CROI 2016 VIH/SIDA : la prévention par anneau vaginal à la davipirine plus ou moins bien acceptée

Pour ce premier jour de la conférence CROI 2016, on attendait avec un intérêt certain le résultat d’une étude sur le rôle d’un anneau vaginal libérant de la dapivirine, un antirétroviral chez des femmes africaines. Le résultat est plutôt mitigé.

A priori l’étude s’annonçait plutôt bien. Il s’agissait de proposer à des femmes âgées de 18 à 45 ans d’accepter de recevoir mensuellement un anneau vaginal, dispositif simple à insérer. Ce dispositif libérait de façon continue de la dapivirine.

La dapivirine est un médicament dit « inhibiteur non nucléotidique de la transcriptase inverse ».
Ce médicament a pour rôle d’interférer avec une enzyme du virus qui est fondamentale à sa reproduction, la reverse transcriptase ou transcriptase inverse.

Cette enzyme est en quelque sorte l’interprète du virus pour transformer son génome qui est en ARN en ADN, comme celui de la cellule. Traduction qui permet au virus d’utiliser la machinerie cellulaire pour se reproduire à des centaines de milliers d’exemplaires.

2629 femmes de 18 à 45 ans ont été incluses dans l’étude au Malawi, en Afrique du Sud, au Zimbabwe et en Ouganda. L’anneau avec la dapivirine a été proposé à 1313 femmes et l’anneau avec le placebo chez 1316 femmes.
L’érode s’est déroulée d’août 2012 à juin 2015

Au terme de l’étude 71 contaminations sont survenues dans le groupe daviripine et 97 dans le groupe placebo

Une diminution du risque de 27 % donc. Les auteurs de l’étude ont choisi de sortir deux centres sur les 15 participant à la recherche pour mauvaise compliance, améliorant ainsi les résultats obtenus.

Mais il y a un gros point noir dans cette étude : la mauvaise adhésion au projet des jeunes femmes en dessous de 21 ans. Retrait de l’anneau, absence aux visites ont été plus fréquents dans cette tranche d’âge.
Or, en Afrique, l’âge de la première grossesse est bien plus bas que dans nos pays et le risque de transmission mère-enfant n’est pas négligeable.

Il faut donc essayer de comprendre pourquoi cette tranche de population la plus à risque est celle qui accepte le moins cette prévention.
Référence :

Abstracts 109LB et 110LB sur croiconference.org
Et
JM Baeten et al.
Use of a vaginal ring containing dapivirine for HIV-1 prevention in women
NEJM published online February 22, 2016 DOI: 10.1056/NEJMoa1505110

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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