Médicaments recyclés et Tiers-Monde : pourquoi on a cessé la collecte

Le mieux est parfois l’ennemi du bien. C’est ainsi qu’on s’est aperçu que collecter des médicaments non utilisés pour les envoyer dans les pays pauvres n’était pas la panacée.

Aujourd’hui donc, des systèmes de collecte comme celui de Cyclamed n’envoient plus les médicaments rapportés par les patients vers l’Afrique ou l’Asie.
A l’analyse il est en effet apparu que les inconvénients surpassaient les bénéfices. Il fallait reconditionner les médicaments, refaire des boites complètes mais les dates limites portées sur les plaquettes variaient à l’intérieur d’une même boite. Les notices n’étaient pas dans la bonne langue ou trop compliquées à lire pour la majorité des utilisateurs.

Et surtout on envoyait des médicaments comme les antibiotiques absolument pas adaptées aux conditions locales. Chez nous, un usage immodéré des antibiotiques a entrainé l’apparition de résistances. Cela impose de traiter des affections causées par certains germes banals avec des molécules surpuissantes, comme si on écrasait une mouche au bulldozer.
Ce n’est heureusement pas le cas en Afrique où les bactéries responsables des angines par exemple, répondent toujours à des traitements par des antibiotiques classiques et peu coûteux.
Il était donc inutile d’envoyer des produits surdimensionnés et potentiellement générateurs de résistances là où un antibiotique usuel fait bien son travail.
Ce n’est pas pour autant que les populations sont laissées sans traitement.
L’OMS a dressé une liste de médicaments dits ‘essentiels’ et qui couvrent la majorité des besoins des pays les plus démunis.
Ces médicaments sont achetés sous forme de génériques, avec des notices adaptées, simples, souvent faites de petits dessins compréhensibles par tous.
Ces produits ont un autre avantage : ils n’incitent pas au trafic et à la corruption contrairement aux produits ‘occidentaux’ qui arrivent parés de toutes les vertus.
C’est plus sur et plus efficace.
Et on peut toujours aider ces pays en soutenant les ONG qui achètent directement les médicaments.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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18 réponses à Médicaments recyclés et Tiers-Monde : pourquoi on a cessé la collecte

  1. Claire Delmotte dit :

    Je suis belge, dans le cas de nombreux intervenants, soucieuse que des médicaments encore valables un an ou plus, que j’ai payé très cher, puissent servir à d’autres.
    Il s’agit majoritairement de produits pour soigner une blessure a l’oreille.

  2. Ben-mostefa , dit :

    Bonjour je mon Prénom c’est Aimine , Je désirs savoir comment je peux faire pour donné des médicament qui me reste sur les bras care j’ai des traitement complètement différents des un et des autre , et dans certaine boite il n’en faux bien plus que prévue donc je les ramène à ma pharmacie , et j’ai donc posée la question a un Pharmacien qui m’a dit que ils étais incinérer… ( c’est une honte de voire tous ce g’achy alors qu’il y’en à qui mort ou devienne très malade part manque d’argents, don-que de traitement ect ) donc je voudrait juste savoir a qui m’adresse pour donné a ce qui non rien du tout , ou presque rien , merci pour votre réponses( SVP cela me tien a cœur depuis temps et temps d’année merci cordialement a vous Mr Aimine .

  3. MC vdB, médecin retraitée dit :

    « médecins du monde » intervient aussi en France où leur utilisation est peut-être plus facile?
    Mon neurologue vient de modifier mon traitement anti épileptique j’ai 3 boites neuves de lamotrigine !les jeter me semble un beau gâchis!
    merci de ce que vous faites, de toute façon!
    nous soutenons MDM depuis des années par un soutien financier certes modeste mais régulier..

  4. raynard dit :

    Je suis indigné par cette interdiction de collecte de médicaments à destination de ceux qui en ont besoin. C’est révoltant. En revanche, je vous remercie d’accepter de publier ces messages d’indignations, d’autres n’ont pas ce courage et censure ces commentaires.

    • docteurjd dit :

      Je peux comprendre que vous soyez indigné mais pour la sécurité des populations et l’efficacité des traitements cette mesure est tout à fait cohérente et compréhensible

  5. Bonjour à tous,

    Je dois reconnaitre que le sujet manquait un peu de clarté (du moins pour ma part) vous l’avez apportée.

    Je comprends assez bien le problème causé par le reconditionnement obligatoire des boites de médicaments, le soucis de la langue des notices « explicatives ». Néanmoins, c’est un problème si on garde une vision de conditionnement « mercantile » tel qu’il l’est dans nos officines (car sinon ce ne serait pas « présentable »). On abandonne donc peut être trop vite les avantages (comme le disait Pierre ZADROZYNSKI en partie) de la vente du médicament à l’unité. Je me lance peut être dans une vision trop utopiste mais serait-ce possible pour des ONG de récupérer ces médicaments via Cyclamed par exemple pour ensuite les reconditionner simplement (j’entend dans des conditionnements simples de la même manière que cela se fait aux Etats Unis il me semble) pour enfin les distribuer à l’unité au cas par cas (dans le cadre de missions), mais en fournissant par exemple la posologie et explications nécessaires directement au patient ?

    En outre, les ONG achètent donc ces médicaments conditionnés pour ces pays là directement aux labos pharmaceutiques ?

    Merci d’avance.

  6. Baron Michèle dit :

    Bonjour Docteur,

    J’ai suivi le journal télévisé aujourd’hui et vous ai entendu parlé du recyclage des médicaments.

    Je suis écoeurée du gâchis des médicaments qui est fait ! On nous dit que la sécurité sociale est en déficit et on brûle des médicaments encore valables!! Je ne parle pas des médicaments périmés mais de ceux qui pourraient être encore utilisés.

    Je suis responsable d’une petite organisation humanitaire qui aide les enfants du sud de Madagascar. Nous aidons également cinq dispensaires tenus par des infirmières diplômées qui soignent gratuitement les patients les plus pauvres. Nous nous y rendons tous les ans et chaque année nous emmenons des sacs remplis de médicaments encore valables( antalgiques, antibiotiques, anti- diarrhétiques, contre les allergies etc..) que nous offrons à ces dispensaires qui sont très demandeurs. Je sais que c’est interdit, mais quand je vois le prix des médicaments à Madagascar et quand je sais que des enfants et des adultes meurent faute de médicaments qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter, cela me révolte!!! Notre petite association n’est pas assez riche pour acheter les médicaments sur place; nous privilégions la nourriture et l’école.

    Les médicaments que nous emmenons sont sans leur boîte et ficelés à l’aide d’un élastique avec la notice en français ( les malgaches parlent français). Cela évite du surpoids pour le transport et le fait de ne pas avoir de boîte empêche la revente.

    Je récolte les médicaments grâce à un pharmacien, les amis, les voisins, la famille.

    Récemment une femme, récemment veuve, m’a donné une très grande quantité de médicaments prescrits auparavant pour son mari gravement malade. Ne pouvant pas tout emmener à Madagascar, ou moins utile, ou dans des pots en verre, ou trop lourds, j’ai cherché à en faire profiter d’autres personnes.

    L’ALDS qui s’occupe beaucoup de personnes âgées les a refusés car les infirmières n’ont pas le droit d’accepter des dons de médicaments. La réponse a été: donnez-les au pharmacien ». Seulement, le pharmacien va les détruire!!

    J’ai alors contacté un ancien  » pharmacien sans frontières » d’une ville voisine. C’est fini, cela n’existe plus en France mais en Suisse!!! C’est ce que j’ai vérifié sur internet.

    Vous aviez l’air d’avoir des solutions pour donner des médicaments ; j’aimerais bien les connaître.

    Je compte sur votre réponse et vos solutions. Vous dîtes par ailleurs que les ONG achètent les génériques et les distribuent: : on ne doit fréquenter les mêmes endroits!!

    D’avance merci.

    Bien cordialement.

    Michèle Baron

    • docteurjd dit :

      je n’ai pas de solutions à vous proposer. Permettez moi de vous faire remarquer que même en parlant français et, de plus, même en habitant en France, il arrive que les notices soient incompréhensibles pour beaucoup de gens.
      Pour les antibiotiques, comment faites vous le tri ? Prenez-vous tout de l’amoxicilline aux quinolones ? Vos interlocuteurs locaux vous disent-ikls leurs besoins ou prennent-ils tout ce que vous amenez ?
      En ce qui concerne les achats de médicaments il faut passer par des organisations qui ont des médecins sur place et savent quels sont les besoins.

    • weber dit :

      Bonjour, j’ai lu votre commentaire et je suis rassurée de savoir qu’il existe encore des gens comme vous, qui ne suivent pas bêtement les lois. Je suis a la recherche d’un point relais où déposer des médicaments non périmés… pas évident! Pourriez-vous me conseiller?
      D’avance merci, pour le renseignent, et pour votre action.

    • Lo dit :

      Bonjour j’ai pas mal de médoc non périmés que je préfère donner à votre association qu’aux pharmacies.
      Dans le cas où ça vous intéresse, vous pouvez me contacter sur mon adresse mail.
      Cdt,

  7. Pierre ZADROZYNSKI dit :

    Bonjour docteur

    15 tonnes de médicaments = 15 000 kg = 15 000 000 g
    En prenant un des médicaments les moins chers, l’aspirine par exemple, vendu à 20 cts le gramme,
    nous en sommes à
    15 000 000 x .2 = 3 millions d’euros !!! partiellement remboursés par la SECU, c.a.d. payés par NOS COTISATIONS.
    Alors pourquoi se gargariser de ce recyclage alors que
    – Les affiliés à pharmaciens sans frontières sont compétents et bénévoles, capable de trier et de fournir ces médicaments à, par exemple, médecins sans frontières
    – c’était la l’occasion de prêcher pour la distribution des médicaments à l’unité, 15 tonnes ne représentant qu’une toute petite partie des médicaments perdus, 20cts le gramme une limite basse. On peut alors imaginer l’étendue du désastre !

    En n’insistant pas sur ces faits, une bonne occasion a été perdue, à moins d’être dépendant d’un laboratoire pharmaceutique.
    Mais je ne pense pas que ce soit votre cas.
    Cordialement

    • docteurjd dit :

      Vous avez tort. je suis totalement corrompu c’est bien connu. Quant à votre exemple, je n’en saisis nullement la pertinence. Si l’enjeu était l’aspirine notre monde aurait alors déja résolu des ^problèmes un peu plus graves.

      • ZADROZYNSKI Pierre dit :

        Cher Docteur
        Vous m’avez TRES mal compris, relisez ma missive
        Je n’ai JAMAIS mis en doute votre honneteté.
        Je voulais simplement faire remarquer que 15 tonnes de médicaments éliminés, financés pas la sécu, c.a.d. par nous, ne méritent pas un reportage sur le recyclage, mais mais un reportage sur le gachis !
        S’il vous plait, relisez ce que je vous ai écrit.

        • docteurjd dit :

          J’ai lu et relu et je ne comprends pas ce que vous voulez démontrer, hormis le fait que l’exemple de l’aspirine est parfaitement à coté de la plaque

  8. Pitre-Gilcher dit :

    Bonjour,

    Je viens de voir le sujet sur cyclamed sur le jt de France 2. Je tiens toutefois à apporter une précision sur ce sujet qui ne semble concerner que « oui oui au pays des jouets »: mon pharmacien ne reprend pas les médicaments génériques! Vu que la majorité des médicaments prescrits sont génériques, il serait bien de ne pas faire croire aux gens qu’on recycle les médicaments via les pharmacies.

    Nathalie Pitre-Gilcher

    • docteurjd dit :

      Vous m’étonnez beaucoup. la loi n’exclut nullement les génériques de la collecte.
      Il s’agit donc plutôt d’un refus individuel.

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