Vaccinations: une piqûre de petits rappels

Les vaccins sont l’objet d’une méfiance qui ne se dément pas. Ce qui était vécu il y a cinquante ans comme un miracle est souvent fustigé aujourd’hui pour diverses raisons.

S’il fallait illustrer la méfiance vis-à-vis des vaccins, le cas de la rougeole serait un bon exemple. Dans la Région Europe de l’OMS, région plus étendue que notre Union à 28, puisqu’elle compte 52 pays, entre 2007 et 2013 on est passé de 7247 cas à 31520 cas, soit 335 % d’augmentation.
Pourtant il existe un vaccin, le ROR, qui protège contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Mais voila, il y a quelques années, un médecin anglais, le Dr Wakefield publia dans ‘The Lancet’ une étude qui prétendait lier l’apparition de cas d’autisme à l’injection du ROR.
Il faudra des années pour démontrer le côté frauduleux du travail de Wakefield, ce qui lui vaudra la radiation à vie de l’organisme britannique qui accrédite les médecins. La revue médicale finira par retirer l’article.

Mais le mal était fait et encore aujourd’hui de nombreux parents, alimentés par des sources de désinformation, continuent de refuser qu’on vaccine leur enfant.
Le problème c’est que la rougeole peut ne pas être une maladie infantile banale. Elle peut entrainer des complications graves, notamment neurologiques, parfois mortelles.
Il faut donc arriver à faire remonter la couverture vaccinale au taux de 95 % de la population infantile concernée de façon à arrêter la propagation du virus, ce qui ne sera pas une sinécure tant certains mouvements à l’idéologie parfois sectaire continuent à propager de fausses informations, faisant passer Wakefield pour la victime d’un lobby commercial.

Il y a encore trente ans, la vaccination ne se discutait pas car elle avait permis l’élimination de maladies qui faisaient très peur. La poliomyélite en est un exemple. J’ai eu, dans ma classe en primaire, deux camarades avec des séquelles de polio. Lors de ma jeune vie médicale, j’en ai vu aussi en Afrique. Aujourd’hui plus personne ne sait de quoi il s’agit.
Pourtant la polio n’a pas disparu et à l’occasion de certains conflits on la voit apparaitre de nouveau, comme en Syrie.
Par prudence, les Israéliens ont vacciné des centaines de milliers de jeunes enfants récemment.

D’autre part, au Nigéria et au Pakistan, notamment, la maladie est toujours là avec la difficulté pour les vaccinateurs de faire leur travail puisque certains d’naitre eux sont tués par les talibans. Ces derniers voient dans cette vaccination une conspiration de l’Occident. C’est la même chose au Nigéria ou en Afghanistan. On y raconte que les vaccins antipolio rendent stériles, qu’ils contiennent du porc, ou le virus VIH, autant d’arguments qui font mouche sur une population sous-informée.

La diphtérie aussi a disparu et avec elle l’angine à fausses membranes qui faisait si peur. Il y avait une terrible complication, le croup, avec une dysphonie et une toux aboyeuse. Là encore, hormis certaines régions du Caucase et d’Asie centrale, on ne voit plus cette maladie contre laquelle on vaccine dès le plus jeune âge.

La vaccination a aussi aidé à minimiser les effets de maladies, telles le tétanos. Aujourd’hui on compte à peine une dizaine de cas par an. Mais des cas sévères avec séjour en réanimation et décès dans un tiers des cas.
Les atteintes neurologiques causées par la toxine tétanique sont pourtant parfaitement évitables au prix d’un rappel tous les dix ans. Cela concerne plus particulièrement les femmes, celles âgées de 70 ans et plus payant le plus lourd tribut au tétanos.

La vaccination c’est aussi une façon de protéger les autres et l’un des meilleurs exemples en est la prévention de la coqueluche. Cette maladie réapparait en France et touche les adultes alors que nombre d’entre eux ont été correctement vaccinés. On s’est, en fait, aperçu que le vaccin utilisé ne conférait pas une immunité pour toute la vie. C’est la raison pour laquelle on préconise un rappel à l’âge de 25 ans associé au DTPolio.

Mais ce rappel est souvent oublié. Le problème c’est que si les adultes victimes de la coqueluche font une maladie généralement peu grave ils risquent de contaminer des nourrissons de moins de six mois chez lesquels la maladie prend un tout autre visage.
Le risque de complications pulmonaires sévères existe et plutôt que d’envoyer un nourrisson vers un service de réanimation, on peut prendre quelques mesures pour éviter de le contaminer.

Dès le projet parental, le conjoint et la fratrie éventuelle doivent savoir où ils en sont en matière de vaccination et faire le nécessaire si besoin. Dans les suites de l’accouchement on peut vacciner la jeune maman même si elle allaite. Et les grands-parents, la ou le baby-sitter, toutes celles et ceux qui sont au contact de ces nourrissons de moins de six mois doivent vraiment être à jour de cette vaccination.
Cela concerne aussi tous les professionnels de santé et les divers intervenants concernés par la petite enfance.

Je ne reviendrai pas sur les diverses polémiques ayant défrayé récemment la chronique. Il faut se rappeler que la vaccination est un acte médical. Cela suppose qu’il s’instaure entre le médecin de famille et la personne à vacciner un échange le plus informatif possible. Cela suppose aussi qu’on essaie de voir quelles peuvent être les éventuelles contre-indications, ou, au contraire, l’existence de facteurs de risques qui justifient un vaccin par exemple.

Et il faut se rappeler que nos sociétés ne sont nullement à l’abri du retour de maladies infectieuses transmissibles pour lesquelles la vaccination reste une arme absolue en termes de protection d’une population.

 

 

 

 

À propos de docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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16 réponses à Vaccinations: une piqûre de petits rappels

  1. Bonjour JD
    Merci pour ce rappel. Il faut dire et redire que la vaccination constitue un des plus grands progrès de santé publique jamais inventé par l’homme, avec l’assainissement de l’eau et les antibiotiques.

    Mais il n’y a pas que les groupes antivaccinaux qui menacent la vaccination. Les responsables sont aussi à rechercher du côté des scientifiques. La grande mascarade du vaccin contre la grippe A/H1N1 a montré au public que les scientifiques et les agences sanitaires pouvaient mentir effrontément, ou au moins se mettre le doigt dans l’oeil jusqu’à coude.

    Mentir au public « pour son bien » ou considérer que tout vaccin est utile, par principe, y compris quand son efficacité relève du pari sur l’avenir, c’est risquer de décrédibiliser la vaccination dans son ensemble, comme on le constate actuellement.

    Certains vaccins sont utiles, très utiles, mais pas tous. Le public a besoin d’information solide et non de propagande, comme c’est trop souvent le cas.

  2. POSTIC J dit :

    Ma fille,il y a douze ans a « hérité » d’une sclérose en plaque. Moins de deux ans auparavant elle avait été vaccinée contre l’hépatite B. Comme père, sur ce coup du sort, « ma foi » vaccinale a subit un ébranlement. Car des polémiques qui sont nées, accusant spécialement cette vaccination d’avoir entraîné des affections démyélinisantes comme la SEP. L’obligation de cette vaccination a été abrogée. Question embrouillée : des sous populations ( en terme génétique) ne peuvent-elles pas subir, à cause de certaines vaccinations, « un mauvais sort », alors que d’autres n’en auront que les bénéfices? Que dit la science sur un tel thème? Merci d’avance pour votre éclairage

    • docteurjd dit :

      Je ne connais pas le dossier de votre fille et ne puis donc en parler. Sachez que les evenements indesirables surviennent généralement peu de temps après un vaccin, 2 à 3 semaines.
      Pour le reste il est evident que la vaccination entraine des reponses immunitaires et il se peut que , rafement, chez des personnes prédisposées, cela accelère l’apparition d’une pathologie. C’est pour cela que le médecin pose un certain nombre de questions avant de vacciner

      • C.Gaches dit :

        Les évènements indésirables suite à un vaccin peuvent survenir après plusieurs années après une vaccination, d’après les professeurs Ghérardi et Authier. ils ont relevé de très nombreux cas de myofasciites à macrophages même après plusieurs années.
        Concernant la SEP ou autres pathologies suite au vaccin contre l’hépatite B, dans l’étude d’Hernan il est noté que cela peut être dans les 3 ans et non dans les 3 mois; ET si on réfléchit bien, cela arrange les laboratoires de ne retenir que les 3 mois, ainsi , ils indemnisent pas…

        • docteurjd dit :

          Et donc ils ne peuvent qu’avoir raison ?

          • C.Gaches dit :

            A votre avis?
            Avez vous lu leurs travaux? Etes vous allés les écouter lors de leurs présentations très pointues à la Pitié Salpétrière?
            ( 11 avril dernier )

            C’est justement parce qu’ils existent que les victimes des vaccins ne se sentent plus seules et par conséquent peuvent aussi oser parler; leurs travaux sont des plus importants.

            Pour le reste si on réfléchit , un minimun il est évident que les maladies neurodégénératives, les maladies des moto neurones, mais également les maladies auto immunes déclenchées après la vaccination hépatite B ( je cite celle ci que je connais particulièrement) peuvent avoir plus de 3 mois, car les parties touchées sont le cerveau .. Si comme le pensent les chercheurs actuellement l’aluminium est allé par l’intermédiaire d’un cheval de trois qui est le virus , se loger dans le cerveau après plusieurs semaines, les signes apparaîtront après les 3 mois.
            Rien d’illogique là dedans.

            Le gros problème , est , comme le dit le Docteur Dupagne d’avoir systématiquement vendu du vaccin comme on vend des bonbons.
            ENsuite ils ont traité les victimes comme des pestiférés ou des illuminés; en leur envoyant les RG et en les traitant d’anti vaccinalistes. Ainsi, j’imagine , l’Etat , les labos ( bien présents dans les décisions politiques ( cf le vaccin contre l’hépatite B, le vaccin contre la grippe A et dernièrement le Gardasil) ) pensent que c’est en discréditant les personnes que l’on va sauver la vaccination, mais non c’est le contraire qui se passe.
            Autre point essentiel : le seul vaccin obligatoire n’est pas disponible avec les seules 3 valences obligatoires pour les nourrissons. Non , il n’existe qu’en 4 valences, (DTP+ coqueluche) 5 valences (dtpC +haemophilius ) ou 6 valences avec en plus des 5 premières l’hépatite B. Les parents ne sont pas forcément informés du contenu des vaccins.
            A quoi est-ce que cela sert de vacciner les nourrissons contre l’hépatite B? Ce que nous entendons c’est : « il n’y a pas de SEP chez l’enfant car la gaine de myéline n’est pas formée/ C’est faux, il y a une très nette augmentation des cas de SEP ou autre pathologie chez l’enfant.
            ( Revahb)

            Pour finir , il ne faut pas se voiler la face, les labos n’ont pas de molécules qui puissent les sortir de l’ornière. ( Omerta dans les labos pharmaceutiques) Alors ils misent sur n’importe quel vaccin. 300 en préparation, je ne vous raconte même pas le cocktail qui sera prochainement injecté à nos nourrissons… Mais voilà, je pense que cela va encore plus discréditer les vaccins, et ce ne seront pas les campagnes lancées en grandes pompes par la ministre de la santé qui vont changer les choses.

            Pour finir, pouvez vous m’expliquer pourquoi mes deux enfants , vaccinés contre la coqueluche tous les deux l’ont attrapée? ( pas ados, enfants et correctement vaccinés). Moi ,j’ ai la réponse, mais elle n’est pas du côté des non vaccinés anti vaccinalistes…

          • docteurjd dit :

            Je ne cite aucun lien externe sur ce blog.
            Pour le reste vous avez exposé vos arguments.

  3. docsissi dit :

    Bonjour,
    Je trouve que d’ouvrir le débat sur les problèmes que peuvent entrainer les vaccinations est légitime et sain car une science qui ne se remet pas en question, cela s’appelle un dogme. Je suis pour les vaccins mais quand je me rends compte que dans le vidal concernant l’ensemble des vaccins, on n’a pas jugé utile d’étudier la pharmacodynamie et la pharmacocinétique de ce médicament, je suis perplexe. D’autant plus qu’on nous dit que les vaccins sont secure. Comment affirmer cela alors qu’on ne sait même pas ce que devient ce médicament dans le corps? Que répondez-vous aux anti-vaccins qui disent que les vaccins détraquent le système immunitaire sans étude pharmacocinétique? Sans remettre en question l’intérêt des vaccins, je pense qu’il est important que les médecins doivent réclamer des études approfondies là-dessus.
    Pour ce qui est de l’aluminium dans les vaccins, il a été prouvé que c’était nocif et pourtant rien n’est fait pour le remplacer alors qu’il existait auparavant une alternative (le phosphate de calcium). Les parents demandent d’avoir le choix. Mais dans le doute, ils s’abstiennent. et on n’en arrive à de la méfiance.
    Plus de transparence et d’écoute sans jugement sont les clés d’une politique de vaccination bien admise.

    • docteurjd dit :

      On peut effectivement tout remettre en question. Aujourd’hui ce sont les antibiotiques qui ‘fatiguent’, pas la maladie causale. Et la méfiance vis à vis des vaccins est une sorte de luxe que peuvent se permettre nops sociétés occidentales débarassées des principales maladies infectieuses et transmissibles.je vous fiche mon billet que si demain on découvre un vaccin préventif contre le virus VIH on se battra pour se faire vacciner. De la même façon si une vraie épidémie grippale avec 30000 morts nous tombe dessus, là encore les questions autour du vaccin deviendront secondaires.

      Il faut bien evidemment s’occuper de la sécurité vaccinale et des composants de la préparation mais il faut aussi éviter de crier à l’imputabilité automatiquement.
      j’avoue ne pas très bien savoir comment, contrairement à une molécule traçable et dosable, on peut faire des études de pharmacocinétique et de biodisponibilité de substances vaccinales entrainant des réponses humorales.
      Enfin, je ne chercherai jamais à convaincre des anti-vaccins.

    • Wackes Seppi dit :

      « Sans remettre en question l’intérêt des vaccins… » ?

      Mouais… Le commentaire sent, au minimum, le scepticisme.

      « …je pense qu’il est important que les médecins doivent réclamer des études approfondies là-dessus » ?

      Ce n’est pas mon domaine d’intérêt, mais il me semble que les études existent. Mais comme on ne peut pas démontrer une absence d’effet – ou une absence de cause à effet entre une vaccination et un problème survenu « moins de deux ans après (voir ci-dessous) – on ne peut pas convaincre les gens qui ont une opinion arrêtée.

      Puisqu’il est question de scientifiques ci-dessous, il faut aussi souligner qu’il en existe qui, par conviction ou par désir de notoriété, ou pour d’autres motivations encore moins avouables, font profession de « démontrer » que les vaccins sont dangereux. Même problèmes avec des médecins qui, malgré leur longue formation, sont des charlatans.

      P.S.  J’ai deux frères qui ont eu la polio en même temps… contrairement aux autres, ils n’étaient pas vaccinés.

  4. CAROLINE dit :

    Bonjour,
    N’aviez-vous pas évoqué, au journal de 13 heures de FRANCE 2 en date du 23 avril, un site internet sur lequel il était possible de s’inscrire afin de recevoir un email lorsque un rappel vaccin s’avère nécessaire ?
    Merci d’avance de votre réponse.

  5. ossedat dit :

    bonjour svp ou et l adresse ou il y as tous sur les vaccins de l état personnel

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