    Je voudrais savoir si vous connaissez le point de vue du Pr Etienne de Harven concernant le « VIH/sida ». Je ne le pense pas, et je me permets de vous suggérer quelques lectures.

    Ce virologue émérite (spécialiste de microscopie électronique) remet en cause l’existence même d’un rétrovirus endogène humain (VIH) qui causerait le sida, aussi invraisemblable (voire pourquoi pas complotiste) que cela puisse paraître, et malgré le prix Nobel de 2008.

    Je vous laisse bien évidemment vous faire votre idée.

    Bien à vous.

    • docteurjd dit :

      Je ne publie aucun lien exterieur
      D’autre part je pense que le plus simple pour ce chercheur serait de s’injecter le sang d’une personne contaminée. Si le virus n’existe pas, il ne risque rien.

      Ce genre de théories proférées depuis plus de 25 ans a entrainé l’infection de millions de sud-africains.
      Je vous remercie de ne plus m’adresser ce genre de théories

  2. pasdupe dit :

    le seul scandale , ce sont les barrages que vous et vos amis dresser entre la PREP et ceux qui en ont besoin .

  3. Hervé Latapie dit :

    Il faut noter une particularité française dans la mise en place de la PrEP auprès du public cible homosexuel : ce sont les mêmes personnes qui sont à l’origine de l’essai Ipergay, de la promotion (pour ne pas dire lobbying en sa faveur) et aujourd’hui de sa mise en place. Coalition entre l’ANRS, VIH.org, et surtout l’association AIDES. Cette dernière se retrouve juge et partie.
    Effectivement on peut craindre pas mal d’effets secondaires et indésirables dans les années à venir si l’on continue à dépenser des millions d’euros pour dénigrer l’usage du préservatif et promouvoir la PrEP (coût exorbitant de l’essai Ipergay, et de la PrEP ensuite).
    C’est scandaleux que ce soit l’argent public qui assure la publicité pour un produit commercialisé par un laboratoire privé.

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