Paludisme : Une volonté d’élimination de la maladie en Chine et dans le Sud-est asiatique

C’est un défi gigantesque que vont lancer la Chine et ses voisins du Sud-est asiatique : éliminer le paludisme dans des grandes régions où le moustique vecteur du parasite frappe.
Le but est de freiner l’extension des zones de résistance à la molécule artémisinine, substance très efficace tirée d’une variété d’armoise.

Vu de nos contrées, le paludisme est vécu comme une maladie dont on doit se prémunir lorsqu’on part en vacances dans des contrées lointaines.
Mais pour des centaines de millions de personnes en Afrique et en Asie, le paludisme est une redoutable parasitose qui a touché environ 220 millions de personnes en 2010 et qui fait au moins cinq cent mille morts par an, dont beaucoup d’enfants en bas âge.

Le paludisme est une maladie difficile à combattre. Il y a d’abord le vecteur, un moustique appelé anophèle dont la femelle transporte le parasite et l’injecte à l’être humain lorsqu’elle vient faire ce qu’on nomme ses ‘repas de sang’.
Et il y a le parasite lui-même, le plasmodium décliné en quatre versions si j’ose dire : falciparum, malariae, vivax et ovale.
Les plus répandus sont P. falciparum et P. malariae, le falciparum est le plus mortel.

Au cours des années, les médicaments à base de quinine ont vu leurs effets s’épuise, d’autres molécules ont également atteint leurs limites d’efficacité en raison de l’adaptation du parasite aux produits.

Depuis quelques années on fonde beaucoup d’espoirs sur une molécule, l’artémisinine, tirée d’une plante chinoise de la famille de l’armoise, l’artémise annuelle ou quing hao su.

Mais voilà, les premières résistances à l’artémisinine sont apparues, notamment au Vietnam et en Birmanie et c’est déjà l’alerte rouge.

Le risque, en effet, est de voir ces résistances atteindre rapidement le sous-continent indien, Bengladesh et Inde. Et si cela se produisait, l’étape suivante à court terme ce serait la migration des résistances vers le continent africain.

Ce serait alors un scénario catastrophe car les traitements à base de cette molécule rendent de grands services en Afrique et les médicaments sont vendus à des prix très abordables grâce à l’action notamment d’une ONG suisse DNDI qui a convaincu des industriels de la nécessité de coopérer avec elle afin de mettre à disposition des produits efficaces et accessibles.

Le projet d’élimination du paludisme, et non d’éradication, va consister en des traitements de masse des populations dans les grandes régions concernées. Il ne s’agit pas de donner un traitement prophylactique comme celui que prend le touriste européen pour ses vacances lointaines.

Il s’agit de doses thérapeutiques destinées à tout le monde. L’organisation politique des pays de la région devrait faire qu’on devrait avoir une bonne couverture et peu d’échappements. Parfois les effets secondaires des régimes autoritaires peuvent avoir des côtés intéressants en santé publique !

A côté des traitements de masse il y aura aussi une distribution de répulsifs, produits à vaporiser sur la peau et les vêtements, notamment dans les plantations d’hévéas ou dans les exploitations minières.
Répulsifs encore mais sous forme de ‘plaques communautaires’, des plaques de grande taille qui seront installées dans les villages et destinées à éloigner les moustiques.

Aucune action propre envers les vecteurs ne sera mise en place, pas d’épandage d’insecticides ni de lâcher de moustiques stériles.

A l’horizon 2020 les initiateurs du projet espèrent obtenir une élimination quasi-totale du parasite dans les régions traitées.

Le défi est énorme mais l’urgence est là car le vaccin tant attendu et maintes fois annoncé n’a toujours pas fait ses preuves et la mise au point de nouvelles molécules pour traiter le paludisme ne semble pas être une priorité du monde de l’industrie pharmaceutique.

 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Paludisme : Une volonté d’élimination de la maladie en Chine et dans le Sud-est asiatique

  1. reitop dit :

    Monsieur le Docteur, sur le 13 heures de France 2 le lundi 16 décembre2013. sur la viande de cheval , vous venez nous expliquer qu’il n’y à aucun danger de la consommer, ou vous êtes vous renseigné, à l’abattoir mis en cause ? s’il n’y a aucun danger pourquoi est elle impropre à la consommation?.
    enfin , comment nous les consommateurs peut ont vous faire confiance puisque dans les 3/4 d’affaires de labos, médicaments ou cheval vous minimiser les risques au détriments des consommateurs, ou patients.
    bien à Vous.

    • docteurjd dit :

      Je vois que vous tenez une compatibilité de mes interventions. Que dire face à ce genre de propos ? C’est tellement facile, médiocre et bas de gamme.
      Vous dites des choses sans savoir comment je travaille.
      C’est juste pitoyable

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