La retraite c’est moins d’antidépresseurs.

La retraite c’est bon pour le moral. Il semble, en effet, que les retraités consomment moins d’antidépresseurs une fois l’activité professionnelle arrêtée. C’est ce que confirme une étude finlandaise publiée dans la revue Epidemiology.

On n’est pas obligé de travailler chez France Télécom pour ressentir une pression souvent à la limite du supportable dans son activité professionnelle. Beaucoup d’entreprises et pas seulement les grosses, voient les arrêts-maladie et les absences augmenter chez des salariés mal dans leur peau. Des salariés qui, souvent, disent ‘vivement la retraite’.
Une phrase qui semble trouver une nouvelle fois sa justification  comme le montre une étude publiée dans la revue américaine Epidemiology.
Ce sont des chercheurs finlandais qui se sont penchés sur le cas de11019 fonctionnaires de leur pays, enseignants, agents territoriaux et infirmières. Ils ont suivi leur consommation d’antidépresseurs pendant neuf ans, soit l’année de la prise de la retraite et quatre ans avant et après la cessation d’activité. La population étudiée était composée de      75 % de femmes.
Trois catégories ont été considérées : la première concernait les départs à la retraite à l’âge légal, entre 63 et 65 ans (60 ans pour les enseignants et les infirmières). L’effectif était de 7138 personnes.
Deuxième catégorie : la cessation d’activité prématurée en relation avec des problèmes psychiques, 1238 personnes avec un âge moyen à l’arrêt de 52 ans.
La dernière catégorie comprenait 2643 personnes arrêtées prématurément pour problèmes physiques.
Dans la première catégorie, on constate une décroissance quasi-constante du recours aux antidépresseurs pendant les 9 années de suivi avec, cependant, une légère remontée dans l’année  de la cessation d’activité.
Quatre ans après la retraite, la prévalence de consommation d’antidépresseurs était de 4 % dans le groupe parti à l’âge légal, en baisse de 23 % par rapport aux années d’activité. Cette baisse atteignait même 35 % chez ceux dont la dernière année professionnelle avait été marquée par des arrêts de travail.

Dans le groupe arrêté avant l’âge légal, la prévalence à la même époque était de 14  % pour la population ayant eu à souffrir de problèmes physiques et de 42 % dans le groupe arrêté précocement pour troubles psychiques.
Ce travail conforte les résultats déjà obtenus dans une étude française qui suit une cohorte de salariés appartenant à ce qu’on appelait encore EDF-GDF. Même résultat aussi pour une étude anglaise, l’étude Whitehall II.

Cette diminution de consommation dans le groupe parti à l’âge légal peut s’expliquer par le fait d’être soulagé de la pression liée à la charge et à l’ambiance de travail. Il faut sans doute également considérer le fait que les personnes ont plus le temps de s’occuper d’elles-mêmes et de s’adonner à des activités qui font plaisir.
Enfin, travailler jusqu’au terme légal peut aussi donner la sensation qu’on a rempli son devoir et mérité sa retraite !

Référence de l’étude :
Tuula Oksanen et al.

Is Retirement Beneficial for Mental Health?
Antidepressant Use Before and After Retirement
Epidemiology 2011; 22, 4. Published online DOI: 10.1097/EDE.0b013e31821c41bd
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A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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5 réponses à La retraite c’est moins d’antidépresseurs.

  1. Daniele Hawkins dit :

    Je ne pense pas que ce diagnostic soit valide pour tout le monde, parce que nous sommes tous différents et les circonstances de chacun sont différentes elles aussi.

    J’ai eu beaucoup de difficultés à m’adapter au nouveau rythme de vie de retraitée. J’aimais beaucoup mon travail, et j’aimais la confiance que mes employeurs avaient en moi. Pour moi, le travail c’est la santé, effectivement. On ne peut pas lire ou sortir sans cesse. Maintenant et depuis un certain nombre d’années, je m’investis dans le bénévolat et je travaille tout autant que lorsqu’on me payait pour le faire. Mais au moins, je sais que je suis utile, et que ce que je fais aide souvent des personnes dans le besoin, moralement. Je pense que je vieillis moins vite en restant active et on pourrait même dire, trop active. Mon médecin semble être d’accord avec ce mode de vie.

  2. Dr.Feelgood dit :

    Et comme le disait le regretté philosophe HS : «travailler c’est la santé. .. rien faire, c’est la conserver!»

  3. Mon expérience personnelle, bien qu’elle ne soit pas statistiquement significative, va dans le sens de votre article. Je n’arrive toutefois pas encore à me passer totalement d’anxiolytiques pour m’endormir.

  4. Jean-Marie Le Ray dit :

    Bonjour, et bienvenue à ce nouveau blog !
    Bloguer est une aventure magnifique, de longue haleine. Donc courage pour ce nouveau voyage, avec un zeste d’humour, évidemment, mais ça vous n’en manquez pas 🙂

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