Vaccin contre le rotavirus : quelques informations

Surveillés étroitement depuis 2012, les deux vaccins contre les rotavirus font aujourd’hui l’objet d’une mise au point de la part de l’Agence de sureté du médicament.

Le rotavirus est responsable de 40 à  80 % des cas de gastro-entérites chez l’enfant de moins de 1 an.
Cette gastro-entérite peut être extrêmement sévère et conduire à une déshydratation aigue nécessitant une hospitalisation en soins intensifs.
On estime que les gastro-entérites à rotavirus entrainent 18000 hospitalisations par an et une dizaine de décès. Ce dernier chiffre concerne des suspicions de décès extra-hospitaliers liés à l’infection.
On dispose depuis 2006 et 2007 de deux vaccins administrés par voie orale pour protéger contre ce rotavirus.

Ces vaccins ont des effets secondaires  bien connus, dont ce lui d’invagination intestinale aigue, IIA. Une partie de l’intestin va se retourner en doigt de gant et pénétrer dans l’autre partie de l’intestin et progresser sous l’action des mouvements naturels appelés péristaltisme.
Tout cela conduit à une occlusion intestinale.

Chez le petit enfant de moins d’un an cela va se manifester par des douleurs abdominales avec, au moment des crises une grande pâleur, des vomissements et des selles sanglantes.

C’est une grande urgence médicale.

Les vaccins contre le rotavirus sont associés de façon très rare à de tels accidents, dans le mois qui suit la vaccination, le pic étant du 7ème au 10ème jour post vaccinal.

Selon les diverses études, le taux varie de 1 à 10 cas pour 100000 doses administrées.

On se trouve donc confronté à la traditionnelle question de la balance entre risques et bénéfices. Il est important que toutes les informations soient données aux parents dont le nourrisson est susceptible d’être vacciné et qu’ils prennent en accord avec leur médecin la décision qui leur semble la plus raisonnable.

Dernier point, aucun des deux vaccins n’est pris en charge. Le coût dépasse les 100 euros.

Lire l’avis du haut Comité de santé Publique de 2010 Vaccins rotavirus avis HCSP 2010

La lettre de l’ANSM aux professionnels de santé Vaccin rotavirus lettre ANSM avril 2015

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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7 réponses à Vaccin contre le rotavirus : quelques informations

  1. Magali Gallie dit :

    Je parle du rotateq et effectivement il ne s’agissait pas d’injection mais de prise orale

  2. Magali Gallie dit :

    Bonjour,
    Je viens de découvrir avec horreur les possibles effets secondaires de ces vaccins. Mon fils à reçu sa seconde injection le 3 mars 2013, il était alors âgé de 3 mois. 4 jours après, son transit était à l’arrêt complet, se tordait de douleurs. Mon pediatre, que j’avais appelé pour savoir quoi faire m’annonce qu’il a des coliques, rien de grave. En pleine nuit, ne supportant plus de l’entendre souffrir, je l’emmène aux urgences. L’interne me hurle déçu, je suis une mère stressée pour une petite constipation. .. elle veut nous laiser partir sans auscultation. J’insiste, il y a du sang dans sa couche. Elle appelle le chef de service qui lui demande de faire passer une radio. Le radiologue confirme que les intestins sont pleins et qu’il faut faire une echo en urgence. L’interne s’énerve, il est 6 h du matin, elle nous jete en hospitalisation pediatrique sans aucunes indications à ses collègues. Une infirmière vient me voir, la plus âgée des infirmières est appelée car les pédiatres n’arrivent qu’à 10h. L’infirmière prend sur elle de faire passer l’echographie sans avis des pediatres. Heureusement pour nous, l’echographiste est rapide. Il demande l’avis de sa supérieure, les intestins sont saturés. Un avis chirugical est demandé. 7 fecalums obstrus les intestins de mon petit bonhomme. Heureusement, les infirmières lui font un lavement et l’opération ne sera pas nécessaire. En revanche, on nous annonce une probable intolérance au lait de vache. Un mois plus tard 3 eme rappel de vaccins. On recommence, sauf que je détecte immédiatement le problème et faire moi même des lavements à mon fils. À aucun moment on ne m’a dit que ces vaccins pouvaient être la source de ses problèmes. Son manque d’appétit et l’arrêt de son transit ont été mis sir le compte d’une probable intolérance au lait. J’avoue ne pas savoir quoi en penser. Bonne journée

  3. Philippe dit :

    Merci d’avoir relayé sur votre site cette information préoccupante.
    Il m’avait semblé comprendre que la souche vaccinale utilisée depuis quelques temps n’était plus la même pour tenter de palier à cet effet secondaire redoutable.
    Il va être difficile, pour nous Spécialiste en Médecine Générale, de trouver des arguments permettant de démontrer l’intérêt de cette vaccination notamment pour les enfants vivant en collectivité dès l’âge de 2 mois.
    Le prix de ses vaccins a été modifié à la baisse récemment mais reste encore élevé.
    Encore une fois tout est une question de rapport « bénéfice risque » et de prévalence. C’est ce qui fait la richesse de notre travail, et aussi sa complexité.
    Amitiés
    Philippe

    • docteurjd dit :

      On n’est plus en effet dans la configuration du Rotashield qui provoquait des invaginations intestinales aigues dans 1 cas sur 10000.
      mais même beaucoup plus rare désormais, le risque existe. le problème c’est de reconnaitre le problème et de faire le diagnostic à temps.
      Pour le reste, effectivement, la vaccination doit rester un acte individuel et permettre au médecin de dialoguer avec la famille afin de les aider à prendre leur décision

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