Cancer : des avancées, des coûts impressionnants, des échecs

En cette Journée Mondiale de Lutte contre le Cancer il est bon de souligner les avancées mais aussi les difficultés et les échecs liés à la prise en charge de ces maladies.

Indéniablement, les quinze années écoulées ont marqué un bouleversement dans le domaine de la cancérologie, en particulier dans la prise en charge des cancers métastatiques, c’est-à-dire ceux qui ont essaimé à travers l’organisme et qu’on ne sait pas, actuellement, guérir.

Prenons l’exemple du cancer du rein à un stade avancé. Il y a quinze ans on n’avait quasiment rien à offrir aux patients dont l’espérance de vie après le diagnostic dépassait rarement quelques mois à un an.

Aujourd’hui on dispose d’une dizaine de molécules innovantes, prises par voie orale et qui appartiennent à ce qu’on appelle les thérapies ciblées. Elles visent une anomalie de fonctionnement de la cellule cancéreuse en épargnant théoriquement les cellules saines.

Le résultat est qu’un grand nombre de patients sont toujours vivants cinq ans après le diagnostic et malgré certains effets secondaires parfois lourds, peuvent vivre chez eux et parfois retrouver une activité professionnelle.

Autre exemple tout aussi frappant celui d’une affection hématologique, la leucémie myéloïde chronique ou LMC.
Cette maladie avait un très mauvais pronostic avec une mortalité à cinq ans qui dépassait les 80 %.
Puis est arrivée une thérapie ciblée, la première de l’histoire, l’imatinib, dont le nom commercial est le Glyvec.
Aujourd’hui ces thérapies ciblées font que 88 % des patients sont toujours vivants cinq ans après le diagnostic.

Et l’arrivée de l’immunothérapie depuis quelques années est en train de créer une nouvelle révolution.
Des molécules capables de permettre à notre organisme d’attaquer lui-même le cancer changent le devenir des malades souffrant de mélanome malin métastatique ou de cancer du poumon inopérable.

Ces révolutions ont cependant un coût et il est énorme.

Il est toujours délicat de parler d’argent quand on parle de santé mais on ne peut pas ignorer ce qui se passe dans le monde de la cancérologie actuellement.

Les traitements nouveaux peuvent coûter jusqu’à 150000 euros par an et par patient sans, pour l’instant, entrainer de guérison mais une rémission.

Ces prix élevés représentent un marché colossal, évalué à plusieurs dizaines de milliards d’euros à l’horizon 2020.

Le problème c’est qu’aujourd’hui l’industrie pharmaceutique arrive quasiment à imposer ses prix sans qu’en face les autorités des pays concernés réagissent.

Certes la Grande –Bretagne et l’Italie se rebellent et arrivent à faire baisser les prix ou à obtenir des remises en cas d’échec des traitements mais globalement c’est plutôt « open bar » pour Big Pharma.

La question c’est jusqu’à quand ? Car il existe des tommes de pathologies autres que le cancer et comment fera t-on pour soigner les personnes cardiaques, les insuffisants rénaux, les patients souffrant de bronchite chronique ?
Devra t-on renoncer aux greffes d’organes, aux médicaments antirejet novateurs par exemple ?

Et pourquoi ne développe t-on pas mieux la prévention, en particulier envers le pourvoyeur numéro un de cancers, le tabac ?

En France, 23 % des adolescents fument. En Australie seulement 3,5 %, grâce au prix du paquet aux alentours de 16€ et grâce au paquet neutre.

Enfin sur les mille femmes qui meurent chaque année en France de cancer du col de l’utérus, près de 90 ¨pourraient ne pas mourir si elles avaient des frottis de dépistage faits régulièrement. Et 50 % des femmes les plus à risque n’ont jamais de frottis, un geste que peuvent faire les médecins de famille et les sages-femmes.

Sur ce blog, en allant à la rubrique CANCER vous trouverez de nombreuses informations.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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19 réponses à Cancer : des avancées, des coûts impressionnants, des échecs

  1. max dit :

    Bonjour, c’est très interessant votre article. Merci beaucoup.

  2. Deutch dit :

    bonjour
    je viens dire merci a tous le corps médical, du centre Léon Bérard, qui me soigne depuis janvier 2015, atteint d’un cancer du poumon j’ai subit 16 chimio, et maintenant je suis sous immunothérapie, depuis février, et je me sens revivre, car il n’y a plus d’effet secondaire, je remercie la collectivité nationale (dont la sécu) de me permettre de vivre, car je sais que les traitements coute très cher. Bravo à nos chercheurs qui progressent un peu chaque jour ( ils sont 500 au centre L.Bérard de Lyon) merci a tous et bon courage et bon moral à mes amis malades. Gégé

    • docteurjd dit :

      L’immunoth »rapie est un formidable progrès. Mais il faut que la société soit vigilante car des traitements à 150000 euros par an vont vite poser des problèmes.

  3. mme de witte dominique dit :

    bjr docteur,je viens vous demandez conseille,mon mari s’est fait opéré 3 fois d’une tumeur à la vessie,2 fois au mois de septembre en intervalle de 10 jours et 1 fois au début janvier,et depuis il souffre le martyr,toujours mal dans le bas du ventre jusque dans les reins,il a perdu l’appétit malgrès les compléments alimentaires que notre médecin traitant lui a préscrit,notre urologue lui a dit d’attendre fin mars pour une nouvelle cytoscopie et suivant le résultat fera le traitement de bcgthérapie,il est toujours fatigué,manque d’entrain,le moral au plus bas malgrès le traitement antidépression,je suis fatiguée de tout sa,donner moi un conseil pour le sortir de cette roue infernale,je vous en remercie d’avance

    • docteurjd dit :

      Madame,
      Je suis désolé mais je ne donne aucun avis ou conseil personnel sur ce blog.
      Je ne connais pas le dossier de votre époux et je risquerais de dire des bêtises voire faire une erreur.
      Il faut donc vous rapprocher de votre médecin et il pourra peut-être vous adressez chez un oncologue pour avoir un second avis.
      Bon courage

  4. Gigi dit :

    Bravo Docteur !
    Merci pour vos conseils et vos informations. Vous avez mille fois raison, la prévention est essentielle. Les thérapies sont encore malheureusement trop impuissantes et l’annonce de l’oncologue à son patient métastasé que toutes les thérapies qu’il peut lui offrir ne sont que palliatives et non curatives est dévastateur pour le patient et ses proches.
    Je vous soutiens à 200% dans votre dénonciation du tabac. Diagnostiqué d’un cancer du poumon au stade 4 en février 2015, mon épouse me conduisait chez mon oncologue lorsque sur notre trajet, arrêtés à un feu rouge, je tournais la tête sur la droite et observais deux belles jeunes femmes de 25 ans environ. La conductrice fumait avec nonchalance, partageant avec son amie la toxicité de son vice. J’ai eu alors envie d’attraper un mouchoir en papier pour y cracher dedans et lui présenter les glaires de sang qui entravaient alors mes poumons. Par lâcheté ou par décence, je ne l’ai pas fait. Aujourd’hui, je suis apaisé.
    Ancien fumeur, je me suis arrêté 14 ans plus tôt et je sais d’expérience que ce n’est pas la peur qui m’a fait arrêter. C’est l’amour, l’amour de ma femme et de mes enfants.
    Enfin, pour tous mes compagnons d’infortune qui luttent contre cette maladie, que notre corps a créé, je veux vous dire que l’espoir doit toujours nous habiter. Au-delà des solutions alternatives (et toujours complémentaires à la médecine moderne), que sont la nutrition, l’activité physique, l’homéopathie, l’aromathérapie, le reiki, la thérapie cranio-sacrale, la relaxation et la visualisation créatrice, la spiritualité… et il en existe bien d’autres encore que chacun peut explorer et adopter selon ses affinités, la paix, l’amour et la joie sont des fondamentaux qui donnent du sens et de l’espoir à notre vie. Continuons, la vie est trop belle pour que l’on passe à coté.
    Enfin, j’adresse un grand merci à l’ensemble du personnel médical, qu’il soit dans la recherche ou en médecine appliquée (conventionnelle ou non). Votre tache n’est pas facile mais votre empathie nous renforce. Ne lâchez pas !
    Merci docteur !

  5. HARO Simone dit :

    Bonjour Docteur,

    J’ai vu votre intervention ce jour sur France 2 avec Elise LUCET.
    Mon époux est décédé il y a 8 mois des suites d’un cancer du Poumon (adénocarcinome) alors qu’il bénéficiait d’une surveillance par la SNCF (dépistage tous les 2 ans environ) car il avait travaillé au contact de l’amiante.
    Une erreur d’interprétation de 2 docteurs de Nimes (un radiologue et un pneumologue) en Mars 2013 ont entraîné un retard de diagnostic.
    Il a en fait été seulement diagnostiqué en novembre 2014 (avec 20 mois de retard).
    Il a quand même subit une chimiothérapie (2 cures de Carbo-Taxol) en janvier et février 2015 puis une lobectomie du lobe supérieur droit le 1er Avril 2015. Opération qui s’est très bien passée.
    Malheureusement, il a dû contracter une infection pulmonaire (mais pas découverte officiellement) qui a été traité trop tardivement (antibiothérapie donnée seulement 5 jours avant son décès). Beaucoup de docteurs sont intervenus depuis la mi -mai 2015 (moment où il a perdu son appétit et se sentait fatigué).
    Trop de laxisme dans les différents interventions des nombreux praticiens (généralistes) SOS Médecins,…
    Moralité: des milliers de jours ont été enlevés à mon époux (erreur d’interprétation de mars 2013 et suivi post-opératoire très défaillant en Avril et Mai 2016.
    Non content de vivre avec beaucoup d’amertume et de regrets car nous sommes persuadés mon fils et moi que nous pouvions le prolonger de quelques années de plus, nous sommes contraints maintenant à monter un dossier juridique avec que l’erreur d’interprétation de Mars 2013 soit réparée, si ont peut parler de réparation, car l’absence ne se répare JAMAIS.

    • valverde josé dit :

      Je vous comprend. Je le vie en ce moment retard de diagnostique sur la vessie pendant plus d’un an . Résultats quatre carcinomes dont un très très volumineux, la pois de ma prostate.

  6. oger dit :

    arrêtons de prendre Australie pour exemple pour le tabac car les chiffre son faux .en France la vente volume tabac.de l ans 2000 a 2013 nous passer de 93 millier de tonne a 58 par le réseau du tabac.ses vrais que le tabac nuit la santé .mes se qui son mort du tabac en 2015 ses pas ce qui on fumer en 2000. mes dans les année 1980. 102 337 milliers tonne de tabac vendu.voila les vrais chiffre .alors on verra combien de mort dans vingt an toujours de trot ses vrai.mes les fumeurs son adulte alors arrêtons de les infantiliser .et libre a chacun de fumée en respectant les autres fumeur non fumeur voila .alcool drogue font autan de dégât mes on n’en parle pas.la France es la première d’Europe en consommation de cannabis et Australie ??????

    • docteurjd dit :

      Continuez à argumenter sur des faits qui sont avérés depuis des décennies . Ca n’empéchera pas ceux qui connaissent ce dossier et l’épidémiologie des cancers de rappeler l’implication du tabac dans les cancers du poumon de la vessie et du pancréas entre autres.
      Et la comparaison avec le cannabis n’a aucun sens

      • Manchego dit :

        Le tabac est à l’évidence un facteur de risque pour les cancers du poumon, il suffit d’observer le pourcentage de fumeurs parmis les patients qui en sont atteints. Pour la vessie c’est sans doute aussi le cas, mais est-ce aussi évident ? (le pourcentage de fumeurs atteints est-il vraiment supérieur au pourcentage des fumeurs dans la population?).

        • docteurjd dit :

          Ce qui sort des poumons repasse dans le sang, puis le rein puis l’urine. Ce factejur de risque est très bien documenté et c’est la 1ere question posée au patient « avez vous fumé? »

  7. SCHELLENS dit :

    Opéré d’un cancer depuis 2001, jesuis en pleine forme a l’age de 75 ans. Courage a tous

  8. valverde josé dit :

    Bonjour,
    Je voulais juste vous dire que vous avez raison quand vous dite que la France est en retard en ce qui concerne la prévention et le dépistage. Mais je voulais vous dire qu’il y a aussi un manque de sérieux pour certains médecins. Il y a une course aux subventions et a la reconnaissance concernant le cancer dans certains hôpitaux.
    Je vous donne un exemple, jais eu un cancer du poumon en 2010, opéré et chimio. Ont ma proposer de faire partie d’un protocole, en me disant a ma famille et a moi même qu’il n’y avait rien de mieux. Je devait être surveiller de très très près. A la moindre alerte ils pouvaient intervenir. Bien sur pendant 5 ans tout les certains temps scanners thoracique, Abdo, Pelvien. Donc contrôle aux scanne et ensuite comme le prévoie le protocole contrôle et état des lieu avec le médecin référent. Bref aujourd’hui je me retrouve avec cancer en plus a la vessie car pendant plus d’un an il s ont complètement négliger le contrôles. Voila quand penser vous?

    • docteurjd dit :

      Ne connaissant pas votre dossier je ne peux me prononcer. mais la découverte de tumeurs au scanner ne se fait qu’à partir d’une certaine taille et il faudrait savoir s’il y avait ou non des images évocatrices sur le scanner précédent

      • valverde josé dit :

        Bonjour docteur,
        Tout d’abord merci de m’avoir répondu. Malheureusement de leurs propre aveux un an avant il était déjà visible et centimétrique, mais non signalé. Et l’erreur c’est reproduite 2 fois. Cela a fini par 4 carcinomes dont un très volumineux ( le pois de ma prostate ) et aujourd’hui j’en suis a 2 récidives malgré des instillations de chimio. Je doit reconnaître que maintenant je ne suis plus optimiste.

  9. ledentu mireille dit :

    j’ais eu un cancer du reins en 1995 et je suis encore là; donc je vous dis courage et soyez forts

  10. Vefond dit :

    Bonjour docteur j ai entendu parler pour les cancer apparemment du sein d une tisane qui vient des pays chaud le Cortisol pouvez vous me conseiller étant en traitement chimio merci beaucoup bonne journée

    • docteurjd dit :

      Je ne peux vous donner qu’un conseil : demander au service qui vous suit ce qu’il en pense ou s’il peut vous adresser au responsable des soins de support qui connait cette tisane éventuellement

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