Cancer/ASCO14 : la rechute des cancers de l’ovaire mieux prise en charge

Les thérapies ciblées se développent de plus en plus. La tendance à récidiver de certains cancers offre à ces médicaments une opportunité de contenir la maladie à défaut de la guérir.
Ces thérapies ciblées occupent donc une place de choix lors des sessions de l’ASCO 2014.

Parmi ces cancers qui rechutent, les tumeurs de l’ovaire occupent une place particulière, avec pratiquement 80 % des femmes concernées qui vont récidiver. Découvert dans la plupart des cas à un stade avancé avec des métastases, ce cancer est traité par diverses méthodes de chimiothérapie incluant majoritairement des sels de platine.

Mais vient un moment où on peut se poser la question d’un nouveau recours à la chimiothérapie en raison d’inefficacité ou de toxicité. C’est pourquoi les innovations en ce domaine sont attendues avec intérêt.

C’est le cas d’une étude de phase 2, sur un petit nombre de femmes, qui a fait appel à deux produits pris par voie orale.
Le premier, l’Olaparib (O) est un ‘inhibiteur de PARP’, un produit qui empêche la cellule cancéreuse de réparer son ADN défaillant.
Le second, le Cediranib (C) est un anti-angiogénique, c’est-à-dire capable de bloquer la formation de nouveaux vaisseaux chargés d’alimenter la tumeur.
La comparaison s’est faite entre la combinaison O+C contre Olaparib seul.
La comparaison des résultats est assez étonnante. La diminution des tumeurs tout d’abord constatée dans 80 % des cas du groupe O+C contre 48 % pour le groupe O seul.

Quand on a mesuré la survie sans progression, SSP,  c’est-à-dire le temps entre l’entrée dans l’étude et l’évolution de la maladie,
Les résultats sont là encore assez frappants : neuf mois sous Olaparib et 17,7 mois sous la combinaison.

Pour mémoire, les résultats obtenus avec la chimiothérapie classique à base de deux médicaments oscillent entre 8 et 13 mois de SSP.

Plus efficace la combinaison a entrainé également plus d’effets secondaires, hypertension artérielle, fatigue et diarrhées notamment.

Il faut maintenant confirmer ces résultats dans un essai de phase 3 incluant beaucoup de femmes et en comparant la combinaison orale à la chimiothérapie classique.

POUMON : UN PEU D’AIR

D’autres études reposant sur ces thérapies ciblées ont également fait l’objet de résultats marquants.
Il en est ainsi dans le cancer du poumon. Une étude baptisée REVEL et conduite par Maurice Perol, du Centre Léon Bérard de Lyon, a mesuré l’effet de l’adjonction du Ramucirumab (R), un anticorps monoclonal, au Docetaxel, chimiothérapie de référence.
Le Ramucirumab est un anti-VEGFR-2, c’est-à-dire capable de bloquer la prolifération de nouveaux vaisseaux sanguins.
Après échec du traitement initial, l’étude REVEL a consisté à donner à un groupe de patients la combinaison R+ Docetaxel, le second groupe recevant le Docetaxel et un placebo.
Pour la première fois dans le cadre d’une deuxième ligne de traitement, la combinaison R+D a montré un bénéfice dans la survie globale des patients, faible certes, mais significative. La moitié des patients était encore en vie 10,5 mois après la fin du traitement alors que dans le second groupe cette durée était de 9,1 mois.
L’évolution de la maladie a été freinée pendant 4,5 mois dans le groupe R+D contre 3 dans l’autre.

Les effets secondaires grave ont été peu nombreux dans les deux groupes, notamment les hémorragies pulmonaires. Pour le reste il s’est agi de chutes de globules blancs pincipalement.

Bonne nouvelle supplémentaire  dans le domaine des thérapies ciblées . Elle concerne la plus fréquente des leucémies, la leucémie lymphoïde chronique ou LLC.
Le traitement des formes avancées requiert le recours à une chimiothérapie intense associée à un anticorps monoclonal visant les lymphocytes.

L’EUCEMIE LYMPHOIDE : DU VRAI MIEUX

Beaucoup de patients atteints de LLC sont âgés et supportent mal ces traitements intenses.
C’est pour cela que l’arrivée de l’Ibrutinib, un médicament par voie orale, devrait représenter un vrai progrès.
Comparé à un médicament de référence, l’Ofatumumab, et avec à peine dix mois de suivi, l’Ibrutinib a réduit de 80% le risque de progression de la maladie et de 57 % le risque de décès.

Comme on le voit, l’arrivée de ces nouvelles molécules représente un progrès certain. Mais il faut aussi savoir tenir compte des effets secondaires, parfois très importants et très sévères. La notion de coût va inévitablement entrer en jeu également.

Une information la plus complète possible et une discussion ouverte entre patients et soignants sera donc utile pour prendre les décisions sainement, sans se fier seulement aux chiffres les plus spectaculaires.

Les résumés des études sont consultables sur : abstracts.asco.org

Etude ovaire : abstract LBA 5500
Etude poumon : abstract LBA8006
Etude LLC : abstract 7008

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Cancer/ASCO14 : la rechute des cancers de l’ovaire mieux prise en charge

  1. DURAND Hervé dit :

    Bonjour,
    Je suis âgé de 35 ans et je souhaite vous demandez?
    Suite à un cancer de l’estomac, une récidive de métastase unique après un an et demi, situé sur le Sternum, est ce que une association TAXOL et RAMUCIRUMAB sera une guérison complète ou un traitement qui ralenti seulement mon pronostic vital ?
    Cordialement

    • docteurjd dit :

      Désolé mais je ne donne aucun avis personnel sur ce blog. Le médecin qui vous suit répondra à vos questions . N’hésitez pas à l’interroger

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