VIH/SIDA CROI 2014 ; Des progrès annoncés mais pas encore de révolution.

C’est à 17 heures aujourd’hui lundi, 23 heures à Paris, que va s’ouvrir à Boston la vingt-et-unième édition de la CROI, la conférence sur les rétrovirus et infections opportunistes.
Derrière ce nom barbare se cache la plus grande conférence scientifique sur le sida et sur les infections qui touchent les personnes porteuses du virus, dont la tuberculose et l’hépatite C.

On a tendance à l’oublier mais ce qui tuait les patients porteurs du virus VIH avant l’avènement des traitements multiples, dont la trithérapie, c’étaient des infections causées par divers micro-organismes. Ces bactéries et ces parasites profitaient de l’effondrement des défenses immunitaires des personnes VIH+ pour coloniser les organismes et faire des dégâts souvent mortels.

Ainsi le début de l’épidémie, en 1981 fut marqué par des pneumonies redoutables causées par un champignon microscopique appelé Pneumocystis jiroveci ou, autrefois P.carinii.
La prévention par le Bactrim a permis de freiner le nombre de cas et les traitements apparus en 1995-96 qui sauvegardaient le capital en lymphocytes ont bien aidé à voir disparaître ce risque.

Mais aujourd’hui, les personnes porteuses du virus VIH gardent au moins deux ennemis redoutables : le bacille de Koch, ou BK, l’agent de la tuberculose, et le virus de l’hépatite C, ou VHC (HCV pour les anglo-saxons).

La tuberculose touche surtout aujourd’hui l’Afrique subsaharienne et les pays d’Europe de l’Est et du Caucase.

Cela est dû au fait que l’accès aux traitements récents n’est pas la règle dans ces régions, même en Ukraine ou en Géorgie, à deux heures et demie d’avion de la France.
La maladie est là et elle est mal soignée, avec des délais de traitements non respectés et des trafics de médicaments. Le résultat de tout cela est l’apparition de BK ultra-résistants, des souches dites XDR.
Pendant la conférence, diverses études seront présentées pour améliorer les traitements et les moyens de diagnostic, Masi rien de franchement révolutionnaire.

Sous nos climats, le gros problème actuel c’est la co-infection VIH-VHC. Ce virus de l’hépatite a souvent été transmis en même temps que le VIH chez des usagers de drogues injectables par exemple.

Le problème c’est qu’à long terme, l’hépatite chronique C peut évoluer vers la cirrhose du foie puis vers un cancer primitif du fois, un hépatocarcinome.

Depuis quelques années, on dispose enfin de traitements efficaces contre ce virus. Il y a eu l’association ribavirine-interféron, assez lourde à supporter mais qui a permis d’éradiquer le virus dans un certain nombre de cas. Puis sont arrivées de nouvelles molécules qui, comme pour le VIH, viennent freiner la réplication du virus de l’hépatite C. Et les résultats deviennent de plus en plus spectaculaires, notamment dans la forme la plus difficile à traiter, celle qu’on appelle le génotype 1.

On va beaucoup entendre parler de ces nouveaux médicaments ici à Boston et de rémissions durables sur de très longues périodes.

Une bonne nouvelle pour les patients co-infectés mais une bonne nouvelle également pour des dizaines de milliers de personnes qui sont atteintes d’hépatite chronique C à la suite de contaminations accidentelles et qui bénéficieront aussi de ces nouvelles molécules.

Il y a cependant un bémol : le prix totalement exorbitant exigé par certains laboratoires pour leur nouveau produit.
Ainsi l’un d’eux réclame un prix de soixante mille euros pour un traitement de quelques semaines. Or le produit en question a un prix de revient, selon son découvreur, de l’ordre de 1400 euros !

Il y a donc un bras de fer entre fabricants et pouvoirs publics en France, mais aussi en Europe.

Enfin un mot sur l’éternelle question du sida et des vaccins.
Il n’y a, en l’état actuel de la science, aucun vaccin préventif contre le virus du sida sur le point d’être commercialisé dans les années à venir.

En ce qui concerne les ‘vaccins thérapeutiques’  c’est-à-dire l’immunothérapie destinée aux personnes déjà touchées par le virus, l’horizon ne s’éclaircit pas beaucoup plus.

Cela veut dire que la prévention reste de mise et que les conduites à risque sont effectivement risquées.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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6 réponses à VIH/SIDA CROI 2014 ; Des progrès annoncés mais pas encore de révolution.

  1. Hermy dit :

    Pourquoi on entend depuis plus de 3 ans que des vaccins thérapeutique sont une parfaite réussite sur les animaux et il en est toujours rien sur l’homme. J’ai du mal à me l’expliquer, peut être que vous aurez une réponse ?

    • docteurjd dit :

      Je ne suis pas sûr qu’on puisse parler de parfaite réussite. Les animaux utilisés ne développent pas la maladie humaine et les essais ne sont pas faits avec le vih mais un virus chimérique.
      On est donc dans des modèles pas forcément transposables. C’est le cas dans de nombreuses pathologies.la variabilité dans l’espèce humaine est énorme comparée à celle des animaux de laboratoire. Et la toxicité peut etre différente.
      Donc un resultat chez l’animal ne préfigure aucunement l’efficacité chez l’homme, cela donne juste une piste.

  2. Ouf ! dit :

    Ouf ! il faut ouvre une enquête sur les différents firmes pharmaceutiques pour les produit relative au VIH !
    -ont ils des programme pour trouver le Vaccin contre le SIDA?
    -si oui,ils sont à quel niveau?
    Nombreux comme moi, a l’impression que ces gens ne cherchent qu’à se faire des sous sur le dos des malades et des personnes de bonne moralité et généreux qui finance certainnes recherches!
    J’en suis sûre qu’ils peuvent le trouver,ou ils l’ont cet antidote déjà pour guérir les plus riches.

    • docteurjd dit :

      La théorie du complot est três à la mode. Mais en ce qui concerne le vaccin contre le VWiH les chercheurs universitaires se heurtent à d’enormes difficultés liées au virus lui-même et pas à l’industrie

  3. Bernadette dit :

    J’ai eu un cancer il y 4ans, j’ai actuellement un zona, quel risque pour le cancer?

    • docteurjd dit :

      Comme il est bien précisé sur la page du blog je ne donne aucun conseil médical et je ne recommande aucun médicament.

      Ce blog est un site d’information uniquement. Mais rien ne vous interdit d’en parler avec votre médecin traitant ou le spécialiste qui vous suit ! Ces praticiens connaissent votre dossier et vous répondront utilement et plus efficacement que moi qui ne sait rien de vous.

      J’espère que vous voudrez bien me comprendre et je vous remercie de l’intérêt et de la fidélité que vous portez à ce blog.

      Jean-Daniel Flaysakier

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