Fertilité masculine : un autotest qui ne va pas ébranler la médecine de la reproduction.

La mode des ‘home tests’, tests à faire soi-même à la maison est encore très limité en France, hormis le test de grossesse et le test d’ovulation. On annonce maintenant un test destiné à mesurer la concentration du sperme en spermatozoïdes dans le but de dépister des stérilités. Sauf que la concentration n’est qu’un des critères du diagnostic, ce qui pose la question de l’intérêt réel de cet autotest.

Lancé le 10 février  en présence du maire du 4ème arrondissement de Paris, on se demande bien pourquoi, l’autotest de la société AAZ-Nephrotek est présenté comme une façon pour un homme d’évaluer sa fertilité en toute discrétion.

Recueilli par masturbation, le sperme est soumis à quelques manipulations dont le but est de déterminer la concentration en spermatozoïdes, haute ou basse.

Selon ses promoteurs, cet autotest, qui coûte presque 40 euros, devrait permettre à un couple ayant des difficultés à concevoir de mettre en évidence une éventuelle cause masculine.
Il faut dire que, contrairement à une idée trop longtemps admise, la stérilité d’un couple est le fait de l’homme dans un cas sur deux, à cause d’un sperme déficient.

Mais là où le bât blesse et où on peut légitimement s’interroger sur l’utilité de l’autotest proposé, c’est que la concentration en spermatozoïdes n’est pas le seul critère de qualité d’un sperme.
Ce qui compte en effet c’est d’abord la mobilité des spermatozoïdes qu’on évalue sous microscope. Cette mobilité d’un bout à l’autre du champ est un critère primordial.

Le second élément important est le nombre de formes anormales. Si ce nombre est trop élevé, le sperme a peu de chances d’être fécondant.

La concentration n’est donc pas une notion fondamentale désormais depuis que l’on dispose d’une technique appelée ICSI (IntraCytoplasmic Sperm Injection)

Cette technique permet de récupérer le spermatozoïde le plus valide dans un échantillon avec une pipette. On va introduire ensuite directement le spermatozoïde dans le cytoplasme de  l’ovocyte en franchissant la membrane cellulaire.

Cela permet donc de procéder à des fécondations même si le sperme est de concentration faible.
On peut dire de façon un peu provocante que seule aujourd’hui la castration physique est l’obstacle à une fécondation.

On voit donc qu’un autotest mesurant la concentration du sperme n’est a priori pas un élément déterminant et que c’est la prescription, entre autres, d’un spermogramme au cours d’une consultation en couple qui orientera vers le diagnostic.

D’un autre côté on peut toujours avoir envie de dépenser 40 euros pour se prouver qu’on est très productif, sans pour cela avoir l’assurance de se reproduire.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Fertilité masculine : un autotest qui ne va pas ébranler la médecine de la reproduction.

  1. Philippe dit :

    Merci pour ces renseignements

  2. Ping : Avec SpermCheck® vous saurez si vous pouvez être père. Compter 7 minutes | Journalisme et Santé Publique

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