Phytothérapie : les plantes peuvent aussi être dangereuses pour la santé.

Naturel ne veut pas dire obligatoirement bon et sans danger. Une notion que ne doivent pas négliger les personnes qui ont recours aux traitements par les plantes, la phytothérapie.

En 1992 des femmes belges qui avaient consommé des gélules amaigrissantes à base de plantes chinoises, se retrouvent dans un service d’hémodialyse, de rein artificiel, avec une destruction de leur tissu rénal, destruction irrécupérable.

L’enquête montrera que les gélules contenaient un composé qui n’avait rien à y faire, l’acide aristolochique, une substance présente dans une plante appelée l’aristoloche.

Des accidents de ce type ne sont pas fréquents mais ils existent. Il y a eu, par exemple des hépatites toxiques liées à la consommation de produits à base de germandrée petit-chêne.

La phytothérapie connait un certain succès chez nous, comme dans beaucoup de pays voisins. On prête aux plantes des vertus curatives liées à un usage ancestral.
Mais on manque cruellement d’études bien menées.
Certaines de ces études évoquent un effet placebo, ce qui n’a rien de péjoratif puisque cet effet est considéré capable d’apporter une amélioration dans 30% des cas.

Il y a un certain nombre de plantes en vente libre et d’autres qui relèvent du monopole pharmaceutique. Ce sont celles qui peuvent poser divers problèmes et pour lesquelles la connaissance des plantes, la pharmacognosie, est indispensable.

Réglementairement, les choses sont bien établies :

Cela gràce à la liste BELFRIT:3 pays, la Belgique, la France et l’Italie, ont décidé en 2012 d’unir leurs efforts pour élaborer une liste commune de plantes dont l’emploi pourrait être admis sous réserve que les fabricants respectent les exigences de qualité imposées par le droit européen. Grâce au travail considérable fourni par 3 experts pharmacognostes reconnus (Robert Anton, Luc Delmulle et Mauro Serafini), le projet BelFrİt a abouti à l’établissement d’une liste de 1029 plantes et de 11 champignons).

Parmi ces plantes, il y a le millepertuis, Hypericum perforatum, ou herbe de St Jean.
Cette plante est très populaire outre-Rhin. On l’emploie dans la prise en charge des dépressions.
Elle est vendue aussi chez nous.
Mais attention ! Cette plante peut aider à passer le cap, très transitoire, d’un épisode dépressif léger. Mais en aucun cas elle ne viendra à bout d’une dépression sévère et des risques qu’elle comporte, notamment le risque suicidaire.

Et le millepertuis interfère avec un certain nombre de médicaments, notamment les anticoagulants de la famille des anti-vitamine K ou AVK, avec la ciclosporine, avec les anti-protéases utilisées dans le traitement du VIH et de l’hépatite C.

Et le millepertuis peut aussi interférer avec la pilule contraceptive, en diminuant son efficacité et en prouvent donc entrainer une grossesse non désirée.

D’une façon générale, il est important quand on a recours à la phytothérapie et plus largement aux méthodes alternatives et complémentaires, d’en avertir son médecin.

Le médecin pourra ainsi être au courant de la prise de ces produits et vérifier s’il n’y a pas un risque éventuel d’interférence avec sa prescription.
Cela pourra aussi l’aider éventuellement face à une anomalie biologique, une élévation des transaminases hépatiques, par exemple, dont la nature ne paraitrait pas évidente.

Enfin et c’est très important, il faut savoir en parler lorsqu’on est en soins pour une affection cancéreuse.
Nombre de personnes traitées pour un cancer ont recours aux médecines alternatives et complémentaires. Très peu en parlent aux spécialistes qui les suivent.
Or, il peut y avoir des interférences entre la phytothérapie et la radiothérapie, avec, pour conséquences, des brûlures de la peau.

 

 

LIRE

La fiche de l’ANSM sur le millepertuis et ses interférences

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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8 réponses à Phytothérapie : les plantes peuvent aussi être dangereuses pour la santé.

  1. lebrun lucienne dit :

    bonjour moi je prend du guarana ,fumeterre , piloselle ! pour bruler mes graisse car je fais un régime ,pouvez vous me dire si c est dangereux ? Merci

  2. Santé nature innovation dit :

    Cet article témoigne de toute votre rigueur merci

  3. persea dit :

    Au sujet des plantes utilisées en phytothérapie, je vous rejoins totalement dans un climat d’angélisme parfois vis à vis des médecines naturelles et des simples et je pense qu’il faut également étendre la vigilance par rapport aux automédications en prélevant directement dans la nature avec les risques de confusions botaniques et des variations parfois très importantes entre les chémotypes dans un même genre voire espèce végétales. Les derniers accidents qui me viennent à l’esprit concernent l’usage de Colchique automnale en tisane à la place du médicament qui contient de la colchicine thérapeutique et de l’If (Taxus baccata) également en tisane à la place des anticancéreux. Les deux patients sont morts « guéris ». Une autre remarque est sur Hypericum perforatum, le risque en cas d’exposition solaire postérieure à la prise orale de développer une phototoxicité. En tout cas merci d’alerter nos contemporains sur les risques de ces médecines naturelles si elles ne sont pas correctement encadrées médicalement.

  4. chenel dit :

    bonjour je suis agée de 58ans depuis ma ménopause ma libido a beaucoup diminué il y aurai t il une plante qui pourrai m aidé car mon medecin n’a pas de solution merci

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