Génériques : suite mais pas fin.

Le marché des médicaments génériques est à la baisse pour la première fois en douze ans.Dans un article des ‘Echos’ accessible également en ligne, une analyse de cette diminution des prescriptions pointe le recours de plus en plus systématique des médecins à la mention ‘ne pas substituer’, privant ainsi le pharmacien de la possibilité de délivrer un médicament générique.

Cela veut également dire que la règle de prescription en DCI, c’est-à-dire avec le nom de la molécule et non l’appellation commerciale recule également.

Il y a des tonnes de choses qui ont été dites sur les génériques, beaucoup s’avèrent fausses.Mais il est vrai que certains excipients accompagnant le principe actif peuvent être plus mal tolérés que dans le produit d’origine.Les neurologues ont nourri quelque inquiétude au sujet d’antiépileptiques notamment et il a été admis qu’ils puissent refuser la substitution.  Mais toutes les spécialités maintenant s’y mettent.

J’avais fait part il y a deux ans environ d’une étude publiée dans le JAMA montrant que dans le domaine cardiovasculaire, les génériques ne faisaient pas plus mal que la molécule princeps.Cette étude avait été publiée quelques jours après que des cardiologues hospitaliers ont déclaré dans ‘La Croix’ qu’ils n’avaient pas confiance dans les génériques. Mais leurs arguments ne reposaient sur aucune étude sérieuse.
Comble de l’ironie, l’un d’entre eux vantait peu de temps après dans ‘Paris-Match’ les vertus d’une molécule pas encore sur le marché et qui devait révolutionner la prise en charge de l’hypertension artérielle.Cette page de promotion n’a pas été prophétique, le médicament ainsi vanté ayant largement déçu depuis !
En Allemagne, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, la prescription de médicaments génériques atteint 40 à 50 % du total des produits délivrés en pharmacie. En France on en reste à 25 %.
Au passage, remarquons que les trois pays cités ont un palmarès de découverte de médicaments innovants bien supérieur au notre. Donc, contrairement à ce qu’on raconte, le générique ne tue pas la recherche. La plupart des grands laboratoires en fabriquent

L’article publié sur ‘LesEchos.fr’


L’article sur l’étude du JAMA

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

8 réponses à Génériques : suite mais pas fin.

  1. mecontant dit :

    medicament generique le tiers payant, à qui doit on se fier, au médecin ou au pharmacien.? Mon medecin me prescrit un médicament non generique et le pharmacien me vend le generique sous peine d’avancer la totalite du prix du medicament.
    ne serait ce pas au médecin de nous prescrire d’office le medicament generique? Que gagne t il donc à ne pas les préscrir sur l’ordonnance ???? c’est encore nous pauvres assurer qui payons, car le pharmacien aussi est gagnant sa part est plus importante sur un medicament generique qu’un medicament ordinaire.

  2. meric dit :

    bjr et felicitations pour votre discour au jt de 20h hier au soir sur les generiques…enfin un journaliste competent …il etait temps…les medecins montrent une fois de plus leur incompetence mais aussi leur asservissement aux labos et a l argent…comme jaimerai vous avoir en ligne pour vous expliquer le petit test que je realise avec mes amis medecins …et qui leur met le nez dans le caca …j ai fabrique des medts pendant de longues annees et un test tout simple met fin a toute polemique…un reve le voir realise sur un plateau tv…alors…quoiqil en soit la sante est en train de s effondrer et le smedecins en portent la lourde responsabilitee…au plaisir et encore merci et felicitations

  3. MissLondres dit :

    Ne pas oublier aussi les problèmes d’absorption de la lévothyroxine qui diffère selon les excipients, du princeps au générique, il y a jusqu’à 30 pr cent de différence pour un même dosage sur le paquet !! Sachant que 1/8 de la population souffre de problème de thyroïde, ce n’est pas étonnant, qu’après la liste des 77 médicaments de l’AFSSAPS, il y ait plus d’ordonnance avec du Lévothyrox non substituable.

  4. jarenhé dit :

    monsieur, tout d’abord, un témoignage : j’ai l’impression qu’en milieu hospitalier, les médecins ne connaissent pas les génériques. Suivie depuis 5 ans au centre René Gauducheau (aujourd’hui ICO) de Nantes, on me prescrit toujours le princeps alors qu’il existe des génériques. C’est le pharmacien qui me conseille de prendre un générique à la place.

    Une question ensuite : la molécule « active » du Fosamax est l’acide alendronique sous forme d’alendronate monosodique trihydraté (princeps). Or il existe plusieurs génériques et je me suis aperçue que celui du laboratoire Teva était en fait constitué d’alendronate monosodique monohydraté, alors que ceux des labos Ratiopharm ou EG par exemple contenaient bien la molécule trihydratée.
    Peut-on dire alors que les génériques correspondent bien à la même molécule ?
    Ayant fait des études de chimie, je pense que les 2 molécules d’eau suppléméntaires du princeps ont peut-être un rôle lorsque la molécule interagit dans le corps, la configuration et la conformation spatiales des princeps et génériques étant différentes.
    merci de votre attention à mon commentaire

    • docteurjd dit :

      Les hôpitaux utilisent les génériques depuis longtemps et en assez grande quantité. mais les prescriptions hospitalières destinées à être délivrées en ville ne suivent pas toujouirs le même chemin!
      La question que vous me posez dépasse de très loin mes compétences. Je pense que vous devriez écrire au laboratoire et qu’ils vous répondront sur ce point technique.
      Tous mes voeux dans la conduite de votre traitement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.