Greffes d’organes : plus fréquentes et mieux tolérées

Avec près de cinquante-cinq mille personnes porteuses d’un organe greffé à la fin 2014, la transplantation ne cesse de progresser en France. Il faut y voir les progrès de la chirurgie mais aussi la rançon du vieillissement de la population et l’élargissement des indications de transplantation.

 

L’irruption du cœur artificiel Carmat a laissé croire que la quête de donneurs d’organes allait être résolue. Mais la réalité est tout autre puisque ce cœur artificiel ne pourra être posé que chez certains patients, ceux en particulier ayant un thorax suffisamment large pour accepter l’appareil.

 

Les greffes d’organes restent donc un vrai sujet d’actualité d’autant qu’aujourd’hui, on est amené à pratiquer de plus en plus de transplantations.

 

Il y a diverses raisons à cela. Le vieillissement de la population est un des facteurs d’explication. Actuellement, par exemple,  les patients diabétiques vont être traités pour les divers facteurs de risque cardiovasculaires par exemple, leur espérance de vie s’allongera d’autant. Les risque d’atteinte rénale grave  sera donc lui aussi augmenté et pourra nécessiter de recourir à la greffe.

 

Le rein est d’ailleurs l’organe le plus greffé avec une particularité : un greffon sur six provient d’un donneur vivant.

Les progrès thérapeutiques ont fait qu’on ne recherche plus à tout prix une compatibilité absolue sur six critères. On est donc un peu moins regardant de ce côté mais on essaie surtout d’apparier les âges du donneur et du receveur.

 

Et on peut aussi aujourd’hui proposer des traitements anti-rejet efficaces et adaptés à chaque patient, plutôt que de donner un lourd traitement standard comme c’était le cas il y a encore seulement cinq ans.

La recherche s’oriente désormais vers des traitements qui amélioreront d’emblée la tolérance au greffon, en agissant sur certains globules blancs, les lymphocytes Treg, qui recevront l’ordre de ne pas attaquer l’organe transplanté

 

Autre organe de plus en plus transplanté : le foie, notamment chez les patients traités pour ce qu’on appelle un cancer primitif du foie ou hépatocarcinome. Une fois le cancer traité et guéri par les moyens classiques on prévient la récidive par une greffe hépatique.

 

En France, le don d’une partie du foie, le lobe gauche, à partir d’un donneur vivant reste extrêmement rare, 15 cas sur 1000 greffes l’an dernier, mais devrait augmenter considérablement dans les années à venir.

La greffe de foie a été ouverte depuis quelques années aux patients atteints de formes graves de cirrhose alcoolique. Cette indication a soulevé de nombreuses questions éthiques puisque certains patients, rares toutefois, continuent à boire une fois greffés.

 

On greffe toujours beaucoup de cœurs mais moins qu’avant car il existe aujourd’hui différentes techniques et traitements qui permettent de maintenir une fonction cardiaque suffisante en attendant un éventuel greffon.

 

Les greffes de poumon sont, en revanche, en pleine expansion. Outre la mucoviscidose, on tente de plus en plus souvent des greffes chez des personnes porteuses d’emphysème ou souffrant de BPCO, broncho-pneumopathie obstructive chronique, deux pathologies fortement liées à la consommation de tabac.

 

Ces progrès ne doivent pas cacher qu’on manque encore cruellement d’organes à) transplanter.

Même si, théoriquement, toute personne est censée être donneuse sauf si elle a manifesté une volonté contraire, les équipes médicales interrogent toujours les familles.

 

Et ce n’est pas simple, au milieu d’un drame souvent brutal, de dire oui si on ne sait pas quelle était la volonté du défunt.

Il faut également que les rites funéraires puissent être respectés quelle que soit la religion et les hôpitaux ont des progrès à faire dans ce domaine.

 

Il est donc important si on souhaite être donneur de le faire savoir en portant une carte obtenue auprès d’une association et d’en informer ses proches, afin qu’ils sachent quelle était la volonté du défunt.

 

Si on s’oppose au don on peut le faire savoir en s’inscrivant sur le registre national des refus.

 

Toutes ces informations figurent sur le site de l’Agence de la Biomédecine  dondorganes.fr

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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5 réponses à Greffes d’organes : plus fréquentes et mieux tolérées

  1. Audrey dit :

    Bonjour Docteur
    j’ai envie de faire la chirurgie esthétique au niveau de mes seins sans qu’on me pose les implant mammaire est ce que c’est possible ? pour le moment je n’ai pas encore contacter un chirurgien mère d’un garçon.
    Merci

  2. Bonjour Docteur
    atteinte d une fibrose du foie de stade 2 et aaprès avoir consulté plusieurs docteurs sans resultats !!! je voudrais saoir si oui ou non je pourrai beneficier d’un traitement enfin efficace ou vais devoir subir une greffe du foie dans quelques années ?
    Merci pour votre réponse

    • docteurjd dit :

      C’est votre médecin traitant et le gastro-entérologue qui vous suivent qui sont les seuls à pouvoir vous apporter cette réponse. Ils connaissent votre dossier , moi non.

  3. Eric Le Pargneux dit :

    Merci pour cet article qui est une bonne mémoire des infos présentées dans le journal de Elise Lucet.

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