Les points forts de 2013 et ce qu’il faut surveiller en 2014

L’émission scientifique de France-Inter, la Tête au carré, a consacré son numéro du 27 décembre 2013 aux faits marquants de l’actualité scientifique 2013 et aux domaines à suivre en 2014.
Voici les choix que j’ai présentés à l’antenne avec les liens vers les articles du blog.

 

 

Les défenses passent à l’attaque

Si je devais résumer l’immunothérapie en un seul mot ce serait : ‘à l’attaque !’
Actuellement pour traiter les cancers on dispose de la chimiothérapie, des médicaments utilisés le plus souvent en perfusion.
Depuis quelques années se sont ajoutées les thérapies ciblées, plus précises, qui vont attaquer les anomalies propres à certaines cellules cancéreuses.
Les traitements sont efficaces, mais il y a des limites à leurs effets et, notamment l’apparition de résistances, assez rapidement.

La nouveauté de l’immunothérapie c’est qu’on va mobiliser les propres défenses naturelles du patient, des globules blancs qu’on appelle des lymphocytes et on va leur donner les moyens de faire le travail pour lequel ils sont théoriquement faits : tuer l’ennemi, en l’occurrence la tumeur cancéreuse.
Je dis théoriquement parce que ces cellules de défense font très mal ce travail dans un grand nombre de cas, non pas qu’elles soient fainéantes mais parce qu’elles sont bloquées, empéchées d’agir.
Le cancer est en effet très malin. Il attire autour de lui des cellules du patient et il les convainc de devenir ses alliés, de travailler pour lui. Et ces traitres envoient donc des messages et des signaux qui bloquent les cellules de défense.
Avec l’immunothérapie, on dispose désormais de substances, des anticorps qui interceptent ces signaux, qui font tomber les barrières et qui ouvrent donc la voie aux régiments d lymphocytes pour aller attaquer la tumeur.

Et on commence déjà à voir des résultats étonnants dans divers cancers : le poumon, le colon,le rein.
Attention : il s’agit de résultats très préliminaires dans des formes très avancées de la maladie. Mais les lésions régressent chez des personnes auxquelles on n’avait plus rien à offrir et ces effets durent plusieurs mois au prix d’effets secondaires assez mineurs.

C’est donc un nouveau domaine qui s’ouvre et qui fascine chercheurs, cliniciens et industriels car le marché est estimé à près de 30 milliards d’euros !

LIRE l’article du blog sur ce sujet 

Un virus VIH mystérieusement disparu

L’histoire la plus étonnante de 2013 c’est celle de cette petite fille américaine née porteuse du virus VIH.

De façon inhabituelle les médécins débutent un traitement à la 30ème heure de vie à base de trois médicaments, la fameuse trithérapie.
Au 30ème jour de vie, on ne détecte plus aucune trace de virus dans son sang et elle continue son traitement.
Mais les médecins vont vite perdre de vue la petite fille et ne la reverront qu’à 23 mois.
La mère leur avoue alors avoir arrété de lui donner tous ses médicaments depuis l’age de 18 mois. Plus de traitement donc depuis carrément 6 mois. On refait les analyses et là : RIEN ! Pas de virus détectable dans le sang. On fait des examens extremement sophistiqués en examinant des millions de cellules : pas de trace du virus. Et quand les chercheurs prsentent ces resultats en mars 2013 à Atlanta la fillette a 30 mois , plus de traitement et pas de trace du virus.
Assez incroyable et difficilement explicable. Le Dr Deborah persaud qui a suivi l’enfant reste prudente et parle de guérison ‘fonctionnelle’ car elle n’est pas certaine que le virus ne se cache pas quelque part.
Mais il n’est pas impossible qu’en frappant très tôt, la 30ème heure et très fort, 3 molécules, on n’ait pas laissé le temps au virus d’aller se cacher dans ce qu’on appelle les réservoirs, où il se met à l’abri et où les médicaments ne peuvent l’atteindre.
En tous cas, à ce jour le virus n’est toujours pas réapparu chez la fillette. Et elle n’a plus besoin de médicaments
LIRE l’article du blog sur ce sujet  

Et l’article scientifique dans le NEJM 

 

A suivre en 2014

La pose du premier vrai cœur artificiel est un grand événement. D’abord pour son inventeur, alain carpentier qui voit aboutir ainsi 25 ans de recherches. Mais pour les patients aussi bien sur qui sont en insuffisance cardiaque terminale et qui ont besoin d’une transplantation.
Il est évidemment beaucoup trot tot pour crier victoire. Il s’agissait avec ce premier cas de montrer que l’opération était faisable. C’est fait. Il va falloir encore implanter au moins une vingtaine de patients pour mesurer l’efficacité de cette bioprothèse.
Et ne pas oublier que vu sa taille et son poids ce cœur ne peut pas entrer dans toutes les poitrines. Il sera réservé à des cas très précis et ne remplacera donc jamais complètement la greffe cardiaque classique.
Un bel exploit donc mais qui ne doit pas faire oublier à quel point le don d’organe reste vital, c’est le mot, pour des milliers de femmes et d’hommes en France.

LIRE les 2 articles sur ce sujet  ICI et LA

 

Bonne et heureuse année à toutes et à tous et merci de votre fidélité.

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A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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