Cancer/ ASCO15 : Métastases cérébrales, moins irradier pour de meilleurs résultats.

Faire moins et faire mieux , c’est le message que veulent faire passer des radiothérapeutes dans le cadre du traitement des métastases cérébrales des cancers.:

La découverte de métastases cérébrales lors du suivi d’un patient atteint de cancer, comme par exemple le mélanome malin, les cancers du sein du colon et du poumon, complique souvent les choses .Le cortex cérébral n’est pas, en effet la zone la plus aisée à traiter et la possibilité d’intervenir chirurgicalement et de pouvoir enlever la lésion tumorale métastatique est fort peu courante.

En fonction des zones du cerveau sur lesquelles elles se développent, les métastases cérébrales génèrent des troubles divers. Elles sont ainsi parfois révélées par des troubles du comportement apparus soudain et qui vont amener à faire appel à l’imagerie médicale, notamment l’IRM, pour essayer de les mettre en évidence.

On dispose de moyens médicaux, comme les corticoïdes à haute dose et de la radiothérapie sous diverses formes, notamment maintenant ce qu’on appelle de la radiochirurgie.
Ce sont des appareils dont le rayon peut être concentré et focalisé sur la zone tumorale avec une extrême précision et qui tels des bistouris vont en quelque sorte « découper » une grande partie de la lésion entrainant sa destruction nécrose.
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Classiquement, chez les patients concernés, on pratique une irradiation totale du tissu cérébral. Cette technique permet d’obtenir pendant un certain temps une rémission avec disparition provisoire des lésions.

Mais elle n’est pas sans conséquence, notamment sur les fonctions cognitives comme la mémoire ou l’élocution.

Une étude américaine, baptisée ALLIANCE et présentée le 30 mai 2015 lors d’ASCO15 a choisi de comparer deux méthodes:

La radiochirurgie stéréotaxique suivie d’une irradiation totale du tissu cérébral et la radiochirurgie seule.

Les patients concernés de vaient avoir de 1 à 3 métastases, chacune n’excédant pas une taille de 3 cm.

L’adjonction de l’irradiation totale était justifiée, a priori, par des études montrant que cette méthode éliminait plus de lésions que la radiochirurgie seule et qu’elle diminuait d’un tiers la récidive.

Mais ces avantages ont un prix non négligeable sur la qualité de vie.

Ils ont ainsi constaté que dès le troisième mois, les troubles cognitifs étaient apparus chez 92% des patients irradiés totalement et chez 64 % seulement pour le traitement par radiochirurgie.

Mémoire immédiate, mémoire ancienne et communication verbale étaient beaucoup plus affectées dans le groupe ayant reçu une irradiation du cortex cérébral en entier.

D’autre part en termes de longévité, il n’y a eu aucune différence entre les deux groupes. Les bénéfices de l’irradiation totale sur la disparition des métastases et le freinage à leur réapparition n’a pas eu de traduction clinique.

Face à de petites localisations, les auteurs de l’étude prônent donc le recours à la radiochirurgie stéréotaxique , demandant que l’irradiation totale soit réservée aux cas d’extrême urgence ou aux soins palliatifs de toute fin de vie.

La radiochirurgie stéréotaxique permet de repérer très précisément la zone qui va être frappée par le rayonnement. Elle impose des manipulations un peu lourdes et assez spectaculaires comme la pose d’un cadre qui enserre la tête.

Les équipements sophistiqués, type Cyberknife ou Gammaknife, coûtent très cher et seule une poignée de centres en France, publics et privés en sont équipés.
Référence :
Abstract LBA4
Auteur Paul D Brown et al.
Accessible sur abstracts.asco.org

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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