Le mandarin, le distilbene, les pesticides et les médias.

Des annonces tonitruantes qui relèvent plus du spectacle que de la science et qui blâme-t-on ? Les médias, pas les ‘scientifiques’. Certes, la presse ne fait pas toujours son travail mais c’est plus simple de fustiger la presse que de s’en prendre à certains mandarins.

La semaine dernière, vous avez sans doute entendu sur votre radio du matin l’information suivante : les petits enfants de sexe masculin des femmes ayant pris du DES (diethylstilbestrol commercialisé sous le nom de Distilbene®) pendant leur grossesse avaient un risque malformatif particulier et fréquent.

Cette malformation c’est l’hypospadias. Il s’agit d’une anomalie du développement fœtal qui se traduit par l’abouchement de l’urètre non pas à l’extrémité du gland du garçon, mais dans sa portion inférieur.

Cette malposition du méat urinaire peut être corrigée chirurgicalement.

Il y a quelques jours, une conférence de presse était convoquée à Montpellier par le professeur Charles Sultan, endocrinologue au CHU de cette ville. A l’occasion de la publication d’une communication dans la revue ‘Fertility & Sterility’.

Une équipe pluridisciplinaire avec  comme premier auteur le Dr Nicolas Kalfa, urologue pédiatrique, a colligé des informations provenant de 529 familles. Dans ces familles, la première génération avait reçu du DES en prévention de fausses couches pendant la grossesse dans 1000 cas, alors qu’il n’y avait pas eu de DES dans 180 autres cas.

Dans la seconde génération, chez les enfants des femmes n’ayant pas eu de DES on n’a constaté aucune malformation génitale.

En ce qui concerne les femmes exposées, sur les 448 garçons nés, 16 avaient un hypospadias (soit 3,5 %. Sur les 552 filles, les anomalies génitales atteignaient plus de 28 % avec 157 filles touchées.

Les auteurs du rapport ont alors considéré la troisième génération. Chez les garçons nés de femmes de la deuxième génération, on a trouvé 8 cas d’hypospadias.

En conférence de presse et dans les médias, mais pas sur France 2, on a pu entendre Charles Sultan expliquer qu’on était, à la troisième génération sur un risque multiplié par près de 50.

Cinquante fois plus de risques d’avoir un hypospadias pour un garçon dont la mère aurait eu une malformation liée au DES prise par sa propre mère. J’espère que vous suivez !

Des risques multipliés par 2, voire par 3 sont des probabilités qu’on rencontre parfois dans les études épidémiologiques, mais pas très souvent.

Mais des risques multipliés par 50, j’avoue ne jamais en avoir entendu parler.

Sauf, bien sûr, quand le recueil des données n’ pas été méthodologiquement satisfaisant, ce qui se dit plus simplement quand l’étude n’est pas très bien faite. Ou, encore quand les effectifs sont trop faibles et qu’on ne peut se permettre d’extrapoler à partir des chiffres obtenus.

Un argument dont Charles Sultan ne s’est pas soucié, semble-t-il puisqu’on n’avait que 8 cas, ce qui est vraiment peu pour en tirer des conséquences.

Pourtant, il en a conclu que les dommages du DES étaient transgénérationnels et que cela montrait que les pesticides pouvaient faire la même chose.

Le DES n’est pas un pesticide, mais un produit hormonal capable de modifier certains équilibres. Donc le médecin assimile DES et pesticides ou bisphénol A, disrupteurs endocriniens et en fait un seul message.

Pourquoi pas, la démonstration viendra peut-être un jour, qui sait ?

Mais, en ce qui concerne la ‘découverte’ de l’effet transgénérationnel, là, ce n’est pas nouveau, c’est même bien établi depuis 2002. En 2007 des néerlandais ont même évalué le risque avec une magnitude de 3,5. On est un peu loin de 50 !

Ces résultats ont irrité l’association DES-France qui, depuis des années, fait un remarquable travail d’information sur les méfaits liés à la prise du DES en France. Ce produit a été utilisé chez nous très tardivement alors qu’il avait été interdit dans beaucoup de pays.

Mais ce qui me dérange c’est que DES-France s’en prend à la presse dans sa colère très feutrée contre la publicité faite aux travaux montpelliérains.

L’association met en évidence le fait que les résultats étaient déjà connus, comme je l’ai dit plus haut.

Elle insiste aussi sur le fait que l’hypospadias, aussi ennuyeux soit-il, ne peut se comparer aux risques de cancers, notamment du vagin, encourus par les filles des femmes ayant reçu du DES.

J’ai fait remarquer à DES France que plutôt que d’attaquer la presse, mieux eût valu s’en prendre à celui qui a choisi cette forme de communication.

Il est certain que de convoquer une conférence de presse à Montpellier, où les médias locaux n’ont pas obligatoirement de journalistes spécialisés et sans donner la publication scientifique, c’est jouer sur du velours.

La faire à Paris n’aurait, soyons honnête, sûrement rien changé et conduit aux mêmes résultats !

Un ‘professeur’ qui parle de risques de malformations liés à l’environnement, puisqu’on passe du DES aux pesticides et qu’on traverse les générations, c’est excitant ! Le concept de ‘pesticide héréditaire’ est né !

DES-France dit qu’elle est une petite association et que ce n’est pas son style de ‘rentrer dedans’ violemment.

Mais, en l’occurrence, ceux qui savent, ce ne sont pas les médias, c’est DES-France et si les propose du médecin de Montpellier ne rencontrent aucune contrepartie documentée, ils deviennent vérité ‘médiatique’.

Il y a quelques années déjà, ce même universitaire avait déclaré dans la presse locale, reprise nationalement, qu’il voyait à sa consultation moult bébés mâles affublés de micropénis et moult bébés filles avec des développements poitrinaires anormalement importants.

Là encore, il incriminait les pesticides.

Ces données n’ont jamais été publiées dans la littérature scientifique. Etonnant de la part d’un universitaire.

Elles n’ont pas, en outre, résisté à une révision faite par les épidémiologistes de l’INVS, l’institut de veille sanitaire. On a d’ailleurs oublié ce détail !

Il ya des créneaux très porteurs et ce qui touche à l’environnement et aux pesticides en est un. On peut lire ainsi dans le Parisien du 12 avril que l’épouse de Yann Arthus Bertrand souffre de la maladie de Parkinson et que ce dernier incrimine le rôle des pesticides.

On a montré une association entre pesticides et syndromes parkinsoniens chez des agriculteurs exposés à ces produits quand ces agriculteurs avaient un mécanisme génétique de détoxication particulier.

On ne l’a pas démontré encore pour les populations urbaines, notamment de certains quartiers huppés parisiens.

Face à ce créneau porteur dans lequel des personnes savent parfaitement s’engouffrer, il faut pouvoir faire la part des choses. Ce ne sont pas les journalistes qui y arriveront tous seuls, d’autant que certains sont plus militants qu’informateurs.

Il faut que de temps en temps, celles et ceux qui détiennent une parcelle de la connaissance n’hésitent pas à la partager au risque de froisser certaines susceptibilités de notables.

C’est aussi cela la démocratie sanitaire.

Référence de l’étude :

Nicolas Malka et al.
Prevalence of hypospadias in grandsons of women exposed to diethylstilbestrol during pregnancy: a multigenerational national cohort study
Fertil Steril 2011. April 1 article sous presse accédé en ligne le 4 avril 2011

Résumé

L’étude néerlandaise :

Brouwers MM et al.
Risk factors for hypospadias
Eur J Pediatr. 2007 Jul;166(7):671-8.

 

Le site Internet du réseau D.E.S France

 

NB : La prescription de Distilbène aux femmes enceintes a été interdite en 1977 en France.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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20 réponses à Le mandarin, le distilbene, les pesticides et les médias.

  1. Ping : Nous empoisonnons les générations futures | Libre de jugement

  2. @psolere dit :

    en cherchant autre chose suis tombée sur votre post/blog
    et suis assez étonnée de vos commentaires assez durs sur C Sultan
    je cite « Sauf, bien sûr, quand le recueil des données n’a pas été méthodologiquement satisfaisant…Ou, encore quand les effectifs sont trop faibles..un argument dont Charles Sultan ne s’est pas soucié, semble-t-il ..Pourtant, il en a conclu que les dommages du DES étaient transgénérationnels.. le médecin assimile DES et pesticides ou bisphénol A, disrupteurs endocriniens et en fait un seul message. « Pourquoi pas, la démonstration viendra peut-être un jour, qui sait ?

    Je n’étais pas en conf de presse et entendu ni C Sultan ni les médias évoquer ce RR de 50 ds la 3me génération mais je vous crois
    ds Pumed la publi n’est pas en accès libre dc pas info sur ce RR et surtout son intervalle de confiance … ( significativité, tendance..) ni sur les conclusions des auteurs..l’abstract étant plus qu’abscons
    Néanmoins à ce Gros « détail  » près je l avoue important je ne vois pas pourquoi attaquer si durement ce travail mm si votre post vise plus me semble t il le côté maladroit/exagéré (?) de la CP avant publi
    Fertil Steril. 2011 Jun 30;95(8):2574-7. Epub 2011 Apr 2.
    Prevalence of hypospadias in grandsons of women exposed to diethylstilbestrol during pregnancy: a multigenerational national cohort study.
    Ce travail a néanmoins paru assez interessant pour être repris dans un fort intéressant papier sur épigénétique paru cette année ( lui en acces libre)
    Cortessis VK, Thomas DC, Levine et al. Hum Genet. 2012. Oct;131(10):1565-89. Epub 2012 Jun 28.Environmental epigenetics: prospects for studying epigenetic mediation of exposure-response relationships.
    je cite le paragraphe ( un peu long excusez)
    Diethylstilbestrol (DES)
    Decades ago, human males exposed in utero to DES were found to have excess occurrence of urogenital malformations, including hypospadias …(x ref )..More recently, in a study addressing potential competing effects of measured environmental and genotypic factors, a notable excess of hypospadias was reported among unexposed grandsons of women who had been exposed in utero to DES (Kalfa et al. 2011). One postulated mechanism for these observations is that epigenetic changes in the androgen receptor gene are induced in primordial germ cells of DES-exposed female fetuses at the time that the reproductive system is forming, and subsequently transmitted across generations to affected sons and grandsons (Kalfa et al. 2011). To our knowledge, this mechanism has not been examined at the molecular level.

    une hypothèse vous l’avouerez à creuser…

    Enfin pour mémoire C Sultan au delà d’être chercheur INSERM et endocrino pédiatre est auteur/co auteur de 108 publications ds Pubmed ttes centrees sur physiopatho des perturbations/maladies/syndromes endocriens
    Notamment, et celà dès 2002 sur le bisphénol A aujourd’hui interdit…
    Mol Cell Endocrinol. 2002 Jul 31;193(1-2):43-9.
    Phenylphenols, biphenols, bisphenol-A and 4-tert-octylphenol exhibit alpha and beta estrogen activities and antiandrogen activity in reporter cell lines..Paris F, Balaguer P, Térouanne B, Servant N, Lacoste C, Cravedi JP, Nicolas JC, Sultan C.

    bien cordialement
    psolere ( (twiter @psolere)

    • docteurjd dit :

      Je vous remercie de cette réponse documentée.
      je maintiens ce que j’ai écrit. Se servir de la presse pour avaliser et adouber une étude qui n’est pas encore publiée est un mode de fonctionnement non conforme aux règles de la bonne pratique scientifique.
      cela devient une mode dans certaines équipes et je trouve cela inacceptable.
      Puis-je vous demander ce qui motive votre réponse si documentée ?
      je vous signale que l’association DES France n’avait pas du tout apprécié le travail et le bruit fait autour de l’histoire des hypospadias

      • @psolere dit :

        merci de votre lecture
        Ok/ adoubement prè- publi sauf que jimagine que si le papier était sous embargo ils n’auraient pas pu parler des résultats
        dc peut etre juste le pbème du décalage ??
        et des ts les cas comme vous le savez, ds les congres scientifiques ( que je couvre étant Journaliste scientifique/med) les chercheurs communiquent leurs données avant publi en conf plénière ( tous n’ayant pas la chance d’être publiés on line en mm tps ds le lancet, NEJM…. et certaines données/conclusions ne sont ensuite jamais publiées..( mais les messages eux sont +/- passés..)
        ils donnent aussi des CP à une presse pas tjs avertie/critique qui pose in fine peu de ? dérangeantes sf qq journalistes surtt anglophones et américains, très compétents et en + parfaitement à l’aise en anglais oral
        quant à ma motivation, il n’y en a guere
        je nai rien contre vous, au contraire, vous faites un travail pour ce que j’en connais et peux voir tout à fait remarquable
        je le salue et m’excuses donc de cette « aggression »
        mais justement vous qui êtes un homme de gde compétence ne donnez vous pas là du grain à moudre aux détracteurs des travaux de C Sultan qui ne doit pas en manquer
        ce sont des résultats qui fâchent ( s’il faut indemniser jusqu’à la descendance…) et posent question en + du pt de vue fondamental/impact envrt/gènes ( épigénétique)
        or le pbme des herbicides/perturbateurs endo est assez similaire mm si pas formellement prouvé je vous l’accorde
        ça pose aussi question/cancéro et j ai vu grace à votre papier que C Sultan dont pour le coup j’ai browse les publi a fait d’interessants travaux sur DES et cancer ( 1ere generation)
        bref je trouve ce thème passionnant et ses travaux remarquables. jai donc eu envie de prendre sa defense
        peut etre cette étude cas témoin n’est pas parfaite (son pdf m’interesse bcp si vous lavez) c est de tte façon tjs très délicat à traiter/ stat
        mais…..
        ça me rappelle le médiator
        et Irene F m’expliquant que son étude cas témoin réalisée à Brest ( vous devez connaitre.. sinon cf livre) avait donné à son grand désarroi un RR de 70 dc un RR suspect.. car trop énorme pour être crédible. mais voilà. l’impact du M sur les valves est là.
        ce RR de 70 a effectivt comme elle le redoutait permis au labo et ses experts d’évoquer un pbme breton ( interf genetique ..)de dénoncer une virago ( ie irene) et faire croire à bon nombre de cardiologues que cette fille était folle…

        ça m’a fait aussi penser à la controverse actuelle sur les OGM (j’ etais de fait en train d ecrire un papier sur ce thème)
        et aussi à d’autres faits que je ne vais pas relater ici

        bref à l’interaction mésestimée science/poltique ou science/conflit d’interet d’autant qu’x experts sont manipulés sans mm s’en rendre compte ou s automanipulent
        Or cela na pas l’air d être le cas de C Sultan et ses travaux sont passionnants
        et comme c’est grace à vous que je l’ai découvert je vous dois un grand merci
        bien cordialement
        psolere
        aussi sur twiter @ psolere
        et sur http://www.theheart.org, ed française ( par laquelle vous pouvez m’envoyer un mail si vous voulez discuter par mail ou tel)
        bien cordialement
        psolere

        • docteurjd dit :

          Comparaison n’est pas raison dit-on.
          Présenter des résultats dans un quotidien régional et attendre deux ans pour les publier me parait un comportement étonnant.
          Comme je vous l’ai déjà dit, notre rôle n’est pas de remplacer les comités de lecture et de nosu prêter à des coups de communication. Ce que Seralini et ses amis viennent de faire est l’antithèse pour moi d’un comporteùment scientifique et universitaire digne.
          D’autre part je ne me sens nullement agressé. Je cherchais seulement à savoir pourquoi vous vous passionnez tant pour l’oeuvre du Pr Sultan

          • @psolere dit :

            vous l’avez…
            gde curiosité scientifique d autant que je suis très intéressée par l’endocrino ( au départ + ma spé que l’environnemental ..) et dc par les W de C Sultan assez pointus comme
            Horm Res. 2009;72(5):315-9. Epub 2009 Oct 19. Isolated Cushing’s syndrome: an unusual presentation of McCune-Albright syndrome in the neonatal period.
            Fertil Steril. 2010 Jul;94(2):472-6. Epub 2009 May 21.
            Complete androgen insensitivity syndrome is frequently due to premature stop codons in exon 1 of the androgen receptor gene: an international collaborative report of 13 new mutations.
            Rare Tumors. 2009 Dec 28;1(2):e57.
            A clinical and molecular project on gonadoblastoma needs international collaboration. Kalfa N, Maillet O, Sultan C.
            bonne continuation
            cdlt

  3. Veillerette dit :

    Bonjour M Flaysakier.
    Je respecte bien sûr toutes les opinions et donc la vôtre, même si sur bien des sujets je ne la partage pas.
    Je ne peux cependant pas vous laisser écrire que le Professeur Sultan ‘ne publie pas’ (sic) . Faite donc une recherche sur PubMed et vous verrez tout une longue série de publications comme :
    Hum Reprod. 2011 Nov;26(11):3155-62. Epub 2011 Aug 25.
    Prenatal environmental risk factors for genital malformations in a population of 1442 French male newborns: a nested case-control study.
    et bien d’autres.
    Charles sultan a de plus reçu récemment le prix Andrea Prader, récompense internationale prestigieuse en Endocrinologie Pédiatrique.
    Je pense que des propos plus mesurés serviraient mieux vos idées ,cher Monsieur, qu’une présentation caricaturale.
    Respectueusement,
    François Veillerette

    • docteurjd dit :

      A la date à laquelle cet article a été écrit il n’y avait aucune publication. Je sais me servir de Pubmed depuis très longtemps vous savez.
      Je ne change pas un mot à ce que j’ai écrit. Utiliser les medias pour faire avaliser une recherche avant de la soumettre à une revue est une méthode ‘douteuse’

  4. Ping : La com’ du professeur Sultan | alerte environnement

  5. Wackes Seppi dit :

    Monsieur,

    J’ai trois commentaires :

    1.  Vous êtes trop poli. C’est lui faire trop d’honneur que de lui donner du « mandarin ».

    2.  Autre exemple de l’obsession anti-pesticides du « professeur » Charles Sultan (je mets les guillemets car un tel titre se mérite par une démarche scientifique et éthique exemplaire) : l’Envoyé Spécial consacré à « de si petites filles en fleur » – sur la chaîne sur laquelle vous « sévissez » pour l’éducation des masses et contre l’obscurantisme. Il y était montré examinant une petite fille, et la voix off signale que la famille a vécu pendant des années au milieu des vignes. Et la voix off et le « professeur » » incriminent, sans aucune preuve, la vigne et les pesticides :

    …://envoye-special.france2.fr/les-reportages-en-video/de-si-petites-filles-en-fleur-10-novembre-2011-3911.html (c’est à 15 : 20).

    Tout de suite après, la réalisation montre une publication : Investigation of relationships between urinary biomarkers of phytoestrogens, phthalates, and phenols and pubertal stages in girls, Wolff, et al. Sauf erreur de ma part, cette publication ne confirme pas, comme il a été prétendu, les allégations de ce « professeur ». En voici la conclusion générale : « Weak hormonally active xenobiotic agents investigated in this study had small associations with pubertal development, mainly among those agents detected at highest concentrations. »

    Je conçois fort bien qu’il vous est difficile de critiquer vos collègues d’A2 (et du service public en général, FR3 faisant aussi dans l’apocalypse) ; mais peut-être trouverez-vous le moyen de leur expliquer, « au risque de froisser certaines susceptibilités de notables », qu’il est des « créneaux porteurs » dans lesquels il vaut mieux ne pas s’engouffrer, « démocratie sanitaire » oblige.

    3.  Mme Nelly Pégeault, rédactrice en chef de la revue Nature & Progrès, a osé contester votre analyse sur le maïs transgénique MON 810 dans une réaction ci-dessus. C’est son droit. Tout comme c’est son droit de le faire en appelant à la rescousse les sommités du commerce de la peur que sont Gilles-Éric Séralini et Marie-Monique Robin.

    Mais elle le fait également en mettant en doute votre sérieux, votre honnêteté et votre qualité d’honnête homme. Méthode honteuse, mais classique du sectarisme et de l’intolérance.

    Vous me permettrez en conséquence de vous dire combien j’ai apprécié votre intervention – et aussi combien j’ai regretté qu’elle fût si courte.

    • docteurjd dit :

      Je suis effondré par cette forme d’épidémiologie ‘circulaire’. Ce monsieur ne publie pas mais donne des interviews qui deviennent ‘vérité’ . Sur France 2 il est deja passé dans ‘Complement d’enquête’. Je ne suis pas consulté en amont et je ne peux que constater les dégâts.

  6. « Il faut que de temps en temps, celles et ceux qui détiennent une parcelle de la connaissance n’hésitent pas à la partager au risque de froisser certaines susceptibilités de notables.
    C’est vous qui le dites, et c’est pourquoi je vous adresse cette critique de votre récente chronique au 20 h de France 2 concernant les OGM de Monsanto et les risques « non avérés » de ces plantes transgéniques sur la santé…
    Comme vous y allez… vite ! C’est sans compter sur les travaux du prof. Gilles Eric Séralini, qui révèlent le peu de fiabilité des tests dispensés par Monsanto pour connaître ces fameux risques OGM sur la santé. Des travaux attaqués justement par les « mandarins » dont vous parlez, lesquels ont les moyens de discréditer tout discours non conforme avec leurs intérêts financiers.
    Cher Jean-Daniel Flaysakier, laissez-moi vous dire qu’à propos des OGM, je trouve vos propos bien « lègers » : vous n’avez visiblement pas creusé le sujet ! Car des cas il y en a. Je vous renvoie notamment à l’excellent ouvrage de Marie-Monique Robin : Le monde selon Monsanto… Vous semblez convaincu qu’avec ses OGM cette firme ne nous veut que du bien, à nous, gaulois butés, qui refusons une telle bénédiction sans discuter…
    Si vous n’aviez pas cette réputation d’honnêteté, je ne me serais pas fendue d’un tel mail. Mais il paraît que vous êtes un honnête homme. Si c’est le cas Monsieur, permettez-moi de vous dire que les OGM trâinent suffisamment de casseroles pour pouvoir les trouver. Je veux bien, au besoin, vous donner quelques pistes !
    Car vous avez une grande responsabilité « d’éducation populaire » au journal de 20 h. Il serait dommage qu’un jour, vous ayez à rougir d’y avoir distillé… de trop grosses âneries, ha haha !
    Dans l’espoir que vous recevrez ce mail comme il est donné : avec bienveillance et dans le seul souci de faire avancer les choses, je me tiens à votre entière disposition pour en parler…
    Bien à vous,
    Nelly Pégeault, rédactrice en chef de la revue Nature & Progrès,
    tél 04 66 91 21 96

    • docteurjd dit :

      Chère Madame,

      Si je comprends bien vos propos, hormis les deux noms que vous citez il n’y a point de salut.

      Il se trouve que j’ai d’autres sources d’information également.. Contrairement à ce que vous affirmez, je suis ce dossier depuis longtemps et je consulte la littérature scientifique qui n’est pas exclusivement aux mains des semenciers.

      Je maintiens que les travaux sérieux en toxicologie et en allergologie n’ont pas montré d’effets délétères dans les études qui ont été reproduites dans divers labos. les analyses protéiques n’ont pas montré de différences significatives.

      Le risque lié aux OGM est environnemental. C’est ce domaine qui mérite d’être étudié pour ne pas faire n’importe quoi.

      Mais jouer sur la peur n’est pas un argument de recherche.

      Les semenciers sont des industriels qui visent les profits, Mais pourquoi bloquer les travaux de recherches? Pourquoi systématiquement faucher, même quand une firme essaie de produire un médicament contre la mucoviscidose avec un mais qui ne peut pas polliniser à distance ?

      Le citoyen lambda que je suis est pris en sandwich entre les semenciers d’un côté et des associations de l’autre qui ont décidé ce qui est bien pour moi.

      je suis un adulte a priori conscient. j’ai le droit de chercher à savoir et à comprendre. je refuse qu’on confisque un débat qui a existé dans d’autres pays. En un mot, j’en ai marre du syndrome ‘Robin des Bois contre Jean sans terre’.

      Et je maintiens que la majorité de celles et ceux qui disent avoir peur des OGM sont incapables de dire pourquoi.

      jje vous sais gré de ne pas m’avoir accusé d’être l’agent des semenciers.

  7. LaPastourelle dit :

    Merci cher JD, je retrouve bien là votre honnêteté, c’est reposant et rassurant dans ce monde de ‘com’.

  8. yankee dit :

    Que signifie « pathognomonique » ?
    Je ne sais pas qui a raison mais à priori je dirais plutôt vous à cause de la cohérence de vos propos bien argumentés.
    Je signale qu’avec une étude mal faite on peut tout démontrer comme par exemple que l’eau est un puissant toxique potentiellement mortel.
    La preuve:
    si vous faites boire 10 litres d’eau très vite à quelqu’un il en mourra sûrement par « empoisonnement » du sang (en fait dilution du sang empêchant ses bons effets).Vous pourrez alors conclure « logiquement » que l’eau est un toxique mortel.

  9. stéphane dit :

    Ce n’est pas un article mais une correspondance sans trop de détail sur les méthodes statistiques utilisées. Le design de l’étude est par contre pas mal foutu. C’est sur que les différences d’échantillons sont impressionnantes entre les différents groupes surtout en troisième génération.
    C’est sur que c’est pas nouveau, c’est probablement pour cela que c’est une lettre seulement pas dans une immense revue.
    J’ai vu qu’une association de malade a participé au travail pour le recrutement.
    Concernant le fond de la note, je comprends que l’asso s’attaque plus aux journalistes qu’au chercheur (c’est un peu le seul à s’intéresser à eux, non?). C’est quand même le boulot des journalistes de faire du travail d’investigations sur l’info qu’il transmette, je me trompe peut être, ils ne sont pas que des caisses de résonances?
    Vous faites votre boulot ici concernant l’information et c’est bien, mais honnêtement en france, il y a une complaisance trop importante du monde des journalistes avec les médecins, c’est le problème.
    Après on utilise ce qu’on peut pour son combat et je reste convaincu que c’est le rôle de la presse d’aller au delà du combat de certains pour donner une information équilibrée qui ne s’apparente pas à de la propagande.

    • docteurjd dit :

      REPONSE A STEPHANE :

      j’ai évité de parler d’étude justement ! Mais comment pouvez vous imaginer que le localier de la presse quotidienne locale ou de la radio locale aient le temps et la connaissance, voire le toupet, de remettre en cause même un tant soit peu les propos du ‘Professeur’.
      Ils n’ont pas accès à la revue et pour eux c’est l’occasion de faire remonter le travail au ‘national’.
      Ce n’est donc pas eux qu’il faut blamer mais celui qui se sert d’eux. c’est une forme d’abus de faiblesse !
      Ici j’ai pu dir ‘non on n’en parle pas’ mais parce qu’on me fait confiance et que j’ai le temps et une petite compétence.
      mais on ne m’écoute pas forcément toujours.

  10. Asclepieia dit :

    Encore un article de salubrité publique mon cher JD. Au délà de la question des perturbateurs endocriniens qui va devenir croissante dans l’espace médiatique à mon avis, cette histoire illustre une fois de plus la gestion hystérisée du risque dans notre société.

    On affirme de manière péremptoire qu’il existe un risque bien avant que celui-ci ne soit confirmé et en dépit de toute rationalité scientifique. J’y vois personnellement un mouvement de fond et extrêmement inquiétant de dérive du principe de précaution…

    Quoi qu’il en soit, bravo, un article qu’il faudrait faire lire à tous les étudiants en médecine qui préparent l’épreuve de LCA de l’ECN…

    • docteurjd dit :

      REPONSE A ASCLEPIEIA :

      Merci de cette appréciation sympathique ! On m’a demandé recemment d’ecrire un chapitre de livre sur ‘Epidemiologie et medias’ où je racontais de tels exemples. mais la copie a été refusée. les éditeurs voulaient plutôt des recettes pour communiquer ! La comm en lieu et place de l’info. Pathognomonique de l’époque .

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