Phlébite : une affection à ne pas traiter par dessus la jambe

Les thromboses veineuses profondes, ce qu’on appelle aussi phlébite, touchent environ cent mille personnes par an en France. L’occasion de parler de prévention primaire et secondaire.
Lorsqu’un caillot de sang vient obstruer une veine cela pose deux problèmes : un problème local car cette obstruction est douloureuse et un problème à distance avec le risque de voir ce caillot se détacher, se fragmenter et migrer dans la circulation pour finir dans les vaisseaux pulmonaires. Là, comme pour le cœur, l’obstruction d’une artère va entrainer la destruction du tissu qu’elle irrigue et constituer une embolie pulmonaire.

Le risque de phlébite est majoré lors d’immobilisation prolongée, lorsqu’on est alité après un accident ou une maladie. Le port d’un plâtre est aussi un facteur de risque.
Il faut aussi y ajouter aujourd’hui les longs déplacements en avion lorsqu’on voyage en classe économique notamment, dans des avions où il y a de moins en moins d’espace entre les sièges.
Le problème c’est que la phlébite n’est pas toujours évidente à déceler au prime abord. On peut avoir une sensation de jambes lourdes. un mollet luisant et chaud par exemple.

Un signe évocateur de phlébite est l’apparition d’une douleur quand le médecin va faire une rétroflexion du pied, c’est-à-dire le faire remonter. Ce geste peut provoquer une douleur dans le mollet, très évocatrice d’une phlébite.

Aujourd’hui l’imagerie permet de confirmer le diagnostic grâce à l’échographie qui montre bien le caillot.

Le diagnostic de thrombophlébite impose la mise sous traitement anticoagulant, d’abord sous forme injectable avec des héparines de bas poids moléculaire.

Puis le relais est pris par voie orale.
Il existe deux familles d’anticoagulants oraux : les AVK et les anticoagulants oraux directs.

Les premiers nécessitent de recourir régulièrement, toutes les 3 semaines environ à un dosage de leur efficacité par la mesure de ce qu’on appelle l’INR qui doit se situer entre 2 et 3.

Les seconds dispensent de ce dosage mais ces médicaments ne disposent pas pour l’instant d’antidote.

Il est important de respecter les durées de traitement prescrites par le médecin et de ne jamais arrêter seul son traitement.

Il est aussi très utile de porter lors de déplacements ou lors de longues stations debout des bas de contention.
Il en existe de divers modèles, bas jarrets ou bas complets, dans des textures et couleurs parfaitement à la mode !

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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5 réponses à Phlébite : une affection à ne pas traiter par dessus la jambe

  1. Pacha dit :

    Pour certains AOD, il n’est pas nécessaire de recourir à un traitement par HBPM avant et ils peuvent être introduit dès le diagnostic. C’est le cas du Xarelto et de l’Eliquis.
    Il me semble que le remboursement ne devrait pas tarder pour l’apixaban.
    Et il y a un 4eme AOD qui fera bientôt son apparition sur le marché…. (et oui encore un…)

  2. beltz dit :

    Les anticoagulants directs n’ont pas l’AMM dans la thrombose veineuse!
    cb

  3. docteurjd dit :

    Comme on dit dans les Tontons Flingueurs  » ne parle pas au cons, ça les instruit ».

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