Cancer du sein : le lipolifting semble une technique sûre de reconstruction après mastectomie.

Prélever des graisses sur le corps d’une patiente et les utiliser pour reconstruire un sein après mastectomie ne fait pas courir de risque de récidive du cancer. C’est ce que montre une étude publiée aujourd’hui dans la revue ‘Annals of Oncology’.

Cela fait une trentaine d’années que les chirurgiens ont commencé à faire des ‘lipoliftings’. Cette technique consiste à aller prélever de la graisse sur l’abdomen ou sur les fesses. On s’en sert pour reconstruire un sein après une mastectomie. Cette technique permet de corriger les problèmes d’asymétrie qu’on rencontre avec les prothèses en silicone.

Les reconstructions imposent, en effet, souvent plusieurs interventions pour harmoniser la taille et la forme des deux seins, un parcours qui peut durer de long mois.

Mais la crainte des médecins c’est qu’en prélevant ces graisses, on prélève également des éléments comme des facteurs de croissance capables de faire proliférer des cellules cancéreuses. Cette possibilité a été démontrée expérimentalement.

Une longue étude a donc été conduite dans le prestigieux Institut Européen d’Oncologie de Milan, en Italie.
Les médecins ont inclus 321 femmes ayant bénéficié d’une chirurgie reconstructive pour cancer du sen entre 1997 et 2008 avec lipolifting. Dans 89 % des cas, le cancer primitif était invasif.
Ils ont également suivi un groupe dit ‘contrôle’ fort de 642 femmes ayant subi une reconstruction pour les mêmes motifs mais sans ce lipolifting.

Le suivi médian après cette greffe graisseuse a été de 26 mois.
Huit femmes dans le groupe ‘lipolifting’ et dix-neuf dans le groupe contrôle ont eu une récidive locale. Statistiquement, cette différence n’est pas significative

Sur un très petit échantillon de 37 cas de lésions ‘in situ’, on a constaté 3 cas de récidive locale dans le groupe ‘lipolifting’ et aucun cas dans le groupe contrôle. Mais des problèmes méthodologiques et une taille d’échantillon faible ne permettent pas de tirer de conclusions.

Il semble donc, au vu de cette étude, que la méthode de transfert autologue de graisse n’entraine pas un risque de récidive locale d’un cancer du sein après reconstruction.

Prudents, les auteurs de l’étude demandent cependant à leurs collègues qui ont de grandes séries de patientes de mener des études identiques afin de renforcer leurs résultats. Ils demandent également que ces techniques soient réalisées dans des centres avec une importante activité et capables de suivre les patientes au plan oncologique.

En un mot, éviter le bricolage et ne paas privilégier l’esthétique aux dépens de la sécurité.

Une démarche importante afin de permettre de continuer à pratiquer en toute sécurité une technique qui, au plan esthétique, permet aux patientes de sortir de la maladie et de retrouver un sentiment d’intégrité physique très utile au processus de guérison.

Référence de l’étude :

J.Y.Petit et al.
Locoregional recurrence risk after lipofilling in breast cancer patients
Annals of Oncology.Published online May 24, 2011. doi:10.1093/annonc/mdr158

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Cancer du sein : le lipolifting semble une technique sûre de reconstruction après mastectomie.

  1. sylva.cazin dit :

    Bonjour. J’ai eu en 2002 une reconstruction mammaire unilatérale aprés 2 cancers et une mastectomie. A l’époque j’avais hésité sur le choix de la méthode avant de me lancer avec le centre anti-cancéreux où j’ai été soignée. Dans une clinique on m’avait décrit une méthode qui consistait à prélever une partie des muscles abdominaux pour reformer le sein de façon esthetique L’idée de risquer de me retrouver avec une plaque abdominale ne me plaisait pas Finalement j’ai continué à faire confiance à ce centre anti-cancéreux qui me suivait et j’ai bénèficié d’une prothése de sérum-phy. avec reconstruction d’une partie du petit dorsal rabattu sur le devant. Je vous pris de m’excuser pour cette description assez peu médicale, qui peut paraitre invasive , mais que finalement je ne regrette pas. Cependant l’idée pour une femme, dans le contexte d’une reconstruction ,de pouvoir bénèficier d’un »grattage » de sa graisse abdominale peut être séduisante. Je me souvient de cette période extremement difficile de l’aprés cancer où le corps « mutilé », grossi par les corticoïdes etc…devient un cauchemar!! Alors vous avez raison d’insister sur l’importance de ne pas se jeter tête baissée sans avoir pris d’abord toutes les sécurités médicales de technicité au profit de l’esthétique: n’oublions pas qu’on s’adresse à des femmes….Merci beaucoup Monsieur

    • docteurjd dit :

      REPONSE A SYLVA :

      je suis content que vous ayez pu passer cette double épreuve aussi bien et je vous souhaite de garder cette forme et cette volonté !

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