Une patiente qui parle et ça décoiffe !

Il y a bien longtemps que je n’avais accueilli une invitée sur ce blog. Je répare donc cette carence avec le texte que m’a adressé Josette Chemoul.
Je la remercie d’avoir accepté que je le publie.

 

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre blog, notamment le chapitre relatif aux graves carences de la France concernant la fin de vie.

Je dois tout d’abord préciser certaines choses. Je suis diabétique type 1 depuis l’âge de 10 ans (diagnostiquée en 1949) soient bientôt 66 ans de vécu avec le diabète. J’ai maintenant 76 ans et forte d’une expérience qui n’est plus à prouver compte tenu de mes excellents résultats et de mon excellente gestion du diabète depuis longtemps, j’ai constaté maintes fois :
a) pour ce que je sais du diabète… mais d’autres domaines sont hélas également très en retard… que le diabète est encore enseigné au 21ème siècle en fac de médecine comme dans les années 80 ! Je n’aborde que ce sujet mais il y aurait encore beaucoup à dire sur d’autres domaines médicaux qui retardent considérablement car j’ai plusieurs pathologies, ai des connaissances médicales et suis plutôt intelligente ;
b) je n’ai jamais compris pourquoi en France, tant de médecins sont si vaniteux et si prétentieux alors que la première qualité d’un médecin devrait être l’humilité ;
c) j’ai compris depuis longtemps (et j’ai également des médecins dans ma famille qui se refusent à recevoir les visiteurs médicaux) que le diabète ne sera jamais guéri pour une raison simple : non pas que je n’aie pas confiance en la recherche médicale mais simplement parce que les chefs d’orchestre de la médecine sont les labos pharmaceutiques qui, à coups de cadeaux royaux car ils ont BESOIN des prescripteurs, donc les labos ont tout intérêt à assurer un certain confort aux diabétiques de tous types pour leur permettre de vivre longtemps en restant des consommateurs au long cours…

Alors que des systèmes non invasifs seraient possibles au lieu des gadgets de toutes sortes pour mesurer la glycémie, entre autres “sans se piquer” : ah ! le fameux Freestyle Libre… qui ne comporte aucune alarme hypo/hyperglycémie : à la longue et avec un diabète mal traité pendant longtemps faute d’avoir disposé de moyens efficaces pendant trop longtemps, les neuropathies autonomes et périphériques empêchent de ressentir les hypoglycémies, surtout nocturnes, donc de se manifester par des symptômes précurseurs avant de devenir sévères voire d’entrainer soit comas hypoglycémiques soit comas acidocétosiques ou hyperosmolaires)… Comme “avancée” (considérée comme telle par les diabétologues alors que ce système n’est pas du tout adapté à certains diabétiques comme moi et d’autres), on pourrait faire beaucoup mieux ! Quant à la recherche concernant le pancréas dit “bionique”, comme disait Françoise Sagan, je préfère en rire de peur d’avoir à en pleurer car il présente beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages POUR LE PATIENT (glucagon… pas évident… (mes remarques personnelles sont en rouge sur le lien) et nombreuses :tubulaires : c’est démentiel ! quel “confort “ ! C’est à mourir de rire !
d) Vous risquez de me trouver “sévère” mais j’ai baptisé l’ordre des médecin “la mafia”. Certes, il faut éviter les manquements à l’éthique mais je connais certains médecins ayant fait partie de l’Ordre dont un de ses anciens Présidents… dont les compétences médicales ne sont pas des plus recommandables.

Je sais parfaitement les pressions exercées sur les médecins tant libéraux qu’hospitaliers, par un système qui est pourri de plus en plus par souci de rendre la médecine “’productive” et “économique” (AU DETRIMENT DES PATIENTS ET DES MEDECINS) et là aussi je préfère en rire car notre système se sécurité sociale qui était génial après la guerre, personne n’a voulu y apporter le moindre changement et surtout pas les divers gouvernements car en France, dès qu’on veut changer quelque chose, tout le monde manifeste et proteste. Donc IMMOBILISME TOTAL !… Est-il normal que tant de français renoncent à se faire soigner alors que certains étrangers sans papiers le sont gratuitement ? Bien sûr qu’humainement parlant, on ne peut pas laisser mourir des misérables sous prétexte qu’ils sont étrangers… Mais nos finances sont exangues, donc de plus en plus de français renoncent à ser faire soigner. Est-ce normal ? Est-ce acceptable ?

Je précise qu’en l’état actuel des choses, ma plus grande terreur serait, en vieillissant, de tomber sous entière dépendance médicale… Parce que j’ai constaté que beaucoup trop de jeunes médecins ignorent totalement la Loi Léonetti … qui va subir quelques modifications mais comme vous le dites à juste titre, ne va pas être traitée comme elle le devrait et donc, on risque de continuer à “tourner en rond”.
En France il y a beaucoup trop de bofs… et pourtant il y a quand même de la matière grise ! JE SUIS ECOEUREE !

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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10 réponses à Une patiente qui parle et ça décoiffe !

  1. Lucille dit :

    Merci d’avoir accueilli mon commentaire.
    J’aime la liberté d’expression et crois aux vertus du dialogue.
    Je m’interroge sincèrement sur la candeur sélective des personnes persuadées que les problèmes ont une unique source; leur « solution » si on devait les prendre au mot se résumerait à exclure. Mais alors, retournerions-nous à une vie sauvage ou seul le plus fort survit!

    Pour ma part, je ne consulte plus du tout en médecine classique, pour la simple raison que nous ne parlons pas le même langage. Comment alors se comprendre et s’accorder?
    Pour autant, derrière chaque professionnel de santé, il y a un humain, pas encore un algorithme, alors je voudrais leur rendre hommage, car j’ai rencontré quelques belles personnes.
    bonne soirée 🙂

  2. Lucille dit :

    Bonjour,
    Je souhaite en toute bienveillance relever les propos de Josette Chemoul lorsqu’elle écrit ceci : « Est-il normal que tant de français renoncent à se faire soigner alors que certains étrangers sans papiers le sont gratuitement ? Bien sûr qu’humainement parlant, on ne peut pas laisser mourir des misérables sous prétexte qu’ils sont étrangers… Mais nos finances sont exangues, donc de plus en plus de français renoncent à ser faire soigner. Est-ce normal ? Est-ce acceptable ? »

    Pourquoi juste relever cette partie du témoignage? Parce que je me demande si tout ce qui est exprimé ne l’est pas dans ce seul but de ce message là.
    La maladie certes peut rendre sombre, désespéré, mais doit-on y perdre son humanité?
    Doit-on mériter d’être soigné, alors sur quels critères? J’espère ne pas être la seule à ne pas cautionner!
    Bien cordialement

    • docteurjd dit :

      Votre remarque est tout à fait légitime. J’ai ouvert cette page du blog parce que je crois important, par moments, d’entendre et de lire d’autres avis que les miens.
      Il est bien évident qu’en dehors de propos qui seraient diffamatoires, racistes ou enfreindraient la loi, je n’exerce pas de censure sur ce texte.
      Pour autant je le publie sans pour autant considérer que j’en approuve entièrement la teneur.

      Et je suis content que vous réagissiez car c’est le but aussi de cette tribune ouverte

  3. Boutonnet dit :

    Je suis heureux de lire de tels commentaires. cela rejoint ce que je ressens depuis bien longtemps. Une anecdote : Une jour j’étais chez mon médecin généraliste (chez qui je suis client depuis >30 ans) et j’en profitais un peu, il faut le dire, (car je n’aime pas trop aller chez le médecin et j’attends toujours la dernière limite) pour lui dresser la liste de mes maux : grosses migraines par ci, douleurs articulaires par là… Mon médecin ma interrompu et m’a expliqué qu’il ne pouvait pas tout traiter en 1/4 d’heure et que chaque pathologie devait faire l’objet d’une consultation. La question est : Le médecin doit il soigner un patient ou une maladie ? je lui ai proposé de prendre 5 consultations à la suite de passer, entre chacune, 1 mn dans sa salle d’attente. Doit-on en venir là ?

    • docteurjd dit :

      Juste une remarque : il est difficile pour un médecin derésoudre en 2 secondes chaque parhologie. Il n’est pas un distributeur automatique de traitements. Vous n’iriez pas chez votre garagiste prendre rendez-vous pour une vidange et lui demander une révision complète de votre véhicule en 30mn !

  4. Chemoul Josette dit :

    Oui, bien entendu ! L’industrie pharmaceutique n’est pas seule en cause dans les dérives mais j’ai voulu faire court car il y a énormément à dire sur les carences chez nous. J’ai également subi des erreurs médicales gravissimes aux urgences mais pas seulement, qui ont failli plusieurs fois me coûter la vie si je n’avais pas usé de ma redoutable énergie pour convaincre les médecins en questions qu’ils étaient dans l’erreur et que je risquais gros s’il poursuivaient dans leur voie. La formation, bien que les études médicales soient très longues, est encore insuffisante, c’est pour moi une évidence. Le système j’en ai parlé : il me fait très peur vu la tournure que ça prend. Quant au numerus-clausus que l’Ordre des Médecins a enfin consenti à augmenter quelque peu, il reste insuffisamment à mon avis. Et compte tenu de la tournure des décisions politiques beaucoup de jeunes ne veulent plus faire de longues études pour des honoraires (sauf chez certains), des horaires, des astreintes et des charges qui trop souvent les épuisent donc le patient moins bien soigné par un médecin qui n’a pas toujours le temps et suffisamment de concentration pour exercer la bonne médecine qu’il souhaiterait.
    La médecine n’est plus un sacerdoce : les jeunes médecins veulent aussi pouvoir consacrer du temps à leur famille, ce qui peut se comprendre.

    Ah oui, la curiosité en effet ! Je connais des diplômés qui se contentent de leurs diplômes et de ce qu’ils ont appris mais qui n’ont pas suffisamment de curiosité intellectuelle pour avancer. Je dis souvent à mes amis en riant que personnellement je ne commencerai à vieillir que lorsque je n’aurai plus envie d’apprendre.

    • docteurjd dit :

      Juste un mot sur le terme ‘sacerdoce’. Je crois, à titre très personnel, que j’ai plus confiance en un médecin qui exerce la médecine comme une profession plutôt que comme un sacerdoce. Le professionnel connait ses limites et n’est pas habité par la volonté absolue de vouloir guérir son patient alors qu’on sait que ce sera impossible

  5. dr niide dit :

    Merci de ce message salutaire pour notre profession.
    Bien sur j’ai eu envie de tempérer ces propos mais je ne m’en sent pas le droit. Je suis médecin généraliste et bien que j’essaye ne pas être ce que vous décrivez, je n’en suis pas sur. Seul les patients que je suis pourraient le dire. Je peux par contre essayer une explication à ce naufrage que vous décrivez.
    Si autant de médecins ont ce comportement, ce n’est pas seulement parce qu’ils sont sous dépendance. Si la mainmise de l’industrie pharmaceutique expliquait à elle seule les errements de notre médecine, y parer serait moins difficile.
    La cause principale est que les futurs médecins sont sélectionnés et formés pour être des prescripteurs, pour traiter des maladies, mais ni pour écouter ni pour soigner les malades.

    • docteurjd dit :

      Je pense que Mme Chemoul vous répondra. je tiens à dire, pour ma part, que je partage grandement votre analyse et que je ne crois pas effectivement qu’il faille tout réduire au monde de l’industrie pharmaceutique. Il y a de vrais problèmes de formation, de terrains de stage qui correspondent peu ou prou à la vie réelle, à la démarche compagnonnique de celles et ceux qui forment les médecins à l’hôpital. Mais il y a aussi l’initiative propre à chaque futur médecin, la curiosité, la volonté de ne pas attendre la becquée et de forger ses connaissances, sa personnalité et son futur.

    • Chemoul Josette dit :

      En réponse au Dr Nilde :
      Voici ma réponse au Dr Nilde :
      Et oui ! ! les jeunes médecins soignent des maladies et non des malades… Ca me rappelle les années 60/70 : le temps des mandarins qui ne regardaient même pas le patient. Remarquez que maintenant ils regardent leur écran d’ordinateur et peu le malade… Ce n’est pas mieux. Enfin j’ai mis de longues années à trouver enfin un généraliste suffisamment à l’écoute pour entendre ce que je lui dis. A l’hôpital, beaucoup de médecins attendent souvent des patients “oui Docteur” et les infirmières “oui Madame”. Parfois, ne voulant pas les contrarier avec ma forte personnalité, j’attends mes ordonnances et je continue à gérer mon diabète et basta.

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