Faut-il avoir les médicaments du rhume dans le nez ?

Le centre de pharmacovigilance du CHU de Toulouse attire l’attention sur les médicaments du rhume contenant des vasoconstricteurs. Il recommande même que cesse leur utilisation. Un cas très pratique de balance bénéfices-risques.

C’est vrai que certains des produits trouvés dans ces remèdes en vente libre sont susceptibles d’élever la pression artérielle. C’est la même chose avec les gouttes nasales, délivrées sur ordonnance.
Ces vasoconstricteurs resserrent la paroi des vaisseaux des fosses nasales et vont donc aider à réduire l’œdème des tissus qui tapissent ces parois, augmentant le passage de l’air.

On a pu constater de façon rare, voire très rare, des accidents cardiaques et vasculaires, même à petite dose liés aux effets dans l’organisme de ces molécules vasoconstrictrices, comme des infarctus ou des accidents vasculaires cérébraux

D’autre part ces produits peuvent interférer avec d’autres médicaments pris par ailleurs dans le cadre de traitements de diverses pathologies et en augmenter les effets, ce qui peut conduire à des accidents.
.
Mais, si vous avez la tête comme un chou-fleur, le nez pris et qu’allongé vous ne respirez pas, si vous passez la nuit sans dormir et à tourner en rond dans la maison, vous allez aussi faire monter votre tension et vous serez mal le lendemain matin.

On peut donc, en cas de grand inconfort utiliser ces médicaments en sachant qu’on prend un risque minime mais pas nul.
C’est là qu’intervient le rôle fondamental du pharmacien.
Il vous connait, sait ce que vous prenez ou peut accéder dans certains cas à votre dossier pharmaceutique personnel. Il peut aussi vous demander vos traitements habituels et vérifier en quelques clics de souris si vous pouvez entrer dans le cadre d’une incompatibilité médicamenteuse.

Si vous faites le choix de prendre ce médicament, mieux vaut le faire uniquement à la dose strictement recommandée et de façon exceptionnelle.

Et ne donner ce type de produit ni à un enfant, ni à une femme enceinte.

Le bulletin du Centre de Pharmacovigilance 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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14 réponses à Faut-il avoir les médicaments du rhume dans le nez ?

  1. ALIMA dit :

    Bonjour, peut on prendre du Yendol pendant la grossesse?

    • docteurjd dit :

      Comme il est bien précisé sur la page du blog je ne donne aucun conseil médical et je ne recommande aucun médicament.

      Ce blog est un site d’information uniquement. Mais rien ne vous interdit d’en parler avec votre médecin traitant ou le spécialiste qui vous suit ! Ces praticiens connaissent votre dossier et vous répondront utilement et plus efficacement que moi qui ne sais rien de vous.

      J’espère que vous voudrez bien me comprendre et je vous remercie de l’intérêt et de la fidélité que vous portez à ce blog.

      Jean-Daniel Flaysakier

  2. TouletemKO dit :

    Bonjour Docteur Flaysakier,

    Sujet chronique à tous les rhumes, angines, etc, à chaque mauvaise saison depuis ma plus tendre enfance, j’ai du passer toute la première partie de ma vie à souffrir d’une grande fatigue permanente engendrée chaque année par ces « bobos saisonniers ». Ceci influençait bien évidemment négativement sur mon efficacité et ma présence à l’école puis au travail ainsi que sur ma vie toute entière qui se voyait traverser systématiquement chaque mauvaise saison dans un état physique de grand épuisement (je n’exagère pas).
    Puis un jour une femme médecin du travail m’a conseillé d’essayer l' »IRS 19″, une solution d’un lysat à s’administrer en pulvérisation nasales à raison de 2 ou 3 fois/jour durant 3 ou 4 semaines à la fin de chaque été / début d’automne. Le résultat a été immédiat et véritablement extraordinaire (je n’exagère pas). Je pouvais enfin (re)vivre et travailler normalement, hiver comme été. Malheureusement cet IRS19 à un jour disparu des rayons des pharmacies, et aussitôt mes petits malheurs saisonniers ont recommencé. Au point que cela à joué lorsque j’ai eu l’opportunité de partir travailler sous les tropiques, donc de me débarrasser de ces fatigues annuelles exténuantes. Mais tout à une fin et j’ai du rentrer en France. A présent l’automne est bien avancé et j’ai commencé à ressentir les premiers symptômes de ces maux de nez et de gorge que je connais trop bien.
    -Aucun pharmacien n’a été en mesure de m’expliquer pourquoi l’ IRS19 n’est plus disponible. Connaissez-vous l’explication ? Était il dangereux ?
    -Ne pensez-vous pas que pour les gens comme moi, aussi sensibles aux infections ORL, il était une bien meilleure solution préventive… que tout ces médicaments curatifs contenant des vasoconstricteurs dont il est question dans votre article ? (d’autant que moins couteux pour la SS puisque je n’ai jamais cherché à me le faire rembourser tant il était indispensable à mon bien-être, et que je n’avais pas non plus besoin d’aller voir un médecin)
    -Pouvez-vous m’indiquer une solution de remplacement à L’IRS 19 ?

    Merci d’avance pour vos éclaircissements.

    Bien cordialement

    • docteurjd dit :

      Hélas non.Comme il est bien précisé sur la page du blog je ne donne aucun conseil médical et je ne recommande aucun médicament.

      Ce blog est un site d’information uniquement. Mais rien ne vous interdit d’en parler avec votre médecin traitant ou le spécialiste qui vous suit ! Ces praticiens connaissent votre dossier et vous répondront utilement et plus efficacement que moi qui ne sait rien de vous.

      J’espère que vous voudrez bien me comprendre et je vous remercie de l’intérêt et de la fidélité que vous portez à ce blog.

      Jean-Daniel Flaysakier

  3. RENGOT dit :

    Bonjour Docteur,
    Ma femme âgée de 58 ans à deux plaques de psoriasis. Elle utilise des crèmes à base de lait tel que Nivea pour la soulager de l’irritation. Etant jeune ma femme utilisait une pommade nommée Locasalene qui a été retirée maintenant du marché. Pouvez-vous m’indiquer s’il existe une pommade efficace contre cette maladie?
    Merci à l’avance.

    Hervé.

    • docteurjd dit :

      Comme il est bien précisé sur la page du blog je ne donne aucun conseil médical et je ne recommande aucun médicament.

      Ce blog est un site d’information uniquement. Mais rien ne vous interdit d’en parler avec votre médecin traitant ou le spécialiste qui vous suit ! Ces praticiens connaissent votre dossier et vous répondront utilement et plus efficacement que moi qui ne sait rien de vous.

      J’espère que vous voudrez bien me comprendre et je vous remercie de l’intérêt et de la fidélité que vous portez à ce blog.

      Jean-Daniel Flaysakier

  4. Kate dit :

    BRAVO !…..enfin des professionnels responsables ! j’ai constaté qu’un rhume soigné durait une semaine et qu’un rhume non soigné durait 8 jours…. alors ???
    Le bon sens ( n’en déplaise aux laboratoires pharmaceutiques) préconise un lavage des narines au sérum physiologique ( eau et sel à concentration identique aux larmes) pour tout le monde surtout pour les ENFANTS chez qui la muqueuse nasale est très fragile.
    A la rigueur si le nez est  » bouché » une inhalation avec 2 gouttes d’huile essentielle adaptée dans de l’eau frémissante est possible ; personnellement c’est ce qui me soulage le mieux, le soir avant le coucher cela permet de respirer plus facilement.

  5. lili dit :

    Docteur, Je profite de votre site, soucieux du bien de vos semblables, à propos de médicaments pour le rhume, qui passent souvent pour anodins, ne doivent absolument pas être pris par les personnes ayant des problèmes de prostate. Ils risquent de finir aux urgences ! Il s’agit des ATROPINIQUES (mais je n’en connais pas les noms). J’ai même mis un carton écrit en rouge, bien visible, dans le portefeuille de mon mari.

  6. Kimou dit :

    Bonjour docteur:
    J’ai fort apprécié les commentaires précédents au sujet du danger;même minime que représente l’usage des vaso-constricteurs nasaux et de l’ibuprofène.Aussi ma femme étant fort enrhumée à présent,je l’ai automédiqué avec du Yendol et des pastilles Euphon pour la gorge.
    Par ailleurs je suis constamment enrhumé et les médecins ont diagnostiqué de l’allergie.quel traitement suivre!
    Qu’en pensez-vous?

  7. Dr M. dit :

    Bonjour, je suis de base un adepte de « ça va passer, prenez des mouchoirs voire du paracétamol, à vos frais puisque c’est pour le confort », et je suis bien content qu’on critique ces médicaments, plus parce qu’ils sont en vente libre que parce qu’ils ne servent qu’au confort des enrhumés, malgré les effets secondaires qu’ils peuvent provoquer.
    Je voulais rebondir alors sur le même principe mais bizarrement dont personne ne parle alors qu’il fait l’objet de nombreuses publications: l’IBUPROFENE et les AINS (Anti inflammatoires non stéroïdiens) en général. Bon les AINS sont sous prescription médicale et les conséquences sur les pathologies infectieuses sont a priori de la responsabilité du médecin prescripteur. Mais pourquoi l’Ibuprofène est il en vente libre alors que c’est un anti inflammatoire! Dans ma courte carrière (7 ans en tant que sénior) combien de cellulite de la face, fasciite nécrosante de la jambe, 2 gangrènes gazeuses, et je ne sais combien de transfert en réanimation avec ou sans décès j’ai vu, pour des pathologies plus ou moins sérieuse, complètement aggravée par la prise de ces substances. En ce qui concerne les AINS et les premières complications citées il s’agissait d’une prescription médicale aberrante; mais pour l’ibuprofène, il s’agissait de patient présentant des symptômes classique d’infection ORL, ou « rhume », peut-être parfois une infection pulmonaire mais sur des terrains non compliqués… et là auto médication ou pire conseil par le pharmacien! « de la fièvre maux de gorge, prenez de l’ibuprofène » je rêve!! Combien sommes nous à avoir appris que dans un processus infectieux quel qu’il soit on ne donne pas d’anti inflammatoire?? c’est un axiome dans les infections cutanées (a priori pas pour tous mes confrères) alors pourquoi on va donner ça dans une autre infection?? La dernière patiente en date était celle conseillée par le pharmacien; elle s’était auto médiquée par ibuprofene et voyant que ca ne s’améliorait pas, le pharmacien a remis le couvert avec une autre marque d’ibuprofene; résultat 1 semaine en réanimation pour abcès pulmonaire, avec 48h d’intubation. Et j’ai bien d’autres exemples.
    Je me souviens que ce genre de contre indication m’avait marqué lors de mon stage de pédiatrie, lorsque le chef de service nous expliquait que les AINS facilitait le passage du méningocoque dans les méninges chez les enfants… Je trouve criminel de donner ce médicament à un enfant au même titre que l’aspirine, paracétamol point.
    Voilà mon coup de gueule que je pousse depuis des années et je mets toujours en garde mes patients… malheureusement aucun écho dans la presse même spécialisée… vous avez tiré une sonnette pour la pseudoéphédrine, mais je pense que l’ibuprofène fait bien plus de ravage et mériterait un mot de votre part comme celui du journal de la santé sur France 5; je ne suis qu’un jeune médecin généraliste et urgentiste qui n’a pas votre potentiel d’écoute et de diffusion. Bien confraternellement.

  8. armance dit :

    Les lecteurs de la revue Prescrire sont avertis depuis plusieurs années des risques rares mais graves encourus avec les vaso-constricteurs nasaux. De là à ne plus prescrire… C’est en fait un travail de longue haleine.
    Personnellement, j’ai entrepris il y a 7 ou 8 ans de limiter mes prescriptions de sirops « pour » (ou contre?) la toux. Leur déremboursement m’a grandement accéléré le travail, je n’en prescris plus qu’exceptionnellement. J’ai commencé il y a 2 ans à ne plus prescrire systématiquement des « pouët-pouët pour le nez », principalement aux enfants, en faisant largement la promotion du lavage de nez au serum physiologique, démonstration à l’appui. Ca finit par porter ses fruits, mes ordonnances sont largement plus courtes cette année qu’il y a 7 ans lors de mon installation, mais il est possible que les patients les plus insatisfaits aient migré. La pression des patients y est toujours: « on a toujours fait comme ça ». Si je leur parle du risque rare mais grave, ils ne l’ont pratiquement jamais expérimenté dans leur entourage et me trouvent plutôt alarmiste (les plus paranos pensent que je brigue une seconde consultation pour une aggravation…). On sort aussi de la logique consultation=ordonnance. Les parents amènent souvent leurs enfants pour vérifier qu’il n’y ait pas de signe de gravité ou obtenir simplement une « conduite à tenir ».
    Le problème de perception du risque est identique avec l’usage concommitent de contraception oestro-progestative et du tabac: nous, médecins, parlons de risque élevé d’accident thrombo-embolique dans ce contexte, et les femmes, surtout les ados, ont toutes des copines qui fument, prennent la pilule et se portent très bien. Il faut donc y revenir souvent pour arriver à convaincre, avec plus d’efficacité quand on est plusieurs à tenir le même discours.

    • docteurjd dit :

      merci beucoup de ce point de vue venu du terrain et fort équilibré

    • Dr M. dit :

      Une réalité du terrain que j’ai aussi expérimenté; tout est dit… difficile de faire comprendre cela aux patients et difficiles pour certains médecins de résister devant le risque de perdre des patients.
      Je pense comme vous qu’il ne faut pas céder, le prescripteur, le professionnel c’est le médecin, pas le patient; nous ne sommes pas des commerçants, nos patients ne sont pas des consommateurs.
      J’ai banni depuis longtemps les sirops pour la toux, les vasoconstricteurs nasaux et autres médicaments de confort… faut-il parler de l’homéopathie hum… encore si elle n’était pas remboursée ça irait, mais ceci est un autre débat…

      au plaisir de vous relire…

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