VIH/SIDA CROI2014 : l’enfant du Mississippi et son virus vih introuvable. L’aventure continue.

A la même époque l’an dernier à Atlanta, lors de la conférence sur les rétrovirus, la CROI, on apprenait qu’une fillette contaminée par le virus VIH dans le ventre de sa mère ne présentait plus aucune trace du virus trente mois plus tard.
Retour sur l’histoire de celle qu’on appelle ‘l’enfant du Mississippi’.
C’est à la 31ème heure de vie du bébé que tout commence. Les pédiatres décident de lui administrer un traitement combiné  faisant appel à trois molécules : AZT, 3TC et névirapine.
L’enfant est traitée ainsi dix-huit mois et les médecins perdent sa trace et celle de sa mère.
Elle est revue à l’âge de 30 mois et la mère avoue aux médecins qu’elle a cessé de donner les médicaments à l’enfant depuis près d’un an.
Les médecins s’attendent au pire et, bien au contraire, ils tombent des nues ! Tous les examens de laboratoire vont dans le même sens : on ne retrouve aucune trace du virus en tant que tel dans l’organisme de l’enfant !

Les tests de laboratoires les plus sophistiqués sont employés, des tests qu’on pourrait croire tout droit sortis d’un scénario des ‘Experts’.Rien de détectable. On recherche des précurseurs du virus dans des cellules sanguines, et même à un taux de 0,2 par million le test est négatif. La recherche d’ARN, même à un taux de 2 copies par millilitre est également négative. La seule chose qu’on découvre, en quantité infinitésimale, ce sont des traces d’ADN proviral qu’on est incapable de mettre en culture et d’identifier. On ignore d’où il vient et il est incapable de redonner vie à de nouveaux virus.

A Boston, Deborah Persaud qui a suivi cette enfant dans son laboratoire de Baltimore, a indiqué que l’enfant, âgée désormais de 41 mois est toujours sans traitement, cela depuis 23 mois. Et que tous les examens répétés à intervalles réguliers confirment que la petite fille est séronégative pour le virus VIH. Persaud parle non pas de ‘guérison’ mais de rémission.

L’hypothèse reste toujours la même : en tapant très top et très fort on a probablement empêché le virus d’aller se réfugier dans des cellules qui lui servent de ‘réservoir’ et d’où il ressort au gré des failles dans les défenses immunitaires des personnes contaminées.

Deborah Persaud a présenté un deuxième cas aujourd’hui à Boston, un peu différent mais qui concerne un enfant de 9 mois.
Contaminé également in utero, l’enfant a été traité à la 4ème heure de vie par une combinaison de trois molécules : AZT, 3TC et lopinavir/r.

Au onzième jour, son organisme ne présentait plus aucune trace de virus. Là encore toutes les batteries de tests ultra sophistiqués ne montrent aucune trace de virus et l’enfant est séronégatif pour le VIH mais, contrairement à la fillette, reste en permanence sous traitement. Mais les équipes médicales qui s’en occupent envisagent de tenter un arrêt thérapeutique.

On sait déjà à partir de plusieurs études qu’en traitant les enfants séropositifs très tôt, avant la fin de leur première année, on diminue la quantité de virus résiduelle et on évite de voir se remplir les réservoirs.
Une étude présentée également ce matin à la CROI montre une vraie différence entre des enfants traités avant un an comparés à d’autres traités entre un an et 4 ans et demi et d’autres encore traités après 5 ans.
Quand on examine les adolescents qu’ils sont devenus, on constate que la  présence de provirus, les éventuels rebonds de charge virale, la taille des réservoirs cellulaire  sont d’autant plus importants que le traitement a été commencé tard.

Le cas de l’enfant du Mississippi avait suscité un certain notenus avec les deux premiers cas évoqués plus haut.mbre d’interrogations, voire de doutes. Les travaux publiés dans le New England Journal of Medicine et la présentation faite à Boston avec les données chiffrées montrent que le travail de Persaud et Hannah Gay est sérieux.

Un essai clinique à grande échelle va débuter bientôt. Le but sera de traiter de façon très précoce des enfants nés avec le virus VIH pour voir si on peut reproduire ces résultats. Cet essai international va inclure 54 nouveaux-nés. Ils seront traités dans les 48 heures qui suivront leur naissance. Le traitement sera interrompu au bout de deux ans.

L’observation des enfants permettra de voir si on peut reproduire les résultats obtenus chez les deux premiers enfants.

Il pourrait ouvrir la voie à une prise en charge thérapeutique mieux adaptée et plus personnalisée des enfants contaminés par transmission du virus par la mère.

LIRE :

l’article du blog consacré à l’enfant du Mississippi de mars 2013

La référence du NEJM

Les abstracts des deux présentations de Deborah Persaud.portant les numéros 75LB et 72 seront accessibles sur le site www.croi2014.org à compter du 07/03/2014
Le webcast de sa présentation sera en ligne le 06/03/2014 sur www.croi2014.org

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à VIH/SIDA CROI2014 : l’enfant du Mississippi et son virus vih introuvable. L’aventure continue.

  1. Mankoue dit :

    Hello,
    Contente de lire cet article. En faite,je viens de recevoir un mail qui nous donne la suite de l’ enfant du Mississipi. Le virus est détectable. Ceci dit, à vous lire, on peut déjà savoir des les premiers jours de vie si l’enfant est contaminé. Nous en Afrique il faut attendre 18 mois pour la confirmation.
    SVP, donnez nous la situation réelle de l’ enfant du Mississipi.
    En français bien sure.
    Merci.
    Mankoue

  2. mboungou dit :

    Bonjour à toutes et à tous.

    JE SUIS BIEN CONTENT DE LIRE CE GRAND TEMOIGNAGE CONCERNANT LA LUTTE CONTRE LE VIH. CE TEMOIGNAGE MONTRE BIEN LES EFFORTS FOURNIS PAR NOS CHERCHEURS POUR AMELIORER LA VIE DES PATIENTS VIH.
    JE SUIS SUR ET CERTAINS QUE L ABSENCE DU VIRUS EST BIEN DU AU TRAITEMENT ET NON PAR UN HASARD QUE LES DEUX CAS SONT PEUT ETRE LES SUJETS PRESENTANTS DES GENES EMPECHANT LE VIRUS A SE DIPLUQUER.

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