Mal des transports : pas de solution miracle mais des erreurs à éviter

A l’approche de l’été et des grands trajets revient l’angoisse du mal des transports, affection fréquente et mystérieuse. Avec une particularité notable : près de deux tiers des traitements utilisés sont délivrés directement par les pharmaciens, sans intervention du médecin.

Vous êtes à l’intérieur d’un bateau, la mer est un peu forte et il y a du tangage. Les capteurs de vos muscles et de nos articulations sentent que vous bougez, votre organe de l’équilibre dans l’oreille interne perçoit le déplacement, mais vos yeux voient devant eux une paroi immobile.

Ces informations contradictoires vont arriver au cerveau qui ne va plus rien y comprendre et réagir en libérant des médiateurs, comme l’histamine ou l’acétylcholine.

Cette libération va entraine une cascade de réactions, bâillements, pâleur, nausées et vomissements incoercibles.

Ce mal des transports, appelé aussi cinétose, reste assez mal expliqué. On sait qu’il touche fréquemment les enfants entre 2 et 12 ans, souvent plus les filles que les garçons et qu’il s’atténue avec l’âge.

Mais le mal de mer touche aussi les adultes et on estime que 2 % des marins y sont soumis tout au long de leur carrière !

C’est évidemment lors des déplacements en voiture que ce mal des transports pose le plus de problèmes aux parents.

Pour essayer d’en prévenir la survenue, il y a des mesures à prendre, bien que leur efficacité ne soit pas totalement garantie.

Il ne faut pas voyager le ventre vide ou le ventre trop plein. Imaginer qu’en laissant l’enfant le ventre vide préviendra les vomissements est une erreur. Ils seront toujours là et encore plus douloureux en raison des sécrétions acides.
De plus, le risque d’hypoglycémie n’arrangera en rien la situation, bien au contraire.

Manger très sucré ou trop gras n’est pas une bonne chose non plus puisque cela ralentira la vidange de l’estomac.

Il faut donc préférer un repas léger avec des aliments solides, en évitant les matières grasses et le café au lait.

Dans les moyens non médicamenteux on peut aussi ajouter pour les plus petits un rehausseur de siège qui leur permettra de regarder à l’extérieur de la voiture et ainsi les informations envoyées au cerveau auront une certaine cohérence. Eviter de lire ou de fixer trop longtemps un jeu vidéo, porter des vêtements peu serrés et pas trop chauds.

La conduite doit aussi être souple sans succession d’accélérations-décélérations qui « chahutent » l’oreille interne. Et bien sûr pas de fumée de cigarette dans l’habitacle.

Pour ce qui est des traitements, il y a des antihistaminiques bloquant les récepteurs H1. Il y a deux grandes familles de médicaments à base de dimenhidrinate et diphenhydramine.

Ces produits sont délivrés sans ordonnance, au contraire des patches à base de scopolamine, réservés à des cas plus sévères.

Près de deux tiers des produits utilisés contre le mal des transports sont, en fait, délivrés directement par le pharmacien. Hormis les produits signalés plus haut, les pharmaciens proposent des traitements homéopathiques.
Ignorant tout de cette discipline je ne peux donc me prononcer sur son efficacité.

L’aromathérapie est également prescrite mais pas chez le jeune enfant, ni la femme enceinte.
On trouve également en officine des bracelets qui stimulent un point d’acupuncture réputé combattre les nausées et vomissements.

Le rôle de conseil du pharmacien est donc important et ne soyez pas surpris s’il s’inquiète des autres traitements que vous prenez car certains médicaments contre le mal des transports peuvent majorer, par exemple, un risque d’hypotension artérielle.

Certains autres contiennent de la caféine qui, ajoutée à celle présente dans des boissons, peuvent poser problème chez des jeunes enfants.

Dernier conseil : pensez aux petits sacs étanches comme ceux qu’on trouve dans les avions au cas où tous les remèdes énumérés plus haut ne seraient pas efficaces !

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Mal des transports : pas de solution miracle mais des erreurs à éviter

  1. ARNOLI dit :

    quelques séances optocinetique avec un rééducateur vestibulaire peu donner des résultats très satisfaisant

  2. Michel dit :

    Ayant beaucoup navigué je vous recommande un aliment simple: la banane. Elle tamponne bien l’acidité gastrique, et a le même gout à l’aller et au retour….
    Ce n’est pas une plaisanterie, nous en emmenons toujours pour cela en croisiere au cas ou le temps se gaterait alors que nous ne serions pas encore amarinés.

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