Radiothérapie : les leçons de l’après Epinal

Les accidents graves liés à la sur-irradiation des patients traités pour cancer à Epinal et les accidents de Toulouse, moins graves mais sérieux quand même, ont entrainé la prise de mesures drastiques par les pouvoirs publics à compter de 2008

Les 172 centres  privés et publics ont vu leurs pratiques examinées à la loupe. Ceux qui ne rentraient  pas dans les normes exigées ont eu un choix simple : s’adapter quitte à passer sous la coupe d’un centre plus gros ou bien disparaitre.

Et tout le monde a fait l’effort, notamment en engageant des physiciens médicaux, spécialisés dans la gestion des rayonnements. Le parc de matériel a aussi été renouvelé puisque près de 60 % des appareils en service ont aujourd’hui moins de dix ans.

Autre changement fondamental l’obligation de suivre les patients traités pendant 5 ans après la fin des rayons. Obligation de reporter également tout incident ou accident. Et quand je dis tout c’es tout, même les plus minimes sont enregistrés.  Ce signalement est local et national, la remontée se fait après classification du niveau de l’incident.

 

Aujourd’hui en termes d’obligations de contrôles, de qualifications, de qualité, la radiothérapie rejoint l’anesthésie qui est la discipline médicale la plus encadrée

 

Pourquoi il ne faut pas baisser la garde et rester vigilant.

La radiothérapie est un traitement majeur et indispensable dans beaucoup de types de cancers. Plus de cent cinquante mille patients y ont recours chaque année.

Les matériels utilisés sont donc de plus en plus sophistiqués et délivrent des doses de rayons de plus en plus élevées pour améliorer l’efficacité des traitements. L’idéal ce serait de n’irradier que l’organe à traiter et le moins possible les organes à l’entour. Maïs ce n’est pas toujours simple ni toujours possible. De gros progrès ont cependant été faits, grâce à des appareils qui, par exemple, sont asservis à la respiration du patient et arrêtent le rayonnement quand l’organe-cible a bougé

C’est important car irradier un sein c’est irradier aussi le poumon et le cœur et si on n’y prend pas garde, des dégâts importants peuvent résulter d’un mauvais ajustement du faisceau.

Tout est en place pour que les dramatiques incidents d’Epinal ne se reproduisent pas, mais le risque zéro n’existe pas en médecine et il faut penser toujours et sans cesse à la sécurité des patients.

Donc il faut garder une vigilance de tous les instants et retenir la leçon d’Epinal.

 

 

Le rapport 2011 de l’Institut National du Cancer sur la radiothérapie

 

 

 

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A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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7 réponses à Radiothérapie : les leçons de l’après Epinal

  1. Jean-Claude dit :

    Dans l’affaire des irradiés d’Epinal que vous avez expliquée sur France 2 au journal de 13 heures, il n’a jamais été question des propositions de traitement faites à ces multiples victimes.
    Or, la sur-irradiation a été découverte après que le service de médecine hyperbare de l’hôpital de Nancy se soit vu présenter par les gastroentérologues un nombre inhabituel de cas de rectites ou cystiques radiques dont une majorité provenait d’Epinal. Une vingtaine de cas ont été traités par OHB à Nancy, ailleurs on ne sait rien.
    En effet l’oxygénothérapie hyperbare (OHB) est une indication reconnue par l’HAS pour la prise en charge de ces pathologies iatrogènes résultant d’irradiations collatérales (rectites, cystites et mandibulaires principalement…). La guérison n’est pas systématique mais les améliorations sont significatives (saignements, douleurs, cicatrisation….). Le Dr Briquel était en charge de ces traitements à Nancy.
    Ni le rapport de IGAS ni celui de l’IRSN, que j’ai lus attentivement, n’abordent cette question du suivi de ces victimes et de leur prise en charge quelque soit le moyen (OHB, Laser YAG, Argon, médications… que sais-je encore puisque peu de thérapies sont efficaces et elles sont mêmes parfois dangereuses, si ce n’est l’OHB).
    Alertés sur cette idée que l’OHB aurait pu être proposée systématiquement à tous ces patients pour une consultation d’évaluation du potentiel de cette méthode sur leur cas particulier, les deux organismes ont répondu que l’idée était très intéressante et que le dossier était transmis aux médecins concernés… je n’ai jamais reçu ni réponse ni demande d’information complémentaire.

    Voilà donc une question qu’il faudrait poser aux juges…

    Par ailleurs les cas figurant sur le blog de patients ayant eu des effets secondaires iatrogènes, un seul relève directement des indications de l’OHB. Les problèmes pulmonaires voire cardiaques n’ont pas été évalués avec un traitement OHB et ne font donc pas partie des recommandations de cette thérapie.
    Quel est votre avis sur cette question ?
    Comment faire connaître cette technique, disponible dans 30 centres hospitaliers en métropole et 6 dans les TOM-DOM, par les oncologues, les radiothérapeutes et les gastroentérologues qui prétendent un peu vite ne pas avoir ce type de problèmes à résoudre du fait de leur excellente technique ? Comme l’a démontré cette affaire en cours !

    Sur le blog il y a déjà au moins un cas qui aurait mérité une consultation avec un médecin hyperbariste… pour envisager l’OHB en temps utile.

    Voir sur le campus virtuel de l’Université Paris XIII le cours du diplôme Inter-Universitaire de Médecine de Plongée et de Médecine hyperbare (Journée Nationale année 2010) correspondant à cette indication:
    https://campusvirtuel.smbh.univ-paris13.fr

    Jean-Claude,

    Enseignant des DU et DIU et à la Journée Nationale des DIU et DU de médecine de plongée et de médecine hyperbare dans diverses universités.

  2. Picorna dit :

    cette mesure fera du bien aux radiothérapeutes qui négligent pour leur très grande majorité les effets secondaires de leur thérapeutique voire les nient. Ces effets secondaires sont bien souvent gérés par les oncologues (cancérologues) et hématologues (y compris pendant la phase d’irradiation !!!) et on constate une décroissance de la radiothérapie dans certaines indications telles que les lymphome de Hodgkin.

  3. Baron Anne dit :

    J’ai terminé mes 33 séances de radiothérapie en novembre 2011..
    A ce jour je n’ai jamais revu la radiothérapeute.. Elle m’a dit que ce n’était pas la peine…

    Je viens de voir l’oncologue et lorsque je lui ai parlé entre autre d’un contrôle des poumons .. « ce n’est pas dans le protocole »..

    Ne parlons pas des autres examens ..qui ont été « réduits » au plus simple .. écho mammaire au centre 1 fois / an, l’ écho pelvienne à faire en ville tous les ans..

    Ma numération sanguine n’est jamais remontée suite aux chimios, radioT.. et j’ai un taux de globules blancs bien en dessous de la norme..
    A moi de voir avec ma généraliste..

    En tant que patient j’avoue ne plus vraiment savoir que ou qui croire..

    Merci de tout ce que vous nous apportez..

  4. tourenq dit :

    bonjour j ai vu votre intervention ce midi a france 2 j ai ete tres surprise d apprendre qu il y avait un suivi apres une radiotherapie +chimio. Ayant subie par 2 fois des rayons suite a quoi j ai un probleme aux 2 poumons ,personne de ma demander de revenir les voir .Si ce n est mon medecin traitant apres des problemes d etouffements vu que les poumons son irradies

    • docteurjd dit :

      Tout dépend de la date de votre traitement. Cette disposition est récente. mais vous pouvez contacter votre radiothérapeute et lui demander de vous revoir.

  5. Vechio-Zazzera Jacqueline dit :

    Mon mari a été traité en 2006 pour un cancer de la prostate,
    40 séances de radiothérapie à l’hôpital Saint-Louis de Paris, suite
    à cette radiothérapie il a été victime de problèmes similaires à ceux
    énoncés par les victimes d’Epinal.Malheureusement à Paris rien n’a été signalé.Aucun des médecins n’a voulu reconnaître que cela pouvait être
    provoqué suite à la radiothérapie,pourtant sa vessie a été détruite il a été opéré l’année dernière sa vessie a été retirée.Le pauvre a énormément souffert tout cela pour partir fin 2011.Je voulais signaler
    qu’ici il y a eu des personnes ayant subi également les mêmes problèmes,mais parsonne n’en a jamais parlé!!! C’est regrettable!!!

  6. YANN dit :

    Pour de l’imagerie, même médicale, à Épinal on s’attendait plutôt à l’excellence !… 🙂

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