Cancer/ASCO14 :Moins de ménopauses précoces et plus de naissances après un cancer du sein c’est possible.

Pour l’ouverture de la conférence qui marque son cinquantième anniversaire, la société américaine d’oncologie clinique, ASCO, a choisi de mettre l’accent sur le vécu des patients et de leurs proches.

Longtemps focalisée sur la recherche de l’augmentation de quantité de vie, la cancérologie se penche de plus en plus sur les questions de qualité de vie et sur l’impact économique de certaines pratiques pas toujours utiles et parfois délétères pour les patients.

L’un des meilleurs exemples concerne les femmes atteintes d’un cancer du sein et qui ne sont pas encore ménopausées.
Le traitement, très efficace, se fait au prix d’effets indésirables parfois majeurs comme la survenue d’une ménopause précoce et pour certaines femmes  l’impossibilité d’imaginer débuter une grossesse.

Pour aider les femmes ayant un cancer du sein avant la ménopause et des récepteurs hormonaux négatifs, une équipe américaine a mené une étude baptisée POEMS (Prevention Of Early Menopause Study, étude sur la prévention de la ménopause précoce).

Pour cela deux groupes de femmes de moins de 50 ans ont été incluses dans le protocole. Le premier recevait une chimiothérapie classique contenant du Cyclophosphamide.
Le second groupe recevait le même protocole auquel on ajoutait une série d’injections de Gosereline, une substance qui appartient à la famille des ‘agonistes de la LHRH’.
Derrière ce nom se cache un mécanisme qui consiste à bloquer les ordres que l’hypophyse, une glande située sous le cerveau donne aux ovaires pour qu’ils sécrètent les hormones œstrogènes et progestatives.
L’ovaire est donc mis au repos.

Le suivi a duré deux ans. A la fin de cette période, une ménopause précoce a été constatée chez 22 % des femmes recevant la chimiothérapie seule. Mais ce chiffre n’était que de 8 % chez celles ayant eu la combinaison Goséreline-chimiothérapie

Plus intéressant encore, si 11 % des femmes sous chimio seules ont débuté une grossesse, elles étaient 22 % dans le groupe ‘combiné’.Dans ce groupe, seize des 22 patientes ont pu mener la grossesse à terme. Dans le second groupe, sur 12 grossesses, 8 sont allées à terme.

En termes d’effets secondaires, ce sont les bouffées de chaleurs classiques avec ce type de traitement qui ont été le plus souvent constatées. Mais aucun effet secondaire grave n’a été noté.

Le traitement par Gosereline a également eu des effets bénéfiques sur l’évolution de la maladie : une progression ralentie et une mortalité moindre chez les femmes traitées

Cette étude aura évidemment besoin de recevoir confirmation. Mais elle semble déjà donner une piste extrêmement intéressante pour améliorer la qualité de vie de ces patientes jeunes et lever en partie une hypothèque sur leur avenir.
La probabilité majorée de développer une grossesse et de la conduire à terme est particulièrement intéressante. Elle est moins compliquée que de devoir faire un recueil et une congélation d’ovocytes avec une réimplantation souvent moins couronnée de succès qu’une fécondation naturelle.

MOINS C’EST UN PLUS

Toujours dans cet esprit de promotion de la qualité de vie, une étude concernant les femmes ayant un cancer du sein métastatique a montré qu’un traitement plus espacé pouvait être autant efficace.

Chez ces femmes on administre du Zoledronate pour contrecarrer les conséquences des métastases osseuses. Le traitement est administré en perfusions mensuelles et peut provoquer des désagréments certains.
L’étude OPTIMIZE-2 a montré qu’après la première année, donner le Zoledronate tous les trois mois n’avait aucune conséquence néfaste par rapport à une administration mensuelle. Donc moins de séjours à l’hôpital, moins d’effets secondaires à efficacité égale.

Référence des études
Gosereline : Abstract LB505
Acide zoledronique : Abstract LBA9500

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.