CANCER/ ASCO15 : une nouvelle place pour la chimiothérapie dans le cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est le seul des quatre tumeurs les plus fréquentes (sein, poumon, colo, prostate) à ne pas bénéficier d’un protocole de chimiothérapie bien établi. « Etait » devrait-on dire car les résultats présentées lors de la conférence ASCO15 montrent que dans certains cas, une chimiothérapie d’emblée diminue le risque de rechute et réduit la mortalité.

Il y a dix ans seulement que la chimiothérapie et plus précisément le docetaxel (Taxotère) est entré dans l’arsenal thérapeutique du cancer de la prostate.

Cette chimio était réservée aux patients dont la maladie continuait à évoluer malgré le traitement anti-hormonal.

 

Depuis, diverses études se sont succédé pour voir si une intervention plus précoce du taxane aurait un intérêt.

 

Les études ont concerné des patients chez lesquels on découvrait d’emblée des métastases. Puis d’autres études ont inclus des patients atteints d’un cancer localisé à haut risque.

Derrière ce terme, on classe des hommes porteurs d’une tumeur qui a dépassé les limites de la glande, ce qu’on appelle la capsule, mais aussi ceux dont les biopsies montrent des lésions classées par un indice dit « Score de Gleason » supérieur à 8, sur une échelle de 10 . Enfin le troisième critère de gravité est un taux de PSA supérieur à 20.

 

Trois études ont incorporé des patients porteurs d’un ou plusieurs critères de gravité : une américaine, une britannique et une française, GETUG12. Cette dernière a été coordonnée par le Pr Karim Fizazi, de l’Institut Gustave Roussy à Villejuif.

 

Les trois études montrent que l’ajout de docetaxel freine la progression de la maladie et permet de réduire le risque de rechute.

 

L’étude américaine et l’étude anglaise montrent également que la mortalité est diminuée, tendance qu’on retrouve aussi dans GETUG mais pas de façon statistiquement significative.

 

Il ne fait donc aucun doute que sur les cancers de la prostate métastatique d’emblée, en plus du traitement hormonal anti-androgénique, on proposera immédiatement la chimiothérapie par docetaxel si l’état du patient le permet et, bien évidemment s’il l’accepte après avoir pesé avantages et risques. Une balance qui s’imposera d’autant plus que le patient avance en âge et que son état général est altéré.

 

La question est de savoir si, chez les patients atteints d’une tumeur localisée à haut risque mais sans métastases, il faut introduire également la chimiothérapie.

 

Une étude américaine présentée aujourd’hui à Chicago et qui a inclus 502 patients  a montré après quatre ans de suivi une réduction du risque de progression de la maladie et  une réduction de la mortalité par rapport au groupe traité de façon conventionnelle.

 

Cette différence est assez faible, certes, mais le suivi n’a été que de quatre ans.

Karim Fizazi estime que cette différence, également constatée dans une grande étude britannique STAMPEDE se confirmera avec le temps.

 

Administré en six cycles, chacun séparé de trois semaines, le docetaxel  peut entrainer des effets secondaires parfois sévères. Ce qui impliquera d’être sûr que les patients concernés recevront une information complète pour  choisir ou non de recevoir ce traitement en complément de l’hormonothérapie

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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