Nobel de chimie 2015 : comment cette découverte va aider à conduire les cellules cancéreuses au suicide

Le prix Nobel de Chimie 2015 récompense trois scientifiques pour leurs travaux sur la réparation de l’ADN. Un mécanisme complexe mais très important pour la mise au point de thérapies visant à empêcher la cellule cancéreuse de continuer à vivre.

Le mot « ADN » est mis à tellement de sauces actuellement qu’on a l’impression que chacun sait de quoi on parle.
Je me limiterai donc à un bref rappel pour préciser que l’ADN est bi caténaire, c’est-à-dire composé d’un double brin, chaque brin étant complémentaire de l’autre.

Cet ADN, porteur entre autres des gènes qui constituent notre patrimoine héréditaire, se réplique au sein de nos cellules et nous en produisons environ 150 millions de kilomètres quotidiennement, soit la distance de la Terre au soleil.

Tout cela ne se passe pas sans accidents, notamment des erreurs de recopie. Mais il peut aussi y avoir des cassures de l’un des brins sous l’influence de divers facteurs allant des rayons ultraviolets à des cancérogènes du tabac.

Face aux erreurs de recopie, la cellule normale va préférer se suicider, ce qu’on appelle l’apoptose.

Face aux cassures, la cellule va tout faire pour réparer l’ADN. Des processus très complexes sont mis en œuvre d’abord pour séparer les deux brins, un peu à la façon dont on ouvre une fermeture éclair, puis des « artisans « spécialisé vont intervenir pour entreprendre la réparation des éléments rompus afin de restaurer la complémentarité entre les deux brins.

Une fois cela fait, on va refermer la fermeture éclair.

Mais il y a aussi la question des cellules cancéreuses, des cellules qui se reproduisent beaucoup, plus et plus vite que les cellules normales.

Le but des traitements c’est de provoquer des lésions de ces cellules pour les amener à se suicider.
La radiothérapie va casser l’ADN, comme certaines chimiothérapies à base d’agents dit alkylants vont briser la belle harmonie du double brin.

Mais elles savent très bien utiliser les outils nécessaires à la réparation de l’ADN.
Alors on cherche comment faire que les dommages provoqués par les traitements sur ces cellules anormales se prolongent et les mènent vers l’apoptose.

Une première famille de médicaments, appelés inhibiteurs de PARP-1, a été mise au point et vient empêcher la réparation de l’ADN.
Ces anti PARP-1 sont efficaces chez les personnes porteuses d’une mutation du gène BRCA.

On commence ainsi à voir apparaitre des résultats assez encourageants dans certains cancers de l’ovaire. On évalue aussi ce produit dans certains cancers du sein.

Si les promesses sont tenues, ce qui n’est pas encore affirmé aujourd’hui, on devrait ainsi voir apparaitre d’autres molécules de ce type qui viendront renforcer l’action des chimiothérapies et de la radiothérapie.

Tout cela grâce aux travaux du Suédois Tomas Lindahl, de l’Américain Paul Modrich et du Turco-Américain Aziz Sancar.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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